Vœux de Noël: après une publication virale, une montagne de 40 000 cartes

Raphael Pirro

2020-12-19T22:15:08Z

À la suite de la publication virale invitant les gens à envoyer des vœux de Noël à ses résidents, la résidence Symmes, à Gatineau, a été littéralement submergée par une montagne de plus de 40 000 cartes, certaines provenant de l’autre bout de la planète. 

Au début du mois de décembre, Sylvie Chevrier, infirmière en soins à domicile, avait publié sur sa page Facebook des photos de résidents du Château Symmes, où elle travaille, tenant dans leurs mains une affiche avec leur nom, accompagné d’un petit message.

Le but de la publication était d’inviter ses amis à envoyer des cartes aux résidents qui allaient passer un Noël loin des leurs, étant donné les restrictions liées à la pandémie.

«J’espérais avoir 100 cartes pour nos résidents. Comme ça, ils en auraient eu chacun une», a dit Sylvie Chevrier, jointe au téléphone par l’Agence QMI samedi.

La réalité a été tout autre. «J’ai publié ça le vendredi soir à 21 heures, et le samedi matin, j’ai dû appeler mes enfants à l’aide.»

Telle une grippe saisonnière, sa publication avait été partagée des dizaines de milliers de fois en quelques jours.

En date de samedi, «on est rendus à plus de 40 000 cartes», a-t-elle fait savoir.

Publicité

Des lettres de partout dans le monde

En raison du volume ahurissant de lettres, cela fait deux semaines que Sylvie Chevrier et sa famille passent leur temps libre à la résidence pour aider à en faire le tri. Les employés leur donnent un coup de main dans leur temps libre.

«Une dame m’a dit qu’elle a reçu une carte de Malaisie. Il y a un autre monsieur hongrois qui m’a dit qu’il y a une dame en Hongrie qui a vu la publication et qui lui a envoyé quelque chose de spécial de là-bas», a-t-elle raconté.

De nombreuses lettres sont venues de France également.

Bonbons, chocolats, bijoux, chaussons, billets de loterie, tasses, livres et disques font aussi partie des cadeaux reçus au Château Symmes. Deux résidents ont reçu des doudous pour les temps plus froids.

Puis, une jeune fille de 12 ans a dessiné des portraits des résidents à partir de leur photo dans la publication.

Sylvie Chevrier ne croyait pas créer un tsunami de la sorte. La publication originale, qui s’est propagée comme une traînée de poudre sur d’autres réseaux sociaux, a dû être supprimée aux environs du 15 décembre. La situation devenait ingérable.

«La dernière journée où j’ai pris les chiffres en note, le 15 décembre, on avait 54 000 partages, 14 000 likes et 6900 commentaires», a illustré Mme Chevrier.

Instigatrice d’un mouvement

Le volume de lettres est si important pour la petite résidence de Symmes que l’infirmière met certaines lettres dans des boîtes pour les distribuer à d’autres résidences de la région. Au dernier décompte, environ 3000 lettres avaient été reçues en une journée. Certains résidents qui croulaient sous les envois ont dû demander des renforts pour les ouvrir tous.

Sylvie Chevrier tente néanmoins de répondre à ceux et à celles qui lui ont écrit directement. Une vidéo a été créée et publiée sur Facebook pour remercier les âmes charitables.

«Ce qui est beau de voir, c’est que ça s’est fait ailleurs aussi. Il y a des places en France qui ont parti le mouvement, partout au Québec ça s’est fait, et même en Ontario. C’est beau, ça se répand», se réjouit-elle.

L’infirmière constate tout cela avec beaucoup d’humilité, expliquant qu’il ne s’agit que d’une «idée bien simple», de «presque rien», mais qui a néanmoins connu un succès fulgurant et totalement inattendu.

«Je pense qu’il y avait un besoin dans la communauté de faire quelque chose. Plusieurs m’ont dit que ça leur avait fait du bien d’écrire pour Noël. C’est beau à voir», a-t-elle conclu.

Publicité