Biden «défend fermement» le retrait américain d’Afghanistan

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2021-08-16T12:13:09Z
2021-08-16T20:57:42Z

Cible de vives critiques après la chute de Kaboul, le président Joe Biden a «défendu fermement» lundi sa décision de retirer les troupes américaines d’Afghanistan, en assurant que la mission de Washington n’avait jamais été de bâtir une nation démocratique dans le pays instable retombé aux mains des talibans. 

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«Après 20 ans, j’ai appris à contrecœur qu’il n’y avait jamais de bon moment pour retirer les forces américaines», a affirmé le président américain lors d’une adresse à la nation, prononcée à la Maison-Blanche et très attendue en raison du mutisme présidentiel durant le week-end historique. 

«La vérité est que tout cela s’est déroulé plus rapidement que nous l’avions prévu», a-t-il toutefois concédé, après avoir dû interrompre ses congés face à l’ampleur de la polémique.

«Notre mission en Afghanistan n’a jamais été censée construire une nation. Elle n’a jamais été censée créer une démocratie unifiée centralisée», a dit le président démocrate, en précisant que l’objectif unique «rest (ait) aujourd’hui et a toujours été d’empêcher une attaque terroriste sur le sol américain».

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Face au chaos régnant, le locataire de la Maison-Blanche a par ailleurs menacé lundi les talibans de représailles si ces derniers venaient à perturber les opérations d’évacuation en cours à l’aéroport de Kaboul.

En cas d’attaque, la réponse sera «rapide et puissante», a déclaré M. Biden, promettant de défendre les ressortissants américains avec un usage «dévastateur de la force si nécessaire».

Les États-Unis continueront de s’engager pour les «femmes et les jeunes filles» d’Afghanistan a également promis lundi Joe Biden, qualifiant les scènes en Afghanistan de «déchirantes».

Sitôt son allocution achevée, M. Biden a repris le chemin vers Camp David, le lieu de villégiature des présidents américains situé non loin de la capitale fédérale.

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Le démocrate, silencieux depuis plusieurs jours face à la plus grave crise depuis son élection, a écourté son séjour à Camp David, lieu de villégiature des présidents américains.

Il était prévu au départ qu’il y reste jusqu’à mercredi, mais ce calendrier était devenu intenable pour le «commandant en chef» de l’armée américaine, face à la prise de contrôle éclair de l’Afghanistan par les talibans.

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Tous les médias américains, y compris ceux qui avaient accueilli avec soulagement son élection, parlent de «désastre», à l’instar de la chaîne CNN, ou d’un Joe Biden «sur la défensive», comme le Washington Post.

Lors de sa dernière prise de parole en public sur l’Afghanistan, mardi dernier, Joe Biden avait défendu encore et encore sa décision de retirer les derniers soldats américains au plus tard au 31 août, en confiant le sort du pays à un gouvernement et des soldats afghans aujourd’hui en pleine déroute.       

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«Que l’on trouve cela juste ou injuste, l’histoire retiendra que Joe Biden est celui qui a présidé à la conclusion humiliante de l’expérience américaine en Afghanistan» après vingt années de guerre, a asséné lundi le New York Times.

Face à cette vague de critiques jamais vues depuis l’élection, la Maison-Blanche de Joe Biden, cette machine bien huilée, a semblé tétanisée ces derniers jours.

Seul à Camp David

En témoignent les tweets diffusés par ses équipes pendant le week-end, alors que l’Amérique suivait heure par heure la chute de Kaboul et que l’image des hélicoptères quittant l’ambassade rappelle les dernières images de la guerre du Vietnam.

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Sur un cliché diffusé dimanche sur Twitter, Joe Biden est ainsi seul à une immense table de réunion de Camp David. En polo bleu foncé, il fait face à un écran de visioconférence et à plusieurs horloges murales réglées sur divers fuseaux horaires, recevant «des mises à jour» sur l’Afghanistan de la part de hauts responsables.

C’est le 10 août que le président démocrate de 78 ans s’est exprimé pour la dernière fois en public, pour dire qu’il ne «regrettait pas» sa décision de retirer les derniers militaires américains du pays.

Jeudi puis vendredi, alors que les talibans prenaient le contrôle de l’Afghanistan à une vitesse stupéfiante, la priorité de la Maison-Blanche restait de vanter le «plan Biden» censé refonder l’économie américaine sur des bases plus justes, à coups de dépenses gigantesques.

Et samedi, c’est dans un communiqué que Joe Biden a annoncé porter à quelque 5000 soldats le déploiement militaire à Kaboul pour sécuriser l’évacuation de civils.

Mais sa présidence plutôt maîtrisée, assumant de se consacrer à des réformes économiques et sociales «ennuyeuses» -- l’expression est de Joe Biden lui-même -- vient bel et bien de vaciller.

Aubaine pour les républicains

L’opposition républicaine s’est engouffrée dans la brèche, face à l’humiliation de cette armée afghane dont les Américains étaient si fiers, et à la confusion dans laquelle se déroule l’opération d’évacuation.

Jusqu’ici, le camp conservateur était bien embarrassé face à un retrait décidé par Donald Trump, et perçu de manière favorable par une opinion publique lasse du conflit en Afghanistan.

L’ancien président républicain ne s’y est pas trompé, lui qui avait pourtant fixé un calendrier encore plus serré que celui de Joe Biden, puisqu’il avait fixé l’échéance au 1er mai 2021.

«Il est temps que Joe Biden, discrédité, démissionne pour avoir permis ce qui s’est produit en Afghanistan», a réclamé Donald Trump, qui multipliait lundi les communiqués lapidaires envoyés par courriel, rappelant ses déclarations intempestives sur Twitter, dont il est banni.

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