Bad Bunny au Super Bowl: les significations cachées de son numéro discuté à ne pas manquer

Sarah-Maude De Rive

2026-02-09T17:00:00Z
2026-02-09T17:27:59Z

Hier soir, le monde était à l'écoute du championnat opposant les Seahawks de Seattle et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre... et du flamboyant spectacle de Bad Bunny complétant à merveille l'événement! L'artiste dont la présence au Super Bowl a fait controverse a glissé de nombreux messages percutants dans sa performance: on déchiffre le tout.

• À lire aussi: 20 stars d'Hollywood qui se sont ralliées pour dénoncer l'«ICE» et l'administration Trump

• À lire aussi: Kendall Jenner aperçue avec ce chanteur: succédera-t-il à Bad Bunny?

C'est un numéro musical coloré, étoilé et époustouflant que nous a offert l'interprète de Debi Tirar mas Fotos hier soir, à l'occasion de la mi-temps du 60e Super Bowl qui a beaucoup fait jaser en amont. En effet, tandis qu'une multitude d'internautes mentionnait leur enthousiasme dans la dernière année quant au concert tant attendu de Bad Bunny, d'autres ont choisi de remettre en question le choix de l'artiste portoricain en tant que la tête d'affiche de l'événement.

Publicité

En effet, les États-Unis sont agités tandis que l'administration Trump et le département de l'ICE sont dénoncés pour leurs raids violents et leur détention injustifiée de bon nombre d'Américains. Devant cette réalité, plusieurs stars se sont prononcées. pour transmettre leur soutien aux victimes de ces arrestations, Bad Bunny déclarant d'ailleurs aux Grammys:

«Avant de remercier Dieu, je vais dire ICE out. Nous ne sommes pas des sauvages, nous ne sommes pas des animaux, nous ne sommes pas des extraterrestres, nous sommes des êtres humains, et nous sommes américains. La haine devient plus puissante à mesure qu'elle grandit. La seule chose qui soit plus puissante que la haine, c'est l'amour.»

Photo Getty Images via AFP
Photo Getty Images via AFP

C'est donc sans surprise que certains citoyens davantage rangés derrière les actions de l'ICE ont exprimé leur désaccord quant aux propos du rappeur et au fait qu'il soit aux commandes du spectacle de la mi-temps. Notamment, des internautes chez nos voisins du sud ont dit être frustrés qu'un chanteur «non-américain» — même s'il vient pourtant de Porto Rico, un territoire des États-Unis — performe en espagnol lors de cette occasion très célébrée. Mais malgré cette vague de haine, Bad Bunny a récolté une salve d'acclamations à la suite de sa production à la mi-temps, et y a transmis de puissants messages.

Publicité

Voici ce qu'il faut comprendre dans le spectacle percutant de Bad Bunny au Super Bowl

1. Une scène historiquement et fidèlement portoricaine

Ce sont des images emblématiques de sa culture que nous a offertes Bad Bunny à travers ce numéro. En plus d'amener de nombreuses vedettes hispano-américaines au centre du terrain avec lui, tous les détails allant des travailleurs dans les plantations de sucre aux vêtements des danseurs, en passant par les «bodegas» et le fameux restaurant La Casita, illustraient l'histoire de Porto Rico et un hommage aux éléments iconiques de la communauté latine.

2. Une savante critique liée aux pannes d'électricité dans les Caraïbes

Au son de l'une de ses chansons les plus politiques intitulée El Apagón («la panne d'électricité»), l'artiste dont le vrai nom est Benito a dansé sur des poteaux électriques étincelants tandis que les lumières du stade clignotaient.

Ce moment vise à symboliser les problèmes socio-économiques de son île natale, comme les fréquentes coupures de courant dues à un réseau électrique peu fiable, et la négligence du gouvernement quant à l'entretien de l'endroit.

3. Un rappel aux Américains

À la fin de son concert, Bad Bunny a lancé «que Dieu bénisse l'Amérique», avant de réciter tous les pays qui constituent le continent du sud jusqu'au nord alors que les drapeaux de toutes ces contrées étaient brandis à ses côtés. Ainsi, il déconstruit le discours qui centralise l'Amérique au tour des États-Unis, et rappelant ainsi que la communauté latine fait elle aussi partie intégrante de cette nation.

Publicité

4. Un touchant moment de réussite

Lors d'une transition, on peut voir le moment où Benito gagne son Grammy il y a une semaine jouer sur une télévision devant laquelle se trouvent un jeune enfant et ses parents. Le rappeur vient ensuite tendre son trophée au jeune garçon dans un moment émouvant.

Tandis que plusieurs pensaient que l'enfant était en fait Liam Ramos, le jeune ayant été détenu par l'ICE dans un tournant outrageux aux États-Unis, il a été confirmé qu'il ne s'agissait pas de lui. Toutefois, la scène était prévue comme un moment significatif pour applaudir ce qui pourrait être une version moins âgée du rappeur, ou encore les générations futures.

5. Un appel à l'amour pour contrer la haine

À l'instar du mariage qui a réellement pris place au coeur de son numéro, Bad Bunny a repris ses paroles de son discours au Grammys, projetant son message d'espoir condamnant l'administration Trump sur le grand écran où on lisait:

Publicité

«La seule chose qui soit plus puissante que la haine, c'est l'amour.»

6. Un clin d'oeil à une industrie iconique de Porto Rico

Comme le rapporte CBC, la star prend un moment de son spectacle pour s'arrêter à un bar et boire un verre offert par une dame souriante. Cette invitée de l'événement est en réalité Maria Antonia «Toñita» Cay, la fondatrice du Caribbean Social Club à Williamsburg, New York, dans les années 1970. Le lieu de rencontre qui était réservé aux membres de l'équipe de baseball communautaire, devenu un symbole de la diaspora portoricaine à New York, était recréé dans les décors du concert, comme le lieu emblématique est plébiscité de Bad Bunny depuis longtemps.

7. Une fin rassembleuse

Après que les drapeaux de tous les pays américains listés par le chanteur de Café con Ron aient circulé, ce dernier a conclu la mi-temps en montrant à la caméra un ballon de football lisant «Ensemble, nous sommes l'Amérique»; un autre symbole visant à souligner les nations entourant les États-Unis et encourageant au combat de l'oppression par l'amour et la communauté.

En tant que le premier artiste hispanophone à enflammer la scène de la mi-temps du Super Bowl en espagnol, Bad Bunny s'est peut-être fait critiquer par le président des États-Unis sur X, mais une chose est certaine: il a marqué les esprits avec sa performance. Une représentation fidèle et brillante de la vie portoricaine et de la communauté latine, elle résonne chez plusieurs internautes comme un message de soutien et de résistance adressé aux victimes de la discrimination raciale aux États-Unis.

À VOIR AUSSI: Les looks les plus impressionnants des stars aux Grammys 2025

Publicité