Biden 2022: l’année de tous les dangers

AFP
Photo portrait de Luc Laliberté

Luc Laliberté

2022-01-02T22:08:08Z

Parmi les 81,268,92 électeurs qui ont voté pour Joe Biden en 2020, on ne se trompe pas beaucoup si on affirme que plusieurs d’entre eux, peut-être la majorité, l’ont fait en espérant un retour à une vie plus normale. Si on s’en remet aux nombreux sondages qui pointaient tous dans la même direction à la fin 2021, cet espoir légitime a été déçu.

L’administration Biden, qui se targuait d’être expérimentée et qualifiée n’est pas parvenue à livrer la marchandise, pas plus qu’elle n’a su mettre en lumière ses quelques réussites. Si le président promet de faire mieux et de ne pas baisser les bras, l’année qui débute pourrait être encore plus difficile.

Dans un premier temps, le variant Omicron donne des maux de tête à tous les dirigeants de la planète. Alors qu’il annonçait une victoire sur la pandémie en juillet 2021, Biden est maintenant pointé du doigt après ses plus récentes annonces sur ce front. Ce qu’il propose n’est pas mauvais, mais des experts jugent que les mesures sont trop timides. Ces mêmes experts que le président promettait d’écouter en 2020.

Peu importe que de nombreux gouverneurs, essentiellement républicains, soient aux abonnés absents, c’est vers le président qu’on se tourne quand on cherche un meneur en temps de crise. S’il tente de se faire rassurant, Biden ne parvient pas à convaincre et à rassembler.

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À la crise sanitaire, et tout près du sommet de la liste de défis de l’administration figurent les élections de mi-mandat. Si vous pensez que le 46e président n’avait pas les coudées franches au congrès en 2021, il pourrait bien perdre tout espoir de collaboration si les sondages sont fiables.

Que pourrait-on espérer d’une présidence démocrate et d’une majorité républicaine dans les deux chambres? Rien. Une fois de plus, on évoquera la sempiternelle polarisation. Si la répétition de l’expression est lassante, le phénomène atteint son paroxysme.

Je n’ai jamais lu autant d’auteurs sérieux qui évoquent la possibilité d’un coup d’État ou de la sécession. Trois généraux à la retraite ont publié une lettre dans le Washington Post, lettre dans laquelle ils confient leur crainte. Et si les dirigeants militaires oubliaient qu’ils doivent d’abord et avant tout être fidèles à la constitution? Tout ça au moment où l’armée peine à endiguer la montée de l’extrême droite dans ses rangs.

Parce que la constitution ne dit rien au sujet d’une procédure à suivre pour se retirer de l’Union, je ne redoute pas une sécession, les procédures étant trop longues et complexes. Par contre, si une voie politique et pacifique est sans issue, c’est une raison de plus pour craindre des débordements violents.

Comme si ce scénario ne suffisait pas à donner des frissons aux partisans de la démocratie, on soulignera plus tard cette semaine le triste anniversaire de l’assaut sur le Capitole. Un an après incident violent et disgracieux, les tribunaux n’ont pas encore terminé l’ensemble des procès qui y sont rattachés et toute la lumière n’est pas encore faite sur les circonstances entourant un incident dont on saisit mal toute l’ampleur.

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En politique intérieure, le portrait n’est donc pas réjouissant. Si on se tourne sur la scène internationale, on y perçoit difficilement des indicateurs d’un climat particulièrement serein.

Difficile d’être optimiste quand on observe les négociations sur le nucléaire iranien, l’attitude de Vladimir Poutine face à l’Ukraine ou encore les manœuvres du rival chinois.

Si l’horizon est sombre, Biden aurait un urgent besoin du soutien des troupes démocrates. Il me semble bien isolé de ce côté alors que des sénateurs brisent déjà les rangs pendant que des membres de sa formation politique, pas toujours très subtilement, préparent sa relève tout en souhaitant qu’il annonce son départ avant 2024.

Joe Biden rêvait de devenir président depuis bien longtemps. Il y est parvenu à sa troisième tentative, mais bien tard dans sa vie et dans sa carrière politique. Il avait lui-même évoqué la possibilité de n’être qu’un président de transition, l’homme de compromis qu’on utiliserait pour chasser Donald Trump.

Malgré sa vaste expérience, je suis convaincu que l’ancien sénateur et vice-président ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi difficile. La nouvelle année ne fait que débuter, mais elle s’annonce impitoyable. Au moment où l’ombre de son ancien adversaire plane toujours, Joe Biden doit se demander ce que l’histoire retiendra de son passage à la Maison-Blanche.

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