À 79 ans, Shirley Théroux réalise un rêve

Érick Rémy
À 79 ans, Shirley Théroux a décidé d’interpréter l’une de ses chansons préférées en s’accompagnant au piano pour s’offrir une captation vidéo qu’elle publiera sur YouTube. Ce faisant, elle prouve qu’il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves!
À l’approche de son 80e anniversaire, la chanteuse n’a pas perdu son appétit pour la vie. «Cet été, je me suis blessée au dos en levant quelque chose de trop lourd pour moi. J’ai dû avoir recours à des traitements et surtout réduire mes activités. Comme je ne pouvais plus faire mes marches quotidiennes, j’ai eu le temps de mettre de l’ordre dans mes priorités. J’ai réalisé que ma vie, c’est encore et toujours de chanter: c’est viscéral. Puisque l’industrie de la musique offre de moins en moins de possibilités de rentabiliser un album ou une chanson — à moins de faire des spectacles, ce que je ne fais plus —, j’ai décidé de me payer une captation vidéo et d’aller là où les artistes de mon âge ne vont habituellement pas», dit-elle avec amusement et détermination.
De fidèles collaborateurs
Afin de réaliser ce nouvel objectif, l’énergique chanteuse a fait appel à son réseau de collègues et d’amis du métier. Elle a d’abord contacté un ancien cameraman de l’émission Y’a plein de soleil, Michel Lauzon, qui a fondé sa compagnie de production depuis. Ensuite, elle a appelé Normand L’Écuyer, le directeur du Centre culturel de Beloeil, où elle a présenté son spectacle d’adieu à la scène en septembre 2023. «Son père, Gilles L’Écuyer, a été mon premier producteur. C’est lui qui avait produit le disque C’est beau un homme. Je lui ai dit que j’avais besoin de sa scène et d’un piano à queue. Il m’a dit oui tout de suite! Le deuxième cameraman lors du tournage du vidéoclip, Marc Warden, est nul autre que le fils de feu le grand designer de mode canadien John Warden. Il était le préféré de toutes les vedettes de l’époque, y compris Dominique Michel, Denise Filiatrault et moi. En plus, j’ai gardé Marc quand il était petit! (rires)»
En toute liberté
Shirley Théroux précise que ce vidéoclip a été créé d’abord et avant tout pour répondre aux souhaits des gens qui lui faisaient sans cesse le même commentaire lorsqu’ils la croisaient. «Ils me disent, surtout sur Facebook: “On s’ennuie de vous. On ne vous entend plus chanter.” Évidemment, mes chansons ne tournent plus à la radio, et je ne fais plus de spectacles. J’ai décidé de contourner cet obstacle en utilisant les moyens de diffusion d’aujourd’hui. Partout sur la planète, grâce à YouTube, les gens vont pouvoir me voir, à mon âge, chantant avec force et vulnérabilité. Ma voix n’a jamais été aussi bonne. Mes notes, des plus graves aux plus hautes, sont magnifiques. Et j’ai encore énormément de souffle. En vieillissant, je n’ai plus peur de mes émotions. Je ne ressens plus de gêne ni de retenue. Je me fous d’être jugée. C’est la liberté.»
Il est vrai que Shirley Théroux a toujours assumé son âge et revendiqué le droit d’être une artiste autonome et une femme libre. «Il y a presque 40 ans, j’ai lancé la chanson On ne meurt pas à 40 ans, dont le refrain dit: “Je n’ai pas peur de mon âge, deux fois 20 ans, j’ai retrouvé le courage des débutants.” À 79 ans, j’ai toujours le courage d’une débutante, même si, durant ce tournage, je ressentais des papillons et j’étais à fleur de peau. Il faut dire que c’était une première dans ma carrière. Jusqu’à ce jour, je ne m’étais jamais accompagnée au piano en chantant en public.»
Pour lire l'entrevue complète, procurez-vous le magazine La Semaine, en kiosque dès maintenant.
Le vidéoclip de la chanson Here’s to Life est publié sur YouTube en novembre.