10 ans après son accident de vélo, Isabelle Richer a encore des séquelles
Marie-Claude Doyle
S’il n’en tenait qu’à elle, Isabelle Richer ferait encore plus d’épisodes du balado Ma version des faits. La journaliste judiciaire est toujours aussi emballée par ce projet qui lui permet de raconter des histoires. L’une d’entre elles est l’affaire Guy Turcotte, pour laquelle elle n’a pas pu couvrir le second procès en 2015 parce qu’elle était en convalescence après son accident de vélo qui lui a laissé des séquelles permanentes.
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C’est en 2019 qu’Isabelle Richer a débuté le balado Ma version des faits qui en est rend, six ans plus tard, à sa 13e saison. Si, pour certains, les affaires judiciaires ne sont pas très glamour, aux yeux de la journaliste, il y a toujours un drame derrière l’histoire dont il est question, peu importe que ce soit celle d’un fraudeur ou d’un procès pour meurtre. «Il y a toujours une explication, parce que ces accusés-là ont une histoire qui est souvent dramatique, et c’est souvent un bon ressort pour raconter une histoire intéressante.» L’une d’entre elles, qui fait l’objet de cette présente saison à écouter sur Radio-Canada Ohdio, est l’affaire Guy Turcotte qu’Isabelle Richer ne voulait pourtant pas aborder dans son balado. «Je ne voulais pas en parler parce que je trouvais que c’était beaucoup trop récent», dit-elle. Le drame est survenu en 2009, et le premier procès a eu lieu en 2011, le second, en 2015. Et chaque fois que son réalisateur lui suggérait de revenir sur ce qui est l’une des affaires judiciaires les plus marquantes du Québec, la journaliste judiciaire lui servait les mêmes propos, ajoutant qu’elle avait plein d’autres cas importants et intéressants dont elle pouvait parler. «J’étais récalcitrante parce que c’était un cas récent, mais aussi parce qu’il est associé à un mauvais souvenir et non pas parce que le procès était si difficile. Des affaires atroces, j’en ai fait bien d’autres. Les procès de meurtres d’enfants, ce n’est jamais agréable à couvrir. Celui-là était particulier pour tout ce qu’on sait de l’affaire: le milieu dans lequel c’est survenu, le contexte, la défense de maladie mentale qui était soumise. Tout ça rendait l’affaire particulièrement pesante pour le public et, en plus, à Radio-Canada, les affaires judiciaires, ce n’est pas le pain et le beurre de la salle des nouvelles. Mes patrons ne tenaient pas tant que ça à ce que je couvre l’affaire Guy Turcotte.» Finalement, elle a couvert le premier procès en 2011, mais pour le second, en 2015, elle n’a pas pu puisqu’elle était en convalescence après son accident à vélo survenu quelques mois auparavant. À coups de bons arguments, son réalisateur a fini par la convaincre de raconter sa version des faits sur le premier procès dans le balado. Parmi les autres cas de Ma version des faits figurent celui de Dave Hilton et celui de Claude Larouche, le meurtrier de Natasha Cournoyer, une fonctionnaire pour le Service correctionnel du Canada. Certains des cas présentés dans le balado font l’objet d’une diffusion à RDI.
Des séquelles de son accident
Le 27 juin 2015 est une journée qui a changé la vie d’Isabelle Richer à tout jamais. La journaliste a été frappée par un camion qui dépassait un tracteur alors qu’elle roulait à vélo sur un rang à Rougemont. «Je suis contente que ça fasse déjà 10 ans et je n’aie pas de souvenirs de l’accident. Je suis tombée dans le coma. Je ne peux pas dire que l’accident a laissé de grosses traces, puisque ça ne m’a pas empêchée de recommencer à faire du vélo 10 mois après. Je suis sauvée sur ce plan-là parce que le sport est un de mes moteurs aussi: je fais du vélo, de la course à pied et du ski de fond.» Cependant, elle a d’autres marques sur son corps. «J’ai des séquelles permanentes, mais ça ne paraît pas beaucoup, au grand bonheur de la SAAQ qui me voit à la télé et qui se dit que je suis guérie. J’ai des séquelles, mais je suis capable de travailler et de faire du sport. Alors, la SAAQ n’est pas obligée de me dédommager financièrement. J’ai un problème avec ma voix, même si ça ne paraît pas quand je parle. Tout le monde reconnaît ma voix, mais j’ai un problème de cordes vocales. Si j’énonce une phrase qui a une forme interrogative, ça ne sort pas bien pour moi, parce que mes cordes vocales ne se touchent pas. Pour la SAAQ, c’est une atteinte mineure, mais pour moi, c’est majeur: c’est ma voix. J’ai aussi un problème de vision qui se corrige grâce à des lunettes. Tout ça est dû à l’accident. Ça a changé ma vie.»