2e dose retardée: «on pourrait passer à côté»
TVA Nouvelles
Les données fournies sur les vaccins de Pfizer et de Moderna ne sont pas suffisantes pour décider de reporter l’administration de la deuxième dose, soutient un virologue.
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«Ce que nous demande la Santé publique aujourd’hui, c’est de dire, "on va vacciner la première dose, mais on va vacciner le plus de monde possible en espérant qu’en vaccinant le plus de monde possible, on va diminuer les hospitalisations et puis on va amoindrir des effets de la COVID"», explique le virologue Jacques Lapierre en entrevue à LCN.
Or, ce dernier affirme qu’on ignore si cette stratégie pourra fonctionner puisqu’on manque d’informations sur l’immunité des personnes vaccinées et la transmission du virus après la vaccination.
«On n’est pas certain que c’est ça que ça va faire parce que dans le cas des vaccins de Pfizer ou de Moderna, l’efficacité de ces vaccins-là a été déterminée en disant qu’ils protègent contre les maladies graves. Donc vous ne ferez pas la COVID de façon très grave», dit M. Lapierre.
Le virologue rappelle que les vaccins sont approuvés après trois phases d’essais cliniques.
L’utilisation des vaccins devrait donc se faire en respectant les conclusions des essais, qui ont mené à l’approbation des vaccins par des organismes tels que Santé Canada ou les FDA aux États-Unis.
«Si je décide de faire une action avec un vaccin, je dois toujours m’assurer que cette action-là est couverte par des essais cliniques ou au moins discuter avec les cliniciens des entreprises qui ont fabriqué le vaccin ou qui ont fait des essais cliniques pour essayer d’établir quel impact ça va avoir», conseille Jacques Lapierre.
Il ajoute d’ailleurs que plusieurs personnes extrapolent sur l’administration des vaccins, alors que les spécialistes manquent d’informations sur la nouvelle technologie utilisée dans les nouveaux vaccins contre la COVID-19.
«On fait des extrapolations, mais sur d’autres technologies qu’on connaît mieux [et] avec lesquelles on a plus d’expérience», constate-t-il.