Après avoir combattu deux cancers, Julie Drolet se confie sur les épreuves qu'elle a vécues et son retour au travail

Julie Drolet sera de retour à compter du 2 mars à la barre du «Téléjournal midi», à Radio-Canada et RDI. La cheffe d’antenne effectuera ainsi un retour progressif en vue de reprendre son poste à temps plein dans les prochains mois.

Victor-Léon Cardinal

2026-02-19T11:00:00Z

La dernière année et demie a été extrêmement difficile à traverser pour la journaliste Julie Drolet, qui se remet aujourd’hui de deux cancers. Alors que les traitements sont derrière elle, la cheffe d’antenne du Téléjournal midi, à Radio-Canada, se confie à cœur ouvert sur les épreuves qu’elle a surmontées et sur son retour en ondes, prévu pour mars.

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Elle cumule plus de 30 ans de métier comme journaliste et c’est avec une joie immense que Julie Drolet reprend cet hiver le chemin du travail, après un an et demi de durs combats contre le cancer. 

Rappelons que c’est en septembre 2024 que la cheffe d’antenne du Téléjournal midi, à Radio-Canada, recevait un diagnostic de cancer du sein agressif. « À l’époque, je travaillais énormément et je reportais sans cesse ma mammographie. C’est au moment où ma petite sœur venait tout juste de recevoir un diagnostic de cancer du sein que j’ai décidé de prendre ça plus au sérieux. Je pensais alors que tout serait beau, mais c’est là que le diagnostic est tombé. »

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Un dur choc à encaisser

Du jour au lendemain, ce diagnostic a complètement bouleversé la vie de la cheffe d’antenne. « J’ai aussitôt quitté les ondes. Au départ, je n’étais pas prête à en parler publiquement. Des téléspectateurs m’écrivaient pour prendre de mes nouvelles et je leur répondais que j’avais un ennui de santé et que je reviendrais quand j’irai mieux. Je trouvais ça dur de parler de ce qui m’arrivait. Il a fallu que je passe par plusieurs étapes sur le plan psychologique pour y arriver. Il fallait ainsi que je combatte l’anxiété et l’incertitude que provoquait chez moi cette situation. Je tenais aussi à m’assurer que mes proches avaient encaissé le choc avant de l’annoncer publiquement. Ce n’est que plusieurs mois après mon diagnostic que je me suis sentie à l’aise de sortir publiquement et de parler de cancer sur ma page Facebook. »

Une période souffrante

La cheffe d’antenne ne cache pas non plus avoir subi de difficiles traitements de chimiothérapie. « L’an dernier à pareille date, je me déplaçais en fauteuil roulant. Je composais alors avec de gros effets secondaires en lien avec mes traitements. Je n’étais alors plus certaine si j’allais pouvoir marcher à nouveau. En mai 2025, mes traitements de chimiothérapie ont pris fin. J’étais cependant loin de me douter qu’il restait encore quelque chose. »

Un deuxième cancer

Puis, à l’été 2025, le médecin lui a appris une autre mauvaise nouvelle. « Alors que je me remettais à peine de ma première opération, on m’a dit que j’étais atteinte d’une autre forme de cancer du sein, différent du premier. J’étais complètement abattue. Je n’ai alors pas voulu en parler publiquement. J’avais besoin de retrouver l’énergie et le courage de garder la tête froide face à cette nouvelle épreuve. De plus, je sentais encore plus l’épée de Damoclès pendre au-dessus de ma tête. Mon médecin m’a alors proposé un nouveau plan de match. J’ai donc subi une deuxième opération ainsi que des traitements de radiothérapie et d’immunothérapie. Ceux-ci qui ont pris fin en décembre dernier. Je suis extrêmement chanceuse que ces traitements aient bien fonctionné pour moi. »

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Un chum présent

Julie Drolet se dit choyée d’avoir pu compter sur le soutien de ses proches à travers les épreuves. « J’ai eu la chance d’être bien entourée. J’avais une présence constante à mes côtés. Mon chum (le journaliste et chroniqueur politique Michel C. Auger), m’a d’ailleurs accompagnée à chacun de mes traitements de chimiothérapie. Ça fait depuis 2018 que nous sommes ensemble. À la maison, nous partageons notre quotidien avec notre goldendoodle, Hercule. »

Ses enfants à ses côtés

La journaliste a aussi pu compter sur le soutien indéfectible de ses enfants, Marianne et Antoine, âgés de 28 et 30 ans. « L’an dernier, mon fils se trouvait à l’extérieur du Québec, car il faisait sa dernière année pour devenir officier dans la Garde côtière canadienne. Mon fils est un athlète qui a toujours fait beaucoup de sport. Même s’il n’était pas physiquement à mes côtés, il m’a soutenue comme un coach du mieux qu’il pouvait. C’était un beau geste d’amour de sa part. Ma fille, elle, est mère de famille monoparentale de jumelles de deux ans. Elle travaille comme personne auprès des gens en situation d’itinérance. Elle a été là pour m’appuyer dans les moments difficiles. Nous avons beaucoup pleuré ensemble. J’ai vraiment des enfants qui ont des valeurs extraordinaires ! »

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Une grand-mère choyée

Après ne pas avoir pu visiter ses petites-filles durant ses traitements, alors qu’elle était immunosupprimée, la fière grand-maman reprend aujourd’hui le temps perdu. « Je ne pouvais pas voir les jumelles parce qu’il fallait à tout prix que j’évite de contracter un virus. Maintenant, je me reprends en passant le plus de temps possible auprès d’elles. On a tellement de plaisir ensemble ! On joue et on s’amuse. C’est un pur bonheur de les avoir dans ma vie ! »

Une sœur toujours au combat

Alors qu’elle reprend sa vie en main, Julie Drolet continue par ailleurs de soutenir sa petite sœur, dont le combat contre le cancer du sein se poursuit encore aujourd’hui. « Ma sœur a reçu son diagnostic avant moi, mais son histoire est malheureusement plus compliquée que la mienne. Elle continue ses traitements de chimiothérapie tout en ayant des enfants plus jeunes que les miens à la maison. Je la trouve forte et super courageuse. Elle regarde en avant avec détermination. Je la trouve super inspirante et lumineuse. »

Des messages d’espoir

Par ailleurs, la cheffe d’antenne tient à remercier tous les gens du public qui ont partagé avec elle leurs histoires et fait parvenir des messages d’espoir. « La réaction de la population à ce qui m’arrivait a été immense. J’ai reçu des messages et des témoignages par milliers. En les lisant, ça m’a permis de réaliser que même quand le pire arrive, il est toujours possible de trouver la paix d’esprit et de faire preuve d’un certain lâcher-prise. Cette épreuve m’a fait voir le meilleur des réseaux sociaux. »

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Un retour vers la normalité

Près de trois mois après la fin de ses traitements, Julie Drolet se dit maintenant prête à reprendre le travail. « Je suis reconnaissante et pleine de gratitude face à la vie de pouvoir renouer avec mon métier. Ces dernières années, je n’y croyais plus. À l’automne 2024, je m’étais même dit que je vivais mes derniers instants en ondes. Dans les prochaines semaines, j’ai l’intention d’exorciser cette émotion-là. Je serai donc de retour officiellement en ondes le 2 mars, au Téléjournal midi, sur les ondes de Radio-Canada et de RDI. Je commencerai alors par deux jours par semaine. J’ai confiance que je serai de retour à temps plein d’ici quelques mois. Je veux ainsi retrouver un sentiment de normalité dans ma vie. »

Bien qu’elle poursuive ses suivis médicaux dans l’espoir d’atteindre la rémission dans cinq ans, c’est avec le cœur à la fête que Julie Drolet voit l’avenir. « J’éprouve un grand bonheur à revenir au travail et à renouer ainsi avec mes collègues et les téléspectateurs. En tant que la santé me le permettra, je veux continuer à informer les gens. C’est ma passion et ma manière de me rendre utile comme citoyenne », lance-t-elle en terminant.

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