Amendes salées pour des manifestants sans masque à Montréal
Camille Lalancette
Au moins quatre manifestants ont reçu des contraventions s’élevant entre 400 et 1500$ pour avoir participé à une manifestation sans porter de couvre-visage, samedi après-midi, près de la station de métro Pie-IX, à Montréal. L’événement a rassemblé environ une trentaine de personnes.
Deux individus rencontrés par le 24 Heures ont dit avoir reçu une contravention de 400$, alors qu’un troisième s’est vu imposer un montant de 1500$. Une quatrième personne rencontrée ne connaissait pas encore le montant exact de sa contravention, car celle-ci lui serait acheminée par la poste.

Ces amendes ont été distribuées en raison d’une nouvelle mesure stipulant que tout participant à une manifestation doit obligatoirement porter un masque.
Le premier ministre François Legault a annoncé la mesure lundi lors du passage de Montréal en zone rouge.
Contester le «ticket»
Le manifestant ayant reçu la contravention de 1500$ a assuré qu’il avait l’intention de la contester.

«Je vais la contester, évidemment, et je vais faire un recours collectif avec d’autres personnes qui vont avoir eu la même contravention», a-t-il indiqué, tout en refusant de dévoiler son nom.
Réjean Pigeon, lui, a reçu une contravention de 400$.
«Ce que je faisais, je me tenais un peu en retrait du groupe. Je voulais rester en retrait pour ne pas nuire au groupe. Puis là, une unité d’intervention m’a apostrophé», a expliqué M. Pigeon.
Fin de l’urgence sanitaire
Certains des manifestants présents près du métro Pie-IX n’ont pas participé à la marche parce qu’ils refusaient de porter un masque. Une condition qui a été rappelée plusieurs fois par les policiers sur place.

Lors du déplacement des manifestants, un homme qui n’avait pas le visage couvert a été interpellé par des policiers qui lui ont demandé de se mettre un masque. L’homme a dû quitter le groupe qu’il accompagnait.
Rencontré devant la sortie de la station Pie-IX, Jean-François Giroux, un enseignant au niveau collégial, a dit souhaiter que sa présence à la manifestation puisse aider à mettre de la pression sur le gouvernement pour alléger les mesures sanitaires, trop strictes, selon lui.

«L’enseignement à distance, ça ne fonctionne juste pas. Les étudiants sont démotivés, c’est plate, de ne pas voir leurs profs, leurs amis. Mon garçon vient de rentrer au cégep, c’est terrible, il passe 5-6 heures par jour devant des présentations Zoom. Le cégep, c’est censé être les plus belles années de ta vie», s’est-il exclamé.