20 ans plus tard, Martin Rouette revient sur le deuil à faire après «Star Académie»

Patrick Delisle-Crevier
Celui que l’on a pu découvrir en 2003 lors de la première édition de Star Académie continue de rouler sa bosse dans le métier, parfois dans la discrétion d’un studio de doublage, ou encore en brillant sur scène dans une comédie musicale. Ce sera le cas en mai 2025 alors qu’il fera partie de la distribution de We Will Rock You, inspirée de l’oeuvre de Queen. Entrevue avec Martin Rouette sur son métier, sa vie de famille, son rôle de père auprès du petit Miro et sur cet album qu’il prévoit lancer éventuellement.
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Martin, tu t’apprêtes à explorer l’univers de Queen dans la comédie musicale We Will Rock You. Qu’est-ce que ça te fait de retourner sur scène?
Je suis toujours heureux de retourner sur scène, et particulièrement dans un spectacle comme celui-là, qui porte l’histoire de la musique. La voix de Freddie Mercury me ramène à mon adolescence. J’ai une relation amour-haine avec cette voix, car je ne suis pas capable de la tenir comme lui. (rires) J’ai toujours adoré cette musique, mais je n’ai jamais été capable de la chanter. Je vais devoir mettre les bouchées doubles, ce sera un beau défi. C’est une super opportunité et je suis vraiment heureux de faire ça.
Tu réapparais de temps en temps sous le feu des projecteurs. Quel est ton rapport au métier, maintenant?
Je le prends quand il passe et j’essaie de continuer à rouler ma bosse. Je tente ma chance dès que c’est possible et qu’il y a un rôle intéressant pour moi. J’ai auditionné pour Les Producteurs, mais je n’ai pas décroché de rôle. J’aime tellement l’esprit de famille qu’on retrouve dans ce genre de spectacle! J’aime vraiment l’univers de la comédie musicale, le trip de gang. Ça me change de mon quotidien qui, en général, est d’aller faire des voix dans un studio de doublage. L’adrénaline d’une telle production me manque, alors quand j’arrive là-dedans, c’est un gros party! Je savoure le moment chaque fois.
Tu as fait partie de la première édition de Star Académie, en 2003. Vous avez été propulsés au rang de stars de façon instantanée. Avec le recul, comment as-tu vécu l’après?
Je me disais que tout ça était trop beau pour être vrai, et je suis toujours resté terre à terre. C’est certain que de vivre une telle expérience, ça happe. C’est unique. Quand tu sors de là et que tu réalises à quel point tu es soudainement populaire, c’est fou. Tout ça, en plus de la vie de tournée, c’était la démesure, et peu de gens peuvent passer à travers une telle expérience sans que ça vienne leur jouer dans la tête. Il y a une folie qui vient avec tout ça, et c’est certain qu’après, quand tu retombes dans une vie plus «normale», il faut s’adapter. Il y a un deuil à faire. C’est sûr qu’après, j’ai eu des moments plus creux dans ma carrière. Je me souviens même d’être allé travailler dans un bar. Puis j’ai réussi à embarquer dans le circuit des comédies musicales, et ç’a commencé à bien aller ensuite.
Certains anciens de Star Académie, dont Suzie Villeneuve, ont ensuite tenté leur chance à La Voix. Y as-tu songé?
Le plus drôle, c’est que la production m’a contacté un jour pour me proposer de le faire. Mais c’était dans une période où je chantais beaucoup moins et où je faisais surtout du doublage. J’avais moins d’occasions de travailler avec ma voix chantée, donc je me suis présenté à La Voix alors que je n’étais pas au sommet de ma forme. Finalement, ça ne s’est pas très bien passé; je me suis cassé la voix lors de l’audition. Après ça, j’ai changé des trucs dans ma préparation et j’ai continué de travailler ma voix pour la renforcer. Mais il y a eu un temps où j’avais l’impression de nager à contre-courant. Ça me déprimait un peu, j’étais déçu, je ne me sentais plus à ma place. L’intérêt était moins là. Mais on a beau chasser l’envie de faire le métier, elle revient toujours...
Es-tu déçu de ne pas avoir eu la carrière que tu aurais souhaitée?
C’est drôle, mais un paquet de circonstances m’ont permis de comprendre certaines choses. En sortant de Star Académie, on a l’impression que tout est possible et qu’on aura une carrière à la Roch Voisine. Mais dans la réalité, ce n’est pas tout à fait ça. Je me suis vite rendu compte que je n’étais pas Wilfred (LeBouthillier), Marie-Élaine (Thibert) ou Marie-Mai et qu’il n’y avait pas le même bouillonnement autour de moi. Donc, d’un commun accord, j’ai mis un terme au contrat qui me liait à la boîte de production avec laquelle j’avais signé une entente. Après ça, j’ai effectué un virage vers l’acting.
Par le passé, on a souvent discuté, toi et moi, d’un album sur lequel tu as beaucoup travaillé et qui n’a finalement jamais vu le jour...
Oui, je voulais vraiment que ça se fasse. J’ai des maquettes à la maison, j’ai travaillé fort sur des trucs, mais je n’ai pas poussé plus que ça pour que ça marche après. J’aurais peut-être dû, mais je n’étais pas bien encadré. Heureusement, le doublage m’a permis de bien gagner ma vie. J’ai toujours eu le syndrome de l’imposteur. Je proviens d’une famille très simple et, pour une raison que j’ignore, tout me ramène toujours à la musique. Mais quand j’y pense, je n’ai jamais été celui qui rêvait d’être une star de la musique.
Ta conjointe, Kathline Gréco, fera elle aussi partie du spectacle We Will Rock You. Qu’est-ce que ça vous fait de travailler ensemble?
Ce sera un autre rendez-vous sur scène, puisque nous nous sommes connus en jouant dans la comédie musicale Footloose. C’est génial de jouer avec elle et d’être aux premières loges! Ma blonde chante, danse, joue; elle est solide dans tout. Elle est de toutes les comédies musicales et elle est incroyable! Nous travaillons bien ensemble. Ce sera génial de partir aux répétitions à deux. Ce sera plus compliqué pour la garderie de Miro, mais heureusement, nous avons la chance d’avoir de l’aide. Les parents de Kathline et ma mère sont exceptionnels et nous aident beaucoup.
Parle-moi de Miro...
C’est un petit garçon incroyable! Il est tellement sage, du haut de ses trois ans. Il parle depuis longtemps déjà et il nous imite beaucoup, sa mère et moi. Il nous observe et nous écoute tellement qu’il est capable de dire nos répliques et de chanter nos chansons! Il est brillant; il nous en fait voir de toutes les couleurs! Sa mère a joué dans Les Producteurs et il est venu voir la dernière représentation. Dans la salle, il disait les répliques avant les artistes sur scène! Les gens se demandaient comment un enfant de cet âge pouvait connaître autant de répliques d’un spectacle! Donc nous avons de la relève.
Voulez-vous un deuxième enfant?
Nous y pensons, mais exercer ce métier aux horaires atypiques, avec des enfants, ça représente beaucoup de gestion. C’est certain que le fait de participer au même spectacle sera un beau test pour notre vie de famille. Nous ne sommes pas fermés à l’idée d’un deuxième enfant, mais pas dans un avenir rapproché.
Quels sont tes autres projets?
Le doublage et le spectacle We Will Rock You m’occuperont beaucoup. Il y a toujours l’idée d’un album dans l’air. J’y pense souvent. J’aimerais bien le lancer un jour, mais je ne sais pas quand. Peut-être que je lancerai des chansons sur les plateformes. C’est à suivre...
La comédie musicale We Will Rock You sera présentée au Théâtre St-Denis de Montréal à compter du 1er mai. Elle s’installera ensuite au Capitole de Québec du 20 juin au 13 juillet, puis à l’amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières les 5 et 6 septembre, et au Théâtre du Casino du Lac-Leamy de Gatineau du 2 au 19 octobre. Infos: gestev.com.