Anik Jean revient sur ses 20 ans de carrière et son rôle de gérante de Patrick Huard
Marie-Ève Leclerc
Anik Jean a la tête pleine de projets. En plus de participer à Zénith en tant que représentante de la génération X, elle travaille sur la trame sonore de la série Bon cop, bad cop, collabore à trois projets de films et prépare son retour sur scène pour souligner le 20e anniversaire de la parution de son premier album. Le tout parallèlement à son rôle de gérante de son mari, Patrick Huard, et de maman de Nathan. Elle nous parle de ces nombreux projets qui la passionnent.
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Anik, tu participes cette saison à Zénith. Qu’est-ce qui t’a motivée à accepter l’invitation?
Depuis les débuts de l’émission, j’avais envie d’y participer, mais mon horaire ne le permettait pas. Cette année, tout s’alignait enfin, alors j’ai bloqué mon agenda. Je suis une grande fan de l’émission: j’ai regardé tous les épisodes et j’adore le karaoké dans la vie. Tout était réuni pour que je tripe sur ce show-là.
Quel genre de préparation ça demande avant de performer à l’émission?
Le plus difficile est le choix des chansons, il y en a tellement! Avec l’équipe, il fallait prendre une décision sur laquelle j’allais chanter, et sur la mise en scène. Ensuite, ce sont les répétitions. Comme ça passe tellement vite, je veux en profiter au maximum et savourer chaque moment.
Y a-t-il une fébrilité qui s’installe avant le tournage en direct?
C’est certain. Comme c’est en direct, on ne peut pas couper et recommencer. On essaie aussi de choisir des chansons auxquelles les gens ne s’attendent pas. Ce sont de beaux défis. Je ne pourrais pas me permettre ce genre de chose dans mes spectacles, parce que ça demande un gros budget et une mise en scène importante. C’est le fun, c’est une émission qui te permet de vraiment être libre avec tes idées.
Parlant de spectacle, tu as annoncé ton retour sur scène pour le 20e anniversaire de ton premier disque, Trashy Saloon. Une tournée est-elle en préparation?
Je vais ajouter d’autres spectacles, mais je voulais d’abord commencer par la Gaspésie. Comme je suis en attente de financement pour deux films, je dois m’adapter à cette réalité. Si le financement est accordé, je ne pourrai pas faire une tournée de 25 dates. J’ai déjà vécu ça avec Les hommes de ma mère: j’avais une grosse tournée de prévue et j’ai dû annuler une vingtaine de spectacles. Ça m’avait brisé le cœur. Cette fois-ci, je préfère annoncer des dates que je suis certaine de pouvoir faire. D’autres suivront bientôt. Je suis très excitée: c’est le 20e anniversaire de mon premier album. Et comme mon fils a maintenant 14 ans, je me sens moins coupable de partir en tournée. Et il me suit aussi pas mal partout où je vais.
À quoi peut-on s’attendre de ce spectacle, que tu décris comme un journal intime?
Ce sera un peu un best-of. Je chanterai des pièces de tous mes albums, y compris celles composées pour le cinéma. Il y aura aussi des projections à certains moments. Je vais beaucoup parler au public de ce que j’ai vécu au cours des 20 dernières années: pourquoi j’ai arrêté la musique pendant un certain temps, pourquoi lorsque j’ai eu mon fils, je voulais être à la maison avec lui le plus longtemps possible. J’expliquerai aussi dans quel contexte chaque chanson a été écrite. Mon troisième album est d’ailleurs une lettre d’amour à Patrick (Huard). Le premier a été fait avec Jean Leloup, le second avec un producteur qui a travaillé, entre autres, avec David Bowie. À partir du troisième disque, j’ai tout réalisé moi-même. J’ai énormément de choses à raconter: ma carrière au cinéma, mes expériences... J’adore l’échange avec le public.
En attendant ce spectacle, tu travailles sur la série Bon cop, bad cop...
Oui, je compose actuellement la trame sonore originale des six épisodes d’une heure. C’est un très gros projet sur lequel Patrick et moi avons énormément de fun. On a vraiment hâte de présenter ce bébé. En parallèle, je prépare aussi un documentaire sur la série. À l’origine, je tournais simplement des capsules de making-of, mais le matériel était tellement fort et puissant que j’ai eu envie d’en faire un documentaire complet: sur la création de Bon cop, bad cop et sur notre rencontre avec deux communautés des Premières Nations. Je voulais montrer toutes les belles choses qu’on a vécues.
Tu es aussi en attente de financement pour deux films. Quels sont-ils?
Le premier est un projet avec François Boulay, scénariste de C.R.A.Z.Y., et Maryse Latendresse, qui collabore également avec nous. Luc et Henri Picard sont déjà confirmés comme acteurs. Le second est mon film d’horreur, un thriller psychologique en huis clos dans le bois, sur lequel je travaille depuis avant la naissance de Nathan. Il y a aussi Qimmik, adapté du roman de Michel Jean par l'auteur lui-même. Le scénario est encore en développement. On pense parfois que c’est plus facile d’adapter un livre parce qu’il est déjà écrit, mais en réalité, c’est une autre entité à part entière.
Et en plus de tous ces projets, tu es maintenant la gérante de ton mari, Patrick Huard...
Oui, c’est tout récent — depuis environ deux mois. On avait déjà travaillé ensemble sur Bon cop, bad cop 2, mais maintenant, on produit et on collabore beaucoup. On s’est rendu compte qu’on adorait ça. Jessie Films est désormais notre compagnie de production. On fait ça à deux! Lorsqu’il tournait en France, Patrick m’a demandé d’être sa manager. Sur le coup, j’ai ri, en lui demandant s’il était sérieux. Il m’a répondu: «T’es la seule personne qui peut faire ça et que je vais écouter. Tu sais ce dont j’ai besoin et j’ai confiance en toi.» J’ai pris une semaine pour y penser avant de dire oui. On a clarifié ses attentes et ce que je pouvais lui offrir, puisque j’ai aussi ma propre carrière. Mais comme j’ai un agent, je n’ai pas à me gérer moi-même. J’ai compris pourquoi il avait besoin de ce soutien de ma part. J’ai énormément d’admiration pour Patrick. Si j’enlève le fait que c’est mon mari, c’est, selon moi, l’un des meilleurs acteurs et animateurs au Québec. C’est un artiste et un humoriste tellement complet. Pour moi, c’est un privilège qu’il m’ait confié ce rôle.
La gestion, aimes-tu ça?
Mon cerveau est vraiment divisé en deux: une moitié très artistique, l’autre très business. Patrick, par exemple, n’est pas très bon pour se vendre. Il connaît son talent, mais il a plus de difficulté à le mettre de l’avant. De mon côté, je suis capable de le faire, de convaincre les gens de travailler avec nous. C’est facile pour moi. J’aime les gros défis et élaborer des stratégies. Je peux me considérer comme une workaholic: j’aime profondément mon travail, ça fait partie de moi. J’aime me coucher le soir en me disant que j’ai accompli telle ou telle chose. Ça fait longtemps que je me dis que j’aimerais être gérante. J’aime soutenir et pousser les gens qui ont un côté plus artistique. Je pense que ça vient du fait que j’ai toujours eu de grandes ambitions et que j’ai réalisé pas mal tout ce que je voulais entreprendre. Je crois être une leader née. J’aime les gens, je suis un peu la maman sur les plateaux de tournage. Je l’ai en moi, et c’est pour ça que je crois être capable de m'occuper de quelqu’un.
Ton fils, Nathan, a 14 ans. Comment se passe l’adolescence à la maison?
Ça va très bien! On est très chanceux. C’est un petit gars allumé. On sait depuis qu’il a trois ans qu’il est un artiste né. Il a ça en lui, que ce soit la musique, le jeu ou l’impro, qu’il adore. Nathan est vraiment un mélange de Patrick et moi. Il a sa propre personnalité, il est mature, ça va bien à l’école et il a beaucoup d’amis. Mon gars est vraiment inspirant et m’aide beaucoup à me dépasser. Il est toujours dans des scénarios: il en écrit un, il joue un personnage... Il est vraiment un partenaire de vie avec nous. Si Patrick et moi vivons une passe difficile à la job, il est toujours là pour nous ramener. Il a beaucoup d’écoute.
Suivra-t-il vos traces?
Je ne sais pas ce qu’il va faire, mais je ne suis pas inquiète pour lui. Ce que j’essaye de lui montrer, c’est de faire ce en quoi il rêve. Je vais le pousser dans n’importe quoi. Oui, je suis contente qu’il veuille être un artiste et que ce soit ce qui le fait triper, mais si demain, il me disait qu'il veut être guide touristique en Égypte, je lui dirais: «Let’s go, mon gars!» Je veux qu’il tripe à fond, qu’il croie en ses rêves et qu’il croie que tout est possible quand on fait des efforts.