Au-delà de sa passion pour le vin, Philippe Lapeyrie de «Salut Bonjour» est un père dévoué et inspirant

«Salut Bonjour» et «Salut Bonjour week-end», du lundi au dimanche de 6 h 30 à 10 h 30 sur les ondes de TVA et TVA+

Marjolaine Simard

2025-12-05T11:00:00Z

Enfant, Philippe Lapeyrie passait ses étés en Corse chez ses grands-parents, au cœur de leur vignoble. Une immersion qui a nourri sa passion pour le raisin et l’art du vin. Sommelier pendant plus d’une décennie dans les meilleurs restaurants du Québec, il partage depuis 23 ans son enthousiasme, que ce soit à la radio, aux stations Rouge FM et Énergie, à la télévision, à Salut Bonjour et Salut Bonjour week-end, dans ses livres ou lors de nombreux événements. Rencontre avec un homme qui vit et raconte le vin avec sensibilité et passion.

• À lire aussi: Philippe Lapeyrie fait la grande demande de la façon la plus originale qui soit, et c'est à voir

• À lire aussi: Un moment de détente bien mérité pour l’équipe de «Salut Bonjour»

Philippe, qu’est-ce qui t’a amené à te passionner à l’univers du vin?

Cinq générations du côté de ma mère travaillent dans le vin. Ma famille est pieds-noir d’Algérie, c’est-à-dire que ce sont des Français qui, après la guerre d’indépendance, ont dû quitter le Maghreb et se sont retrouvés en Corse. Moi, je suis né en Estrie, mais chaque été, ma mère nous envoyait dans la famille en Corse pour deux mois. J’ai même fait une année de primaire et une de secondaire là-bas. J’ai donc grandi là, entouré de 80 hectares de vignes. À sept ans, je ramassais du muscat et je posais mille questions à mon grand-père. Par la suite, en grandissant, j’ai décidé de faire un cours de service en restauration, puis un cours de sommelier. Et là, j’ai su que c’était ça, ma vie.

Publicité

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

Comment est arrivé ton passage de la table aux médias?

Je travaillais comme sommelier à l’Auberge Hatley, et mon collègue, Ghislain Caron, le meilleur sommelier du Québec et du Canada et septième au monde, était mon mentor. Quand il a gagné un gros concours, les médias l’appelaient, mais il n’aimait pas ça. Il me passait le téléphone! J’ai fait quelques chroniques, ça a super bien coulé, et tout s’est enchaîné: Caféine avec Francis Reddy, Énergie en 2003, puis Salut Bonjour en 2006. Ils devaient m’avoir une fois par mois et on m’a plutôt gardé tous les samedis depuis.

Il semble que tu as déjà plus de 18 000 chroniques au compteur et ce chiffre ne serait même plus à jour...

Honnêtement, ça fait presque trois ans qu’on n’a pas actualisé le chiffre. Je dois aujourd'hui être proche de 25 000. Ça paraît énorme, mais ça fait 23 ans que je suis à Énergie. Les chroniques s’accumulent vite quand tu en fais une douzaine par semaine, plus Salut Bonjour et tout le reste.

Publicité

Avec un volume pareil, la passion tient toujours?

Le feu brûle encore très fort. Je suis un curieux de nature... un «épicurieux». Dans le monde du vin, il y a 15 000 sortes d’alcools, des centaines de terroirs, des histoires infinies. C’est parfait pour quelqu’un comme moi. Ce qui m’allume, ce n’est pas juste le liquide dans la bouteille, c’est qui l’a fait, pourquoi, comment, quelle famille, etc. Avant chaque chronique, je fais une tonne de recherches. Chaque vin a une histoire, et c’est ça que j’essaie de transmettre.

Tu dis que plus tu apprends sur le vin, plus tu réalises que tu ne sais rien...

C’est exactement ça. Le vin, c’est géographie, histoire, religion, poésie... plus tu avances, plus l’univers s’élargit. Je déguste environ 75 vins par avant-midi quand on prépare les chroniques. Mes sept minutes à l’antenne de Salut Bonjour, c’est le résultat d’une journée et demie de recherche. Et je ne sais jamais ce que Richard Turcotte ou Ève-Marie Lortie vont me demander en direct. C’est un saut en parachute sans filet chaque fois.

Publicité

Tu es père de deux garçons. Pour ton travail, tu voyages beaucoup. Comment concilies-tu ça avec la vie de famille?

J’ai deux garçons, Théo, 10 ans et Thomas, 15 ans. Leur mère, Pascale, c’est la meilleure maman du monde. Malgré notre séparation pendant la pandémie, on habite à quelques minutes l’un de l’autre et on a une entente 50-50 exemplaire. Quand je pars, je sais que mes enfants sont entre de bonnes mains. Et moi, j’ai un horaire flexible. Je peux jongler avec tout ça. Et je te jure, jouer au hockey ou aux arcades avec mes kids, c’est aussi trippant pour moi qu’une dégustation en Italie.

Photo Stevens LeBlanc
Photo Stevens LeBlanc

Tes fils s’intéressent-ils au vin ou aux médias?

Oui! Le petit Théo veut carrément prendre ma job. Il veut travailler dans le vin et faire de la télé. Thomas, le plus vieux, veut être caméraman-monteur. Il a même déjà demandé à faire un stage à Salut Bonjour. Je n’impose rien, mais secrètement, j’aimerais bien qu’un des deux reprenne le flambeau.

Publicité

Tu sembles profondément heureux dans ce métier, même après 23 ans...

Je n’ai jamais eu un matin où je me suis dit: «Ça ne me tente pas!» Je fais ce que j’aime, avec des équipes extraordinaires. Je suis payé pour déguster du vin, raconter des histoires et amener un peu de bonheur. Et je suis totalement indépendant. Aucun producteur ne peut me forcer à présenter un vin que je n’aime pas.

Tu est sorti indemne d'un accident de voiture l'été dernier... 

Je revenais de Salut Bonjour et je prenais la route vers Saint-Jean-Port-Joli pour donner une conférence. Il faisait beau, j’étais reposé, tout allait bien. Quelques minutes après avoir traversé le pont, une voiture a soudainement traversé le terre-plein et foncé directement sur moi. J’ai donné un coup de volant. Ma voiture a fait plusieurs tonneaux dans le terre-plein avant de s’immobiliser. J’ai pensé à mes enfants. C’est fou tout ce qui peut traverser la tête en une fraction de seconde. Quand la voiture s’est enfin arrêtée de tourner, je me suis immédiatement touché les jambes, puis le dos, pour voir si je pouvais bouger. Je sentais tout. J’étais vivant, et surtout, indemne. Les secours n’en revenaient pas en me voyant sortir de l’auto par mes propres moyens. Une heure plus tard, je présentais ma conférence.

Publicité

Comment t’es-tu senti dans les jours qui ont suivi l’accident?

J’ai eu un ou deux flashbacks de la dame qui fonçait vers moi, surtout la nuit même, mais après ça, plus rien. Je n’ai jamais replongé dans la peur ou l’angoisse. Je me suis réinstallé derrière un volant. Cet accident-là aurait pu tout arrêter, mais au lieu de me fragiliser, il m’a renforcé. Ça m’a donné encore plus le goût de croquer dans la vie à pleine dent. Je vis ma best life, la seule chose qui me manque actuellement, c’est une amoureuse pour partager ma vie, par ce que je suis un grand lover.

À voir aussi:

Publicité

Sur le même sujet