Avortement: «On s’inquiète pour nos enfants, on s’inquiète pour notre famille», dit une médecin

Marie-Anne Audet

2024-11-13T22:16:46Z

Le recul du droit à l’avortement aux États-Unis, assorti à la volonté des militants antiavortement canadiens de pouvoir manifester à moins de 50 mètres des cliniques, met en péril la sécurité des travailleurs de la santé, a évoqué une médecin. 

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«On s’inquiète pour nos enfants, on s’inquiète pour notre famille», a déclaré la Dre Diane Francoeur, directrice générale de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada.

«Ça fait 30 ans que je fais des avortements. Alors oui, on a des menaces», a-t-elle souligné.

Photo AFP
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Cette dernière, qui assure que ses collègues «gardent un profil très bas» pour éviter de se faire «détruire la carrière sur les médias sociaux», a évoqué un climat de travail difficile en entrevue à LCN, mercredi.

«Chaque année, au jour du Souvenir, on a des menaces. Ça allait jusqu’à mettre un petit dépliant sur nos pare-brise. Ça devient pas mal personnel», a expliqué la Dre Francoeur.

Droit à la confidentialité

La médecin, qui déplore la volonté des militants pro-vie d’invalider une loi qui les empêche de manifester près des cliniques d’avortement, souligne l’importance de protéger la vie privée de ses patientes.

«Il n’y a personne qui irait parler de dysfonction érectile puis de viagra sur le trottoir [avec des hommes]», a-t-elle affirmé. Alors pourquoi laisserait-on des tiers «poser des questions aussi indiscrètes sur combien de semaines ton bébé est viable. [...] Il faut arrêter ça», a-t-elle dénoncé.

«Le fait d’être contre l’avortement ne donne pas le droit de nuire ou d’envahir la vie des autres», a-t-elle ajouté.

Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.

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