Après des qualifications difficiles, Vincent Lapointe garde le cap sur les JO

La participation aux Jeux olympiques de Laurence Vincent Lapointe est incertaine

Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2021-03-17T18:00:15Z
2021-03-18T00:58:39Z

Même si elle n’a pas été en mesure de confirmer sa place pour Tokyo en fin de semaine dernière à l’occasion des essais olympiques de canoë-kayak à Burnaby, Laurence Vincent Lapointe est satisfaite de ses performances dans des circonstances inhabituelles.

La canoéiste de Trois-Rivières s’est inclinée en C-1 200 m dans une course ultime face à sa partenaire Katie Vincent et s’est retirée de la deuxième finale en C-2 500 m parce qu’elle était ennuyée par des symptômes qui pouvaient laisser croire qu’elle avait contracté le COVID-19. Son test s’est révélé négatif.

« Je me suis bien débrouillée dans les circonstances (suspension, COVID-19, entraînement au froid) et il ne s’agit pas d’une grosse défaite, a-t-elle affirmé, hier. Je ne suis pas particulièrement déçue parce que j’ai coursé au mieux de mes possibilités. »

Elle garde espoir que le Canada obtienne une deuxième entrée aux Jeux olympiques. Les chances sont très bonnes ce qui lui permettrait de courir en C-1 et en C-2 à Tokyo, mais la Fédération internationale de canoë (ICF) n’a pas encore confirmé sa décision. 

« Depuis deux ans, j’ai vécu beaucoup de stress et j’ai appris à composer avec les nombreuses incertitudes. Je suis un peu impatiente d’obtenir une réponse, mais je continue de me préparer pour une éventuelle course. Je ne veux pas me rendre malade en imaginant tous les scénarios possibles. »

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Une suspension difficile

À l’écart de l’équipe nationale en raison d’une suspension provisoire pour un contrôle positif tout juste avant le championnat mondial, la multiple championne du monde disputait à Burnaby sa première course depuis juin 2019. 

« La suspension a été très difficile, a indiqué celle qui a finalement été blanchie. J’ai été laissée à moi-même pendant six mois et je pensais que ça ne m’affecterait pas, mais j’ai 29 ans et la suspension a laissé des traces. Mon endurance n’était pas à son mieux. J’ai manqué de gaz pour terminer en force. Je ne suis pas certaine que j’étais prête à fournir autant d’efforts. »

Vincent Lapointe était rongée par la nervosité au moment de sa première course aux essais. 

« J’étais extrêmement nerveuse. Sur l’eau, j’ai bien contrôlé mon stress, mais j’ai eu de la difficulté à manger toute la fin de semaine. J’ai eu des nausées reliées à la fatigue, mais aussi au stress. Je suis pratiquement plus nerveuse aux essais qu’en Coupe du monde parce que mes coéquipières sont parmi les meilleures au monde. »

Dans un ultime effort pour coiffer Vincent au fil d’arrivée de la deuxième finale, vendredi, Vincent Lapointe a chaviré et est demeurée un long moment dans l’eau. Quelques heures plus tard, elle jouait sa qualification dans une course ultime. 

« Ce fut très, très difficile, a-t-elle reconnu. Avant le “race off” (course ultime), j’étais extrêmement affaiblie physiquement et mentalement. J’étais roulée en boule dans une doudou dans ma voiture pour me réchauffer. J’étais glacée tant physiquement que mentalement. Mon psychologue sportif et mon entraîneur ont fait tout un travail pour me préparer. Une douche bouillante a aussi aidé. »

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De grandes rivales à partenaires

Après une chaude lutte qui s’est étirée sur trois courses, Laurence Vincent Lapointe a uni ses efforts à ceux de son adversaire Katie Vincent le lendemain pour tenter de remporter la victoire en bateau d’équipe.

Cette situation n’est pas évidente à gérer pour la canoïste de 29 ans de Trois-Rivières. «Nous sommes toutes les deux très professionnelles, mais ce n’est pas une situation qui est facile à gérer, a reconnu Vincent Lapointe. Mon psychologue sportif m’aide beaucoup. On sait qu’on ne sera probablement jamais les meilleures amies au monde, mais on se fait confiance. On peut compter l’une sur l’autre et ça fonctionne.»

«Vendredi après les courses, je l’ai félicité pour sa victoire la journée de son anniversaire, de poursuivre Vincent Lapointe. Elle m’a répondu que les essais n’étaient pas terminés et que nous avions une victoire à aller chercher le lendemain. Elle était là pour moi en C-2 parce que je ne suis pas certaine que nous aurions terminé au premier rang sans son aide. Samedi, je commençais à avoir des difficultés physiques. Ce fut un travail d’équipe.»

Vincent Lapointe et Vincent détiennent le record du monde du C-2 500m établi en 2018 au championnat mondial. Les deux partenaires ont remporté la première finale face aux jeunes Sophia Jensen et Julia Lilley Osende (elles sont encore d’âge U-23) dans une course plus serrée que plusieurs auraient pensé. Ces dernières ont remporté le championnat mondial junior en 2018 et 2019. La deuxième finale n’a pas eu lieu parce que Vincent Lapointe ressentait des symptômes reliés à la COVID-19 et elle a été immédiatement isolée du reste du groupe. Son test s’est révélé négatif.

«J’ai été un peu surprise, a-t-elle indiqué, mais elles sont très rapides. Si on obtient une deuxième entrée aux Jeux olympiques, il faudra voir comment le processus de sélection en C-2 va se terminer, mais Katie est déjà qualifiée en C-1 et je suis sa partenaire. Le Canada ne pourra pas amener trois filles de canoë aux Jeux.»

De retour à Montréal, Vincent Lapointe et les autres membres de l’équipe canadienne profiteront d’une semaine de repos avant de reprendre l’entraînement. Les filles de canoë retourneront à Burnaby en préparation de la Coupe du monde à Szeged en Hongrie les 12 et 13 mai.

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