Benoît McGinnis trouve difficile de se voir vieillir à l’écran

Julien Faugere / TVA Publications

Patrick Delisle-Crevier

2025-01-28T11:00:00Z

Recevoir Benoît McGinnis dans le coloré fauteuil est d'autant plus plaisant que l'acteur ne se livre habituellement pas beaucoup. Celui qui compte déjà presque 25 ans de carrière a une feuille de route bien remplie, autant au cinéma et à la télévision qu’au théâtre. C’est dans son rôle de Jean-Sébastien Laurin, la rock star de la série Les hauts et les bas de Sophie Paquin, qu’il se fait véritablement connaître du public. Sur les planches, il a été Merrick dans L’homme éléphant, il a été rockeuse dans Hedwig et le pouce en furie, il a chanté dans Bond Symphonique, tandis qu’au petit écran, il est le directeur Frédéric Lamontagne de la série Alertes et incarne Patrick, le meilleur ami d’Anna Brodeur, dans la série du même nom. Rare entrevue révélation avec Benoit McGinnis.

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Julien Faugere / TVA Publications
Julien Faugere / TVA Publications

Benoit, comment ça va?

En ce moment, je suis dans une période calme professionnellement, et ça fait du bien, car mon été a été intense avec les tournages de la série Anna Brodeur, le discours patriotique de la fête nationale et ma participation à Chanteurs masqués. Présentement, je tourne dans Alertes et je profite de mon temps libre.

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Justement, que fais-tu quand tu as du temps libre?

Je prépare des affaires. Je ne suis pas très bon pour ne rien faire. Quand je suis chez moi, je place la maison, je fais le ménage. Mon but, quand je suis chez moi, c’est de ressortir, d’aller souper avec quelqu’un ou d’aller voir un spectacle. Pour moi, être à la maison, c’est une parenthèse entre deux choses. Je ne décroche que quand je suis dans un chalet ou chez mes parents. Sinon, ma vie est un feu roulant. À un moment donné, je me suis acheté un piano et je m’amusais à en jouer. C’était une échappatoire et un moment de divertissement. Mais, quand j’ai déménagé, j’ai donné le piano à ma soeur et je n’en joue plus. J’aimais m’installer au clavier et créer de la musique. Je ne voyais pas le temps passer. Je suis quelqu’un qui a besoin d’être avec du monde pour se changer les idées.

Quel est ton rapport à la solitude?

Je peux avoir l’air de quelqu’un qui fuit la solitude, mais non, j’ai besoin de solitude, tout simplement parce que je sais que je ne suis pas seul et que je suis bien entouré. J’ai quelqu’un dans ma vie, j’ai des amis et une famille. Je suis capable d’être seul — même que j’en ai besoin, parfois. J’aime me retirer dans des chalets sans électricité avec mon chien, et passer quelques jours dans le silence à regarder un feu de foyer. Mais il faut que j’aie vu du monde et que j’aie carburé socialement avant. J’aime aussi voyager seul. Des fois, c’est en compagnie de mon amoureux, d’autres fois, avec des amis. Mais je ne peux pas voyager tout le temps avec du monde. Même que les moments où je me sens le plus libre, c’est quand je débarque seul dans une ville. Dernièrement, je suis allé à Prague tout seul et je suis ensuite allé rejoindre mon ami en Autriche.

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Tu partages beaucoup de photos de celui que tu appelles tendrement ton «chien fils». Peux-tu m’en parler?

C’est mon premier chien dans ma vie d’adulte. J’ai eu des chiens quand j’étais jeune et que j’habitais encore chez mes parents, mais je n’avais pas du tout la même relation qu’avec mon Jules. Je suis gaga de mon chien. Au départ, je ne comprenais pas trop les gens qui avaient une grande chimie avec leur chien, qui étaient fusionnels. Mais c’est débile, le bien que mon chien me fait dans la vie! Je lui parle tout le temps et je l’adore! Je me dis que je ne sais pas ce que je vais faire quand il ne sera plus là. Je suis quelqu’un qui pense beaucoup à la mort en général.

SON LIEN AVEC LA MORT ET L’IMAGE

Pourquoi penses-tu constamment à la mort?

Depuis mon jeune âge, j’ai cette idée que je ne vais pas vivre vieux. J’ai lu un livre sur les lignes de la main et j’ai constaté que ma ligne de vie était courte. Depuis, ça m’obsède. J’étais certain de mourir à 32 ou 33 ans. Donc, je vis en ayant la forte impression que ma vie va s’arrêter rapidement et ça me met dans un état vraiment bizarre. J’ai toujours cette idée en tête, c’est pourquoi je veux faire les choses maintenant et non plus tard. Je ne suis pas celui qui fonce et qui va cogner chez des réalisateurs ou dans des théâtres. Mais quand je veux faire quelque chose, eh bien, je le fais! C’est le cas pour les voyages, pour l’achat d’une maison... Pour mes 40 ans, je me suis offert ma première voiture neuve.

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Donc tu ne te vois pas vieillir?

J’espère avoir la chance de vieillir. J’aimerais être un acteur et un homme qui vieillit en étant content des choses qu’il a faites. Je veux avoir 70 ans et ne pas avoir de regrets. Je ne veux pas me dire: «Ah, j’aurais dû aller là» ou «J’aurais dû faire ça.» 

Quel est ton rapport à l’image? Trouves-tu difficile de te voir à l’écran?

Oui. L’autre jour, sur Alertes, on me cadrait serré; je voyais mon cou et mon menton, et je capotais parce que je n’avais pas ça avant. C’est en effet difficile pour moi de me voir vieillir, mais, en même temps, c’est correct. Je ne suis pas du genre à aller me faire arranger. Je suis content de voir comment je vieillis, surtout que je me haïssais tellement à une autre époque! Durant tout mon secondaire, je pesais 103 livres et j’étais renfermé. Je ne prenais pas de place et j’étais plate. Aujourd’hui, je suis fier de ce que je fais.

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Alertes, lundi 21 h, à TVA. Le retour d’Anna Brodeur est disponible sur Crave. La pièce Classique(s) sera présentée au TNM du 11 mars au 5 avril. Info: tnm.qc.ca.

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