Après le succès de «Fake Friends», Billie du Page se confie sur ses ambitions internationales
Alicia Bélanger-Bolduc
Billie du Page a connu une année exceptionnelle, et ce n’est pas près de ralentir. Après avoir remporté le trophée de la révélation de l’année au dernier Gala de l’ADISQ, elle a amorcé sa première tournée à travers le Québec. Malgré son jeune âge, elle cumule déjà une solide expérience: elle a enchaîné les festivals et a offert des premières parties impressionnantes. On n’a certainement pas fini d’entendre parler de Billie!
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Billie, comment vas-tu après les derniers mois que tu viens de vivre?
Je suis encore sur mon nuage. Je ne pense pas avoir réalisé tout ce qui se passe depuis mon trophée de révélation de l’année à l’ADISQ. Je ne pensais vraiment pas gagner, alors je suis extrêmement reconnaissante. Tous les artistes qui étaient dans ma catégorie font partie de mon quotidien: je les écoute, je les admire. Je vais super bien et je continue à travailler très fort pour que tout ça se poursuive.
Comment t’es-tu sentie quand ton nom a été annoncé comme grande gagnante?
J’étais très nerveuse. Je me disais déjà qu’être nommée, c’était être gagnante. Ça prouve qu’on a sa place dans l’industrie. Quand Barnev, qui avait gagné l’année précédente, a annoncé mon nom, très lentement... tout le monde a crié tandis que moi, je suis restée figée! En courant vers la scène, j'ai à peine regardé les gens tellement j’étais dans ma bulle. Je voulais surtout remercier tous ceux qui ont été présents pour moi dans la dernière année. Ç’a été une soirée incroyable: on a dansé, on a célébré!

Tu as pris le temps de remercier ta famille. Quelle importance a-t-elle dans ton parcours?
Elle a toujours été là. Je suis encore jeune, j’habite chez mes parents et je rentre chaque soir les retrouver, ainsi que mon frère et même mes grands-parents, pour leur raconter ma journée. On est vraiment une famille tissée serrée. Tous croient en moi depuis le début, ils m’appuient, me conseillent et me donnent de bons avis. Ils n’ont manqué aucun de mes spectacles en festival cet été. Je suis très reconnaissante de les avoir. Ma mère, qui est actrice, Julie du Page, m’avait prévenue que ce n’était pas une industrie facile. Mais ils m’ont toujours encouragée, parce qu’ils savent ce que c’est que d’avoir un rêve.

La réaction de tes parents à l’annonce de ton prix a énormément circulé sur les réseaux sociaux. Comment as-tu réagi en voyant la vidéo?
Je l’ai vue quelques jours plus tard. J’ai entendu ma mère crier à l’autre bout de la maison et je suis allée la rejoindre. J’ai eu des frissons en regardant la vidéo. Elle me racontait comment elle s’était sentie à ce moment précis. Nous ne pouvions pas être assis ensemble, mais je m’imaginais ma mère, mon père et mon frère se lever, applaudir et être fiers de moi. Ce n’est pas seulement moi qui ai gagné, c’est toute la famille.
Tu poursuis tes études en communications en parallèle de ta carrière. Un diplôme est-il important pour toi?
Au départ, ce n’était pas vraiment dans mes plans, mais pour mes parents, c’était la chose à faire. Et puisque les parents ont souvent raison... je comprends maintenant! (rires) Être à l’université me permet de côtoyer des gens de mon âge et de vivre des situations qui m’inspirent à écrire. Ce n’est pas en restant chez moi à écouter de la musique que je trouverais toujours mes idées. Il me reste encore quelques années puisque je suis seulement deux cours par session. L’école est secondaire pour moi, parce que je n’ai pas de plan B. Mais je suis fière d’étudier à l’université et d’aspirer à obtenir un jour mon diplôme.
Comment décrirais-tu ton style aux lecteurs qui ne te connaissent pas encore?
Je suis une chanteuse pop, en français et en anglais, avec un son qui mélange les influences francophones et nord-américaines. Mes thèmes sont assumés, engagés et bubbly. Il y a toujours une notion d’espoir, même quand j’aborde des sujets plus difficiles. Je veux qu’il y ait toujours une lumière et que les gens s’attachent à la possibilité. J’adore danser, alors même si la chanson est plus mélancolique, ils pourront quand même bouger dessus.
Est-ce important pour toi de chanter dans les deux langues?
Le français, c’est ma langue maternelle, mais je suis bilingue depuis que je suis petite. Les deux langues ont toujours été naturelles pour moi. Après le succès de Fake Friends, que j’ai écrite en français et en anglais, j’ai eu des fans partout au Canada, alors je me suis dit que je devais continuer dans cette direction. J’ai écrit un EP en anglais, mais mes prochaines chansons seront majoritairement en français. Notre langue est belle, profonde et touche droit au cœur. C’est plus difficile, mais j’aime le défi. L’anglais restera environ 20 % de ma musique. Mon rêve, c’est une carrière internationale, mais je veux d’abord bien m’établir au Québec, parce que c’est chez moi. Je vois plusieurs chanteuses francophones réussir à l’international et ça me confirme que c’est possible.

Ta chanson Et si aborde un monde parallèle au tien. Est-ce que tu t’imagines parfois ce que ta vie aurait été sans la musique?
Oui, ça m’arrive. Je me demande parfois où j’en serais si on n’avait pas lancé Fake Friends ou si la chanson n’avait pas autant fonctionné à la radio. Et si est inspirée d’un film que j’ai vu, qui parle des chemins différents que nos vies pourraient prendre selon nos décisions. J’ai tout de suite su que ça ferait une belle chanson. Chaque décision influence le reste, et c’est en prenant le temps de réfléchir à chaque moment important de ma vie que je m’en suis rendu compte.
Tu as débuté ta première tournée solo en novembre. Comment ça se passe jusqu’ici?
Au moment où on se parle, j’ai fait trois spectacles, et c’est magique. Ce sont les plus beaux shows que j’ai faits! J’ai commencé par des premières parties et des festivals où les gens ne me connaissaient pas nécessairement, mais je me sentais toujours accueillie. J’appréhendais mes premières têtes d’affiche, parce que je ne savais pas si les gens allaient se déplacer pour moi. Mon premier spectacle à Lévis m’a renversée: je me suis arrêtée en plein milieu parce que le public connaissait toutes les paroles et chantait avec moi. J’ai une connexion réelle avec les gens. Il y a une authenticité qui est frappante. J’adore mon public.

Ces premières parties t’ont vraiment aidée à te faire connaître d’un large public...
J’ai accompagné Cœur de pirate en France et Aliocha au Québec. Je repars d’ailleurs avec Béatrice en février, et c’est très significatif, parce que c’est elle qui m’a offert ma première chance à l’international. Ma musique rejoint plusieurs groupes d’âge. Grand Corps Malade et Fredz m’ont aussi accueillie en première partie, et nos publics se ressemble beaucoup. C’est une chance incroyable et je leur en suis très reconnaissante.
Tu as ta propre maison de disque. Pourquoi avoir fait ce choix?
C’était important pour moi de m’autoproduire pour garder le contrôle sur ma carrière et mes choix artistiques. Je me suis beaucoup inspirée de Taylor Swift. Aussi, plusieurs membres de ma famille sont entrepreneurs, alors j’avais envie d’explorer ce côté-là moi aussi. Pour l’instant, il n’y a que moi, mais j’aimerais développer la compagnie un jour.
En terminant, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour 2026?
Je vais continuer de faire de la musique. Je retourne en studio pour un nouvel album, et j’ai très hâte de partager mes nouvelles chansons. J’espère qu’elles auront un impact aussi fort que Fake Friends. Je voudrais également poursuivre ma tournée et jouer dans des salles encore plus grandes. J’aimerais collaborer avec des artistes que j’admire. Je crois que 2026 sera une année excitante, remplie de surprises. Je la vois comme une année de maturité et de renaissance.