Annulation des croisières: des centaines de millions $ de pertes au Québec

L’annulation des croisières fera mal au Québec

Un bateau de croisière amarré dans le Vieux-Port de Montréal, un spectacle qu’on ne reverra pas avant mars 2022 en raison de l’interdiction de circulation des gros navires de croisière annoncée hier par Ottawa.
Un bateau de croisière amarré dans le Vieux-Port de Montréal, un spectacle qu’on ne reverra pas avant mars 2022 en raison de l’interdiction de circulation des gros navires de croisière annoncée hier par Ottawa. Photo courtoisie

Jean-Michel Genois Gagnon et Martin Jolicoeur

2021-02-04T23:27:10Z

Ottawa ferme la porte aux navires de croisière au Canada pour encore un an. Une décision qui se traduira par plusieurs centaines de millions de dollars de revenus en moins pour les commerces et les entreprises d’ici.

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« Pour les deux années, on parle de pertes [en retombées économiques] d’environ 1,5 milliard $ au Québec », indique au Journal le directeur général de l’Association des croisières du Saint-Laurent, René Trépanier. 

L’impact se fera sentir de nouveau sur les ports du Québec, mais également sur les commerces et les entreprises touristiques cet été. L’industrie des croisières est sur pause depuis l’apparition de la COVID-19. 

Du soutien réclamé

Jeudi, le gouvernement fédéral a annoncé que la circulation des navires de croisière transportant 100 personnes ou plus ne sera pas permise pour un an encore dans les eaux canadiennes. Ils seront interdits d’entrée au pays jusqu’au 28 février 2022. 

« C’est difficile à prendre. L’industrie des croisières, c’est 5000 emplois directs et indirects », avance M. Trépanier. « Nous avons peur qu’il y ait une forme de démobilisation de notre industrie », poursuit-il. 

Ce dernier espère une reprise « rapide » des activités en 2022, où 200 escales et 300 000 jours-passagers seraient déjà bouclés au Québec. Il estime que son secteur d’activité devra être soutenu davantage financièrement par les gouvernements afin de traverser cette tempête et pour appuyer la relance. 

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Les ports résignés

Au Port de Québec, la direction n’était pas surprise de l’annonce d’Ottawa.

« On vit une situation exceptionnelle. On comprend et on supporte cette décision-là », a indiqué la porte-parole de l’Administration portuaire de Québec, Marie-Andrée Blanchet, chiffrant à plusieurs millions de dollars les impacts pour son organisation.

« On croit que l’industrie va rebondir en 2022, et Québec va être bien positionnée », est d’avis Mme Blanchet. « Nous avons déjà des protocoles de prêts pour la relance », poursuit-elle. 

L’Administration portuaire de Montréal a réagi à l’annulation de la prochaine saison de croisières par une courte déclaration de sa directrice des communications, Mélanie Nadeau.

« Bien sûr, il y a un impact important pour la ville et l’industrie touristique et des croisières de Montréal. Mais nous respectons et comprenons fort bien la décision du gouvernement et des autorités sanitaires qui doivent gérer la situation dans l’intérêt de la santé publique et de la population canadienne. »

Le gestionnaire du Port de Montréal a souhaité confirmer par ailleurs « être en mesure de déployer toutes mesures sanitaires appropriées » dans ses terminaux en prévision de la prochaine saison des croisières, maintenant espérée pour 2022. 

– Avec l’Agence QMI

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