Atteinte d’un cancer généralisé, elle est forcée à être dehors pour ses adieux à sa famille

Molly Beland

2021-03-10T16:29:23Z
2021-03-11T00:13:40Z

Une histoire touchante s’est produite à la maison de soins palliatifs Soli-Can à Alma en contexte de COVID-19: Justine Bouchard, une dame de 66 ans atteinte d'un cancer généralisé a demandé à voir sa grande famille comme dernières volontés.

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Le personnel l'a sortie à l'extérieur mardi après-midi, sur son lit d'hôpital, pour la rencontre qui a duré une vingtaine de minutes.

L'équipe de TVA Nouvelles a été invitée par Mme Bouchard pour assister à ce moment familial. Elle voulait livrer un message au gouvernement Legault.

«Ça n'a pas d'allure de me demander des efforts comme ça, en 2021», a-t-elle dit allongée sur son lit.

En vertu des consignes sanitaires, Mme Bouchard était limitée à 10 personnes sur sa liste de visiteurs. Elle a donc fait un choix parmi ses 12 frères et sœurs, deux enfants et six petits-enfants.

«Moi, je les aime, mes petits-enfants, et je dois sortir à l'extérieur», a-t-elle déploré.

«De lui demander de choisir parmi les membres de sa famille, ça ne se fait pas!» a lancé son fils, Patrice Rathé.

Mme Bouchard a succombé à la maladie en fin de journée mercredi, quelques heures après avoir revu ses proches, a fait savoir la famille.

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Plusieurs proches n'avaient pas vu Mme Bouchard depuis son hospitalisation, le 25 décembre. La famille estime que toutes les règles encadrant les visites en raison de la COVID-19 manquent d'humanité.

Appelé à commenter, le cabinet du ministre de la Santé Cristian Dubé a souhaité «tout le courage nécessaire à cette grande famille pour faire face à cette épreuve».

«Cette pandémie aura bouleversé nos façons de faire ainsi que le quotidien de nos patients ainsi que celui de notre personnel du réseau de la santé. [...] Bien qu’on demande aux équipes de faire preuve de respect et d’humanité, il est important de souligner que ces protocoles ont été implantés afin de protéger les personnes aînées hébergées», a souligné l'attaché de presse du ministre, Marjaurie Côté-Boileau, dans une déclaration écrite.

«Heureusement, l’opération de vaccination suit son cours et nous apercevons la ligne d’arrivée. Ces décisions déchirantes se feront de plus en plus rares dans les mois à venir», a-t-elle ajouté. 

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