Bernard Drainville sur le 3e lien: des propos qui découragent des experts

Photo Stevens LeBlanc

Jules Richer

2022-09-03T03:09:50Z

Les experts en transports urbains sont restés bouche bée devant les déclarations du candidat caquiste Bernard Drainville sur le troisième lien.

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«Ce n’est pas très édifiant», souligne Marie-Hélène Vandersmissen, directrice du Département de géographie de l’Université Laval.

À son avis, il est «fallacieux» de dire qu’il ne faut pas se soucier des gaz à effet de serre, puisque les voitures seront électriques une fois le tunnel terminé.

«On sait que les voitures électriques, explique-t-elle, c’est exigeant sur le plan environnemental.»

En outre, la congestion routière risque de demeurer avec le troisième lien. «Les véhicules électriques, explique-t-elle, ça ne règle pas les problèmes de congestion, au contraire.»

La construction de nouvelles routes, rappelle-t-elle, encourage plutôt les automobilistes à employer davantage leurs véhicules.

Mme Vandersmissen est découragée par la tangente que prend la question des transports dans la capitale nationale. «On est en campagne électorale et on entend tellement de choses déraisonnables. [...] C’est de moins en moins sérieux.»

Dépassé

De son côté, Fanny Tremblay-Racicot, de l’ÉNAP, estime que Bernard Drainville tient des propos dépassés quand il dit que les études de circulation ne sont pas nécessaires.

«C’est la manière dont on a planifié le transport depuis les années 60, 70. Quand on a de la congestion, on augmente la capacité, mais ça a un effet pervers à moyen terme», souligne-t-elle.

Avant de se lancer dans les grands projets, dit-elle, il faudrait plutôt optimiser le réseau actuel et établir des transports en commun plus efficaces.

Génération suivante

Dominic Villeneuve est lui aussi découragé par les déclarations de Bernard Drainville. 

«Le troisième lien, ça répond aux besoins des gens qui se déplacent aujourd’hui», explique le professeur adjoint de transport et mobilité à l’Université Laval.

«Mais la génération suivante à laquelle moi j’enseigne au quotidien n’aspire pas à avoir un “char” et attendre dans la congestion avec. Elle aspire à avoir de vrais bons services de transport en commun et un réseau cyclable utile à l’année longue.»

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