10 questions à se poser à la veille des élections fédérales

Paul St-Pierre Plamondon, Chef du Parti Québécois
Si l’on en croit les rumeurs, les élections fédérales seront déclenchées prochainement. Comme à chaque élection, les partis fédéraux promettront aux Québécois beaucoup de choses, mais qu’en sera-t-il réellement ? Faisons-nous des gains dans le Canada actuel, nos intérêts sont-ils servis ? Il y a de nombreuses questions à se poser, comme Québécois, à la veille de ces élections. En voici dix :
1. Est-ce que le Canada reconnaîtra l’urgence d’agir en environnement et cessera de subventionner les pétrolières, à même nos impôts ? Les Québécois sont en désaccord avec l’utilisation de leurs impôts pour subventionner le pétrole polluant de l’Alberta. Malgré son discours vertueux, le PLC de Justin Trudeau a fait pire que Stephen Harper, qui avait pourtant donné au Canada sa réputation de cancre en environnement. En effet, en plus d’avoir nationalisé l’oléoduc Trans Mountain qui engendra plus de 12 milliards en pertes, le gouvernement Trudeau aura versé plus de subventions à l’industrie pétrolière que le gouvernement Harper.
2. Les partis fédéraux entendront-ils les demandes du Québec pour freiner le déclin du français ? Le Québec a réclamé l’application de la loi 101 aux entreprises à charte fédérale, ce qui a été refusé par Justin Trudeau, qui s’est contenté de réformes cosmétiques faites à la loi de son père, la Loi sur les langues officielles, en sachant très bien qu’elles n’auraient que peu ou pas d’impact sur la situation linguistique du Québec.
3. Le Québec obtiendra-t-il ses transferts en santé ? Le gouvernement caquiste réclame environ 6 milliards par année, ce que Justin Trudeau a catégoriquement refusé. Le ministre Girard a même choisi d’inscrire cette somme dans son dernier budget, même si elle est fictive. Le chef conservateur a, quant à lui, refusé de s’engager sur des chiffres. Avec une population vieillissante et une pandémie, le système de santé québécois souffre énormément de ce sous-financement.
4. Le multiculturalisme va-t-il continuer d’être imposé comme modèle d’intégration ? Ce principe qui fait des Québécois une minorité parmi tant d’autres, marginalise les francophones et encourage tant le racialisme que le communautarisme religieux est pourtant rejeté par la majorité des Québécois. Il nous est pourtant imposé par le fédéral, qui finance à même nos impôts plusieurs initiatives pour instaurer ici ce modèle.
5. Le Québec aura-t-il son rapport d’impôt unique ? Malgré une motion unanime de l’Assemblée nationale, le PLC s’y est toujours opposé, tandis que le Parti conservateur, après l’avoir appuyé, a rejeté un projet de loi du Bloc québécois sur le sujet. Les Québécois gaspillent près de 500 millions par année à faire deux rapports d’impôt.
6. Le Québec sera-t-il en mesure de rapatrier les budgets et les pleins pouvoirs en matière de culture ? Cette position est défendue par le gouvernement du Québec, sans qu’il n’y ait aucun développement. Le prix de cette inaction est pourtant réel, le fédéral ayant le pouvoir sur des questions culturelles importantes, comme l’entente signée avec Netflix, où la place accordée au contenu québécois est très mince et où le géant livre une concurrence déloyale face à nos propres entreprises québécoises.
7. Le Québec pourra-t-il rapatrier les pleins pouvoirs en matière d’immigration ? Une autre demande ignorée par Ottawa. Le système d’immigration à deux vitesses nous empêche de faire nos propres choix et engendre des cafouillages depuis des années.
8. Devrons-nous payer pour les erreurs des autres ? Le dossier de Muskrat Falls ajoute l’insulte à l’injure : on demande aux Québécois de payer pour le sauvetage d’un projet qui venait concurrencer Hydro-Québec. François Legault a refusé de dénoncer cette dilapidation des fonds publics, mais dans les faits, sur 12 milliards engloutis dans le projet, plus de 2 milliards proviennent des poches des Québécois.
9. L’ingérence dans les champs de compétence du Québec va-t-elle continuer ? L’imposition de normes nationales dans les CHSLD, l’assurance médicaments, l’ingérence en santé mentale et dans plusieurs programmes sociaux : on ne compte plus le nombre de cas où le fédéral dédouble des programmes déjà existants au Québec. C’est coûteux, et le plus souvent à l’encontre de nos choix démocratiques.
10. En temps de crise, les demandes du Québec seront-elles respectées ? Pensons à la fermeture des frontières, au contrôle des aéroports, à la prolongation du travail de l’armée ou à la modulation de la généreuse PCU, des demandes du Québec rejetées avec un certain mépris par le gouvernement Trudeau.
Paul St-Pierre Plamondon
Chef du Parti québécois