Après 15 ans de carrière, Émile Schneider obtient son premier grand rôle

«Casse-Gueule» est maintenant disponible sur Crave

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-03-19T10:00:00Z

Après 15 ans dans le milieu, Émile Schneider épate et conquiert le public dans son premier rôle majeur à la télévision avec la série Casse-Gueule, où il incarne le chef irrévérencieux Clovis.

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Émile, parle-nous de ton personnage de Clovis dans la nouvelle série Casse-Gueule.

C’est un chef un peu délinquant, mais avec un cœur de lion. Ultra loyal, profondément attaché à sa brigade, il lutte toutefois avec des problèmes de consommation et des excès qui lui échappent. Il travaille depuis longtemps dans une institution culinaire qu’il n’ose pas quitter. Créateur talentueux, il est coincé dans un emploi où il rayonne, mais qui le mène droit vers une erreur majeure. Confronté à sa solitude et à lui-même, il choisira finalement de tracer sa propre voie. La série aborde la création, l’amitié et l’amour avec beaucoup de sensibilité.

Est-ce libérateur, ce genre de rôle ?

C’était assez jouissif ! Au théâtre, on m’appelait « monsieur props », parce que j’adore jouer avec les accessoires, et là, j’ai été servi ! (rires) Parfois, je devais faire une quarantaine de manipulations tout en livrant mon texte. À l’écran, certaines choses peuvent être coupées, mais moi, je devais tout répéter parfaitement. Les menus n’étaient pas préparés d’avance     ; je les découvrais souvent le jour même. C’était un immense défi, mais je suis tellement fier de cette série !

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Bruno Petrozza / TVA Publications
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Comment était l’expérience sur le plateau ?

Il n’y a pas un matin où je n’avais pas hâte d’aller tourner, et c’est toujours bon signe, même si on vivait des journées intenses, à la chaleur et dans des espaces restreints. L’ambiance était joyeuse, et je crois que ça se ressent à l’écran. J’avais beaucoup de responsabilités et je devais parfois m’isoler pour me concentrer, mais toute l’équipe a fait un travail remarquable. Je connaissais déjà plusieurs comédiens, comme Pascale Bussières, qui a été ma propriétaire pendant cinq ans, et Mylène Mackay, que je fréquente depuis longtemps. Faire partie d’une telle équipe, c’est magique.

La série est une magnifique carte postale de Montréal. As-tu eu cette impression pendant le tournage ?

Absolument ! Le réalisateur est originaire de la Gaspésie, et moi, je viens de Granby. Montréal a quelque chose d’exotique pour nous, et la ville est filmée avec un regard passionné. Ce n’est pas un projet montréalocentriste     ; chacun a mis son grain de sel pour faire rayonner la ville et ses environs. Je tenais aussi à ce qu’on utilise des produits locaux dans les scènes culinaires. Ça coûtait un peu plus cher, mais ça en valait la peine. On mangeait presque tout ce qu’on filmait, sauf ce qui avait été trop manipulé, pour éviter le gaspillage.

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Bruno Petrozza / TVA Publications
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Tu as suivi un entraînement intensif en cuisine avec le chef Antonin Mousseau. Quel est ton rapport à la cuisine aujourd’hui ?

J’ai pris une petite pause après le tournage, mais je viens d’installer une nouvelle cuisine chez moi et je suis beaucoup plus organisé. C’est stimulant ! Je mise davantage sur la fraîcheur et la simplicité des aliments. J’aime particulièrement travailler les sauces : avec les bonnes techniques, ça élève un plat. La série m’a aussi permis de découvrir la qualité exceptionnelle de nos produits locaux. Je connais maintenant d’excellents fournisseurs, ce qui me permet de créer de superbes assiettes à la maison.

C’est la première fois que tu portes une série. Comment as-tu vécu cette responsabilité ?

À cette échelle, oui, c’était une première. Mais je considère qu’on a porté cette série collectivement. Je voulais honorer le projet et je l’ai pris très au sérieux. On m’a souvent perçu comme un outsider, un anticonformiste, et je pense que ça m’a servi ici. J’ai abordé ce rôle avec amour et humilité, sans laisser place à l’ego.

Quelle a été ta réaction en apprenant que tu avais le rôle ?

J’ai ressenti une immense émotion. Quinze ans de travail ont mené à cet appel. J’étais très ému. J’espère que mon parcours pourra inspirer d’autres jeunes turbulents ou différents : si on persévère et qu’on reste concentré sur son objectif, de grandes choses peuvent arriver.

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Bruno Petrozza / TVA Publications
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Tu interprètes un père dans la série et, dans la vie, tu es très proche de ton fils. As-tu puisé dans cette relation ?

Je n’aime pas nécessairement puiser dans ma vie personnelle pour jouer une émotion     ; la situation me nourrit généralement assez. Mais dès qu’il est question d’enfants, ça vient me chercher. Clovis est devenu père à 17 ans et ne s’est jamais vraiment impliqué, ce qui est inconcevable pour moi. J’ai abordé cette relation avec beaucoup d’empathie et de bienveillance.

Y a-t-il autre chose qui s’en vient pour toi ?

Le film Ailleurs la nuit est présentement en salle. En mars, je tournerai dans un film avec mon fils     ; il a passé l’audition et a obtenu le rôle. C’est incroyablement touchant. Je participerai aussi à un projet international qui n’a pas encore été annoncé, ainsi qu’à la troisième saison de Les Armes.

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