Après avoir vécu 4 AVC, Rudy Caya de Vilain Pingouin planche sur de nouveaux projets

Photo BEN PELOSSE
Photo portrait de Sarah-Émilie Nault

Sarah-Émilie Nault

2024-09-14T10:00:00Z

À 63 ans et après avoir été victime de 4 accidents vasculaires cérébraux (AVC), Rudy Caya est assez en forme pour préparer non pas 1, mais bien 5 nouveaux EP.

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Même si ses récents ennuis de santé ont laissé des marques visibles, Rudy Caya insiste: il va «super bien».

«Les gens trouvent que j’ai l’air magané, mais je ne le suis pas. Bon, j’ai le côté droit qui ne parle plus, je dois convaincre mon corps de le faire, je dois dire à ma jambe droite d’avancer... Mais je suis encore capable, juste plus lentement. C’est gossant pas mal, mais c’est de même. Quand je me regarde et que je me compare à d’autres, je trouve que je suis bien», confie Rudy Caya au Journal.

Par d’autres, il pense notamment à son grand ami Polo (Paul Bellemare), membre fondateur du groupe Les frères à ch’val, qui combat actuellement un cancer du cerveau.

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Les épreuves physiques des dernières années n’auront pas forcément appris à Rudy Caya à savourer le moment présent, car il affirme avoir toujours vécu sa vie en observant cette philosophie. «Je ne suis pas dans le passé et je ne subis pas le futur. Tout est plutôt à construire. J’essaie de suivre où la société va, j’ai toujours fait cela», explique le chanteur, qui garde désormais sa main droite dans sa poche lorsqu’il chante sur scène et qui se déplace aujourd’hui avec une canne.

À la tête du groupe Vilain Pingouin depuis 1986, Rudy Caya confirme qu’il ressent le même thrill à se retrouver sur scène et à multiplier les projets musicaux qu’à ses débuts. Le secret pour être toujours présent et pertinent, 40 ans après avoir marqué, au fer rouge, la scène musicale québécoise? «Simplement le faire pour les bonnes raisons. Pogner ou pas, c’est un détail. Ça semble quétaine, mais la destination est vraiment le voyage. Que cela ait marché, c’était une conséquence, pas une motivation», explique l’artiste derrière les succès Le train et Salut salaud.

Occupé et reconnaissant

Sur le point de conclure la dernière «vraie» tournée de Vilain Pingouin (ils continueront à présenter quelques spectacles par-ci par-là dans les années à venir), Rudy Caya a pourtant un agenda bien chargé. Il prévoit faire paraître cinq minialbums dans les prochaines années, à raison d’une chanson lancée environ tous les trois mois.

«Je ne suis pas capable de me limiter à un style, ça ne me ressemble pas», explique l’artiste, qui gambadera du punk au heavy métal, au folk acoustique, en passant par le vieux jazz blues des années 40, le hip-hop, l’électronique, le ska, le reggae et le rocksteady.

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Rudy Caya en prestation aux Foufounes électriques pendant le Droogs Fest.
Rudy Caya en prestation aux Foufounes électriques pendant le Droogs Fest. Photo SARAH-ÉMILIE NAULT

«On veut juste faire de la musique», poursuit celui qui a hâte de collaborer avec ses amis du groupe trash métal québécois Anonymus, de la formation punk rock The Sainte Catherines (avec qui il a lancé l’album Le taureau en 2007), des Vulgaires Machins et divers fous de musique rencontrés le long de la route et des années.

On a d’ailleurs pu voir Rudy Caya renouer avec ses racines punk samedi dernier aux Foufounes électriques, club mythique de la scène punk montréalaise, où il a performé dans le cadre du festival Droogs Fest. Parmi les autres invités de cette soirée punk franco se trouvait l’icône de la musique punk française et chanteur de Bérurier Noir François Guillemot, qui présentait pour la première fois sur scène son nouveau projet, No Suicide Act.

«Ça me surprend encore que les gens viennent vers moi pour me raconter leurs souvenirs et me remercier. Chaque fois, je suis hyperreconnaissant. Parce qu’une toune sans souvenir, c’est juste une toune. Je réponds: “Merci pour la belle vie que tu m’as donnée.”», ajoute celui qui a commencé dans le métier à l’âge de 26 ans.

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