Alain Choquette: devinez à quelle vedette internationale il a vendu un tour de magie
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Nathalie Slight
Alain Choquette présente Entre histoires et illusions, un spectacle dans lequel l’illusionniste renoue avec les racines de la magie et raconte des anecdotes abracadabrantes sur sa carrière, tant ici qu’en Europe et aux États-Unis. Nous avons été invités en coulisses et nous avons pu discuter avec le magicien juste avant qu’il monte sur scène.
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Alain, as-tu un petit rituel avant le spectacle, lorsque tu arrives sur place?
Oui, mais ce n’est vraiment pas compliqué. Quand j’arrive dans la salle de spectacle, je m’installe dans ma loge et je soupe avec mes techniciens. Après, je vais rencontrer les gens de la billetterie pour leur souhaiter une bonne soirée. Puis, je me rends sur scène, pour vérifier tous mes accessoires. Ils ont déjà été placés par mon équipe, mais je m’assure que tout est en place.
Ce soir, tu es en spectacle au Pôle culturel de Chambly. Qu’est-ce que tu écoutes quand tu fais de la route pour te rendre à la salle de spectacle?
Comme je suis un grand amateur de sports, j’écoute un match de hockey, sinon des émissions de radio. Je n’ai pas besoin de me crinquer ou de me relaxer avec de la musique. Je n’ai pas le trac avant un spectacle. Je pourrais très bien arriver 10 minutes avant le show, me changer et être tout à fait prêt à monter sur scène.
Présenter un nouveau spectacle comme Entre histoires et illusions vient-il avec une certaine fébrilité?
Au cours de ma carrière, j’ai présenté des spectacles qui étaient plus beaucoup complexes sur le plan de la production. Avec Entre histoires et illusions, je renoue avec la base de la magie. C’est aussi spectaculaire qu'un spectacle à grand déploiement, mais c’est basé sur l'interaction avec les gens. Donc, pas besoin d’artifices. Je maîtrise mes tours et je connais mon texte. La seule chose qui pourrait compliquer le spectacle, ce serait un bris technique.
Est-ce que ça t’est déjà arrivé?
J’ignore si ça peut compter comme un «bris technique», mais au moment où j’étais en train de monter mon spectacle en résidence à Las Vegas, j’avais besoin d’un cheval blanc pour représenter la monture de Napoléon. Mais nous avons reçu... un cheval noir! Ça ne fonctionnait pas du tout avec ma thématique. Mon équipe a réussi à dénicher un cheval blanc à San Francisco. Il est arrivé trois jours seulement avant la grande première!
(Alain éclate de rire, alors qu’il se remémore une autre anecdote.)
Je vais vous révéler un secret. Lorsqu’on écrit un spectacle de magie, on a toujours un plan B, au cas où le plan A ne fonctionnerait pas. Dans un de mes spectacles, il y avait une enveloppe à l'entrée du théâtre. Tous les spectateurs qui entraient dans le lobby la voyaient. À un moment donné, dans le spectacle, je faisais asseoir les gens jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une seule personne debout, et c'était la photo de cette dernière qui se trouvait dans l’enveloppe. Sauf qu’un soir, le monsieur avait quitté la salle, parce qu’il ne se sentait pas bien. Devinez la photo de qui était dans l’enveloppe...
Celle du monsieur qui avait quitté!
Eh oui! Pour ce numéro, je n’avais pas de plan B. Mon numéro avait donc fait patate. (rires)
Quel est ton spectacle le plus mémorable en carrière?
J’ai donné une série de spectacles, juste avant la fermeture du Forum de Montréal. Ce show, qui était un mélange de cirque et de magie, se nommait Fascination. Mais le premier qui était fasciné, c’était moi! Chaque soir, je capotais de monter sur scène, dans la même enceinte que des joueurs de hockey légendaires comme Maurice Richard et Guy Lafleur. Il m’est d’ailleurs arrivé quelque chose de spécial là-bas.
De quoi s’agit-il?
Un soir, le rideau était coincé: impossible de l’ouvrir. Le metteur en scène est venu me voir pour me demander de «faire du temps» pour divertir les 10 000 spectateurs, pendant que les techniciens arrangeaient le rideau. Je n’ai jamais vécu un 15 minutes aussi long! (rires) Plus récemment, j’ai été engagé pour faire un spectacle corporatif. Il y avait une grosse tempête de vent à l’extérieur.
Avez-vous manqué d’électricité?
Naturellement! Question de ne pas laisser le public sur sa faim, j’ai fait 15 minutes de spectacle en parlant dans un porte-voix, éclairé par une lumière de caméra. Après une tournée, ce sont des moments imprévus comme ceux-là qui nous restent en tête.
Tu as fait carrière en France et aux États-Unis. As-tu des anecdotes à propos de spectacles à l’extérieur du Québec?
Bien sûr! J’ai déjà présenté des spectacles de magie sur des bateaux de croisière. Chaque soir, je faisais monter un passager sur scène, pour qu’il participe à un de mes numéros. Toutes les fois, je demandais à la personne devant moi: «D’où êtes-vous? Que faites-vous dans la vie?» Une soirée, c’est un musicien australien du nom de Kirk Pengilly qui a participé à mon tour de magie. J’ai découvert par la suite qu’il s’agissait du guitariste du groupe légendaire INXS! Plein de gens le savaient dans la salle, mais moi, je l’ignorais!
Qui dit magie dit nécessairement secret. Fais-tu signer des contrats de confidentialité à tes techniciens?
Je n’ai pas besoin de le faire. Je travaille avec mon directeur technique Marc depuis 30 ans et avec Nicolas depuis 6 ans. On vient de la même région dans les Laurentides. Je leur fais entièrement confiance.
Comment crées-tu des tours de magie?
Je me suis fait connaître en effectuant des tours de magie à l’émission Ad-Lib, qui était animée par Jean-Pierre Coallier. Chaque semaine, je devais arriver avec un nouveau numéro. Dès le début de ma carrière, une grande partie de mon travail consistait à faire de la recherche, à développer et à créer des tours. J’ai toujours conservé cette façon de fonctionner.
As-tu déjà vendu des tours de magie?
Bien sûr! Mon plus célèbre est sans aucun doute celui où je faisais disparaître 12 personnes sur scène, un tour que j’ai vendu à David Copperfield. Il a présenté ce numéro durant une quinzaine d’années en clôture de son spectacle à Las Vegas. Il faut comprendre qu’ici au Québec, on fait au maximum trois ans avec un spectacle de magie. Après, je peux vendre les numéros que j’ai créés à d’autres artistes. Il existe une véritable communauté de magiciens, à travers le monde. Lorsque je vais faire un spectacle en Italie, en France ou en Belgique, par exemple, j’en profite pour participer à des séminaires ou offrir des formations.
Même après 35 ans de carrière, tu sembles toujours aussi passionné de magie!
Oh! que oui! Je vais toujours à la rencontre des gens après mon spectacle. Et ce que j’aime par-dessous tout, c’est lorsqu’un jeune de 12 ans me fait un tour de magie. Les étoiles qui brillent dans ses yeux lorsqu’il réussit son tour me rappellent comment je me sentais au même âge, lorsque j’ai commencé à faire de la magie.








