Un plan de 885 millions $ pour électrifier les transports à Montréal

Gabriel Beauchemin
Bornes de recharge, parcoverts, autobus électriques: la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé, cet après-midi, la Stratégie d’électrification des transports 2021-2023 de la métropole, qui comprend des investissements de 885 millions $.
Parmi les mesures proposées, qui concernent autant le transport collectif qu’individuel, la Ville souhaite notamment augmenter le nombre d’autobus électriques de la Société de transport de Montréal (STM) et mettre en place des «parcoverts» au centre-ville, des parcomètres accessibles uniquement aux voitures électriques.

Cette stratégie, étalée sur trois ans et comportant 23 objectifs, a été développée avec près d’une cinquantaine de partenaires, dont la STM, Hydro-Québec et Communauto Québec. Elle s’inscrit dans le cadre du Plan climat 2020-2030 de Montréal, dévoilé en décembre dernier.
«C’est un peu comme un électrochoc, a indiqué d’emblée la mairesse. Quand on regarde les secteurs qui émettent le plus de gaz à effet de serre, eh bien, c’est le transport qui est en haut de la liste. Ça représente plus de 40% des émissions, c’est le secteur auquel on doit s’attaquer pour atteindre nos cibles», a-t-elle mentionné.
Parcoverts
Pour atteindre ces cibles, Mme Plante a souligné à quelques reprises l’importance de faciliter la vie aux automobilistes qui conduisent une voiture électrique. Comment? En leur réservant des places de stationnement, entre autres mesures.
«On va créer des espaces de parcomètres réservés aux détenteurs de véhicules électriques, a-t-elle indiqué. On commence avec 66 places réparties sur 34 sites au centre-ville, dans Ville-Marie, puis le nombre de parcoverts est appelé à croître.»
Ces places de stationnement seront la plupart du temps adjacentes aux bornes de recharge, a-t-elle souligné.
660 bornes de recharge
La Ville prévoit également l’ajout de 660 bornes de recharge pour véhicules électriques, dont 60 bornes de recharge rapide d’ici 2023. Encore une fois, l’objectif est d’encourager la transition vers les véhicules électriques.
L’installation d’infrastructures électriques permettant la recharge sera également imposée dans les nouveaux immeubles résidentiels construits à Montréal. «Ça va devenir une règle, quelque chose qui va aller de soi, pour justement encourager cette transition», a indiqué la mairesse.
Dans son plan climat, la Ville de Montréal s’est donné comme objectif que 47% de son parc automobile soit électrique d’ici 2030
Le Plan pour une économie verte, dévoilé par le gouvernement du Québec en novembre dernier, prévoit pour sa part l’interdiction de véhicules à essence neufs à partir de 2035 et vise à ce que 1,5 million de véhicules électriques circulent sur les routes du Québec en 2030.
Des BIXI et des autobus électriques
La Stratégie dévoilée lundi comprend également des investissements en transport en commun pour permettre l’achat d’autobus électriques. Elle vise la mise en service de 30 autobus réguliers électriques à grande autonomie ainsi que l’ajout de quatre autobus électriques à recharge rapide pour compléter l’électrification de la ligne 36 de la STM, entre le métro Angrignon et le square Victoria.

Des investissements sont également prévus pour mettre à niveau les installations et les garages de la STM pour qu’ils soient en mesure d’accueillir ces nouveaux autobus électriques.
«Notre objectif, celui de la Ville et de la STM, c’est d’acquérir des autobus électriques, seulement électriques, d’ici 2025», a souligné la mairesse Valérie Plante.

La Ville souhaite également faire passer la flotte de BIXI électriques à 2100, soit 200 de plus que les 1900 actuellement disponibles.
«Le compte à rebours vers la fin des véhicules à essence»
Le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal) a salué, à travers un communiqué, la Stratégie d’électrification des transports de la métropole.
«Le compte à rebours vers la fin de la vente de véhicules à essence en 2035 est lancé, a déclaré Blaise Rémillard, responsable transport et urbanisme du CRE-Montréal. Avec cette stratégie, la ville de Montréal affirme sa position de leader de l’électromobilité sans pour autant escamoter les questions importantes ou le faire au détriment des modes les plus écologiques comme la marche et le vélo.»