Bientôt grand-maman et un rôle marquant dans «Indomptables»: Une grande année pour Geneviève Rochette
«Indomptables» dès le 7 janvier 20 h à TVA, sur TVA+ et illico+
Marjolaine Simard
Cela faisait un moment que Geneviève Rochette n’avait pas occupé un rôle de premier plan dans une série, et c’est avec un réel plaisir qu’on la retrouve dans Indomptables. La comédienne, qui deviendra grand-maman pour la première fois en 2026, y incarne un personnage à la fois émouvant et complexe, un rôle comme elle en rêvait depuis longtemps. Elle nous parle d’Évelyne, cette femme marquée par un passé douloureux, mais aussi de sa propre réalité, heureuse et épanouie, auprès de son conjoint et de ses enfants, dont elle est profondément fière.
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On t’a beaucoup vue dans des rôles plus discrets ces dernières années, et là, tu nous reviens à la télé avec un gros rôle...
Oui, vraiment. À un moment donné, c’est ça, ce métier-là... On espère, on attend, on fait autre chose à côté. Cela dit, j’ai toujours travaillé comme comédienne, je ne peux pas me plaindre. J’ai vécu de mon métier. Mais recevoir un rôle comme celui-là, c’est vraiment un cadeau de la vie.

Qu’est-ce qui t’a séduite dans ton personnage?
Il y a énormément de matière. Évelyne vit beaucoup de choses. C’est un personnage complexe, avec un lourd passé, quelqu’un qui s’est reconstruit au fil des années. Il y a une grande richesse émotive et plein de sous-couches dans ce personnage. Quand Évelyne est arrivée dans ma vie, c’était du pur bonheur. La série en général aussi. On a une équipe hallucinante. Et les autrices... déjà, quand tu commences à lire un texte et que tu n’es pas capable d’arrêter, c’est un très bon signe.
Comment décrirais-tu Évelyne dans tes mots?
Indomptables se déroule dans un village fictif nommé Saint-Aubertin. Évelyne, quant à elle, vient de la ville. On va découvrir qu’elle a vécu quelque chose de très marquant au début de l’âge adulte. Un événement traumatique l’a poussée à fuir la ville avec sa fille, puis elle est tombée en amour avec un homme de la campagne, un cowboy au cœur tendre, Philippe Richer, incarné par Benoit Gouin. Elle a aussi embrassé son mode de vie. Elle a épousé cet univers-là, carrément. Elle a eu trois enfants avec Philippe et s’est reconstruite là-dedans, de tout son cœur.

Benoît Gouin joue ton amoureux. Parle-nous de votre dynamique...
Benoît et moi avions déjà joué un couple au théâtre, dans Anna sous les tropiques. Au théâtre, on développe souvent une intimité très organique, et nous avions donc déjà développé cette chimie. Quand on s’est retrouvés, il y avait déjà quelque chose de d'installé. Je retrouvais aussi Marianne Fortier, qui incarne ma fille Samuelle. Je la connais depuis longtemps, puisqu’elle interprétait une gardienne dans La galère. Émile Ouellette, qui pour sa part incarne un de mes fils, Paul, je connais très bien ses parents et j’ai incarné sa professeure dans Virginie. Il y a quelque chose de très beau à se retrouver comme ça, à les voir grandir à l’écran.

On va découvrir en cours de saison que le passé d’Évelyne finit par la rattraper...
Oui. Ce passé est très sombre, et il vient la confronter. Il révèle beaucoup de choses, notamment son grave problème d’alcool. C’est sa faille. Quand ç'a été très dur dans sa vie, elle s’est accrochée à la bouteille. Et, on le sait, quand on est alcoolique, c’est quelque chose qui nous taraude toujours. Sans compter que sa fille la plus âgée, issue d’une relation précédente, a disparu depuis de nombreuses années. Cette absence, elle la porte comme un boulet, un deuil immense.

Tu as justement écrit un roman intitulé Ofialo où tu évoques le deuil. Est-ce que ton vécu personnel a nourri ton jeu?
C’est sûr que ces choses-là nous habitent. J’ai perdu des gens très importants dans ma vie, dont ma grand-mère guadeloupéenne, que j’aimais beaucoup et qui est centrale dans mon roman. Peu de temps après, ma mère et ma sœur sont aussi décédées. J’ai vécu de nombreux deuils très rapprochés, et j'ai enterré ces personnes en Guadeloupe. Puis j’ai fait la rencontre d’un comédien guadeloupéen qui travaille beaucoup autour du deuil grâce au théâtre de guérison. Il m’a initiée à la veillée funéraire comme manière de se réconcilier avec nos morts.
Dirais-tu que tu accueilles la mort différemment grâce à ce travail de réconciliation?
Oui, vraiment! En fait les morts nous habitent et il y a une réconciliation lorsqu’on apprend à les côtoyer comme ça. Donc, pour répondre à ta question, on retrouve des états du deuil en jouant. C’est ça, le travail du comédien: être capable de se remettre dans un état sans que ça nous détruise. Il faut qu’il y ait une fin, quand même.
Ta vie personnelle est aussi en pleine effervescence. Tu vas devenir grand-mère, puisque ta fille attend un enfant...
Oui! Ma fille Kim est enceinte, elle accouche fin mars. Dans tout ce qui m’arrive, ça, c’est une immense joie. C’est extraordinaire! Quand j'y pense, je suis remplie d’amour — et quand je pense que le prochain Noël, on va le passer avec un nouveau tout petit enfant dans la famille, je capote et mon chum aussi! Ça va nous ramener à la magie des fêtes comme lorsque nos enfants étaient petits.
Tes enfants ont-ils hérité de ton côté artistique?
Ma fille écrit. Elle va sortir un recueil de poèmes bientôt. Elle a habité aux îles de la Madeleine. C’était plus loin, mais elle habite maintenant à Sherbrooke, ce qui nous réjouit, car on pourra se voir plus facilement. Elle est en éducation spécialisée. Mon fils Victor, quant à lui, travaille sur des plateaux de tournage comme assistant. Il aimerait faire du cinéma. Il a travaillé entre autres sur des séries comme Un gars, une fille, Inspirez expirez et sur une production Disney tournée ici. Il a lâché ses études pour toucher à tout ça. C’est certain que j’étais réticente au début, mais je sais qu’il y a toutes sortes de chemins. À un moment donné, j’ai décidé de lui faire confiance. C’est un gars de terrain, très actif. Il va chercher de beaux contrats.

Il semble que tu es toujours aussi amoureuse de ton conjoint Antonello Cozzolino...
Ça fait 23 ans que nous sommes ensemble et nous sommes toujours aussi amoureux. À la maison nous vivons une belle vie toute simple. Et comme pour plusieurs Italiens, la nourriture est importante pour lui. Je pourrais même dire que les talents culinaires de mon chum font de ma cuisine une des meilleures tables de Montréal. (rires)
L’as-tu rencontré dans le cadre de ton travail?
Pas du tout. Et c’est fou quand j’y pense, parce que je l’ai connu très jeune, j’avais 14 ans. À l’époque, le grand ami d’Antonello m’avait invitée à son bal de finissants. J’étais vraiment une toute jeune adolescente, lui, avait deux ans de plus que moi. Quand j’ai vu ce grand gars de 16 ans arriver, j’ai été complètement sous le charme. Je le trouvais tellement beau! On peut vraiment parler d’un coup de foudre. On a ensuite partagé le même cercle d’amis à l’adolescence, puis chacun a vécu de longues relations de son côté. Et un jour, la vie nous a remis sur la même route. Depuis, on vit une très belle histoire.
Tu poursuis aussi des études en parallèle. Est-ce que ça a demandé des ajustements avec l’arrivée de tournages plus intenses?
Oui, c’est sûr. Je l'ai su en juin dernier. Ça m’a laissé peu de temps. Mais, en même temps, je commence un doctorat, et rendu à ce niveau, on peut aménager les choses. Dans ce métier, on a de grandes périodes de travail, puis des périodes plus calmes. Il faut apprendre à les utiliser. On a fini de tourner Indomptables le 8 novembre dernier. Ma fin de session se présentait en même temps, alors je ne cacherai pas que ç’a été tout de même très intense. J’avais quand même des travaux à remettre. Le doctorat, c’est une coche au-dessus, mais en même temps, c’est le fun, parce que ce sont nos intérêts qui sont mis de l’avant.
Tu as donc une certaine passion pour les études...
J’aime étudier, j’ai toujours aimé ça. Au début, je le faisais vraiment en dilettante. Puis, de fil en aiguille, avec le temps, je me suis rendue plus loin et encore plus loin. Après un gros rôle, il y a souvent une période de purgatoire parce qu’on nous a beaucoup vu. Moi, j’en ai profité pour retourner aux études. Je pense qu’il faut se nourrir. Si on attend seulement de travailler, ça peut devenir long. Cultiver des intérêts, ça nourrit aussi nos personnages, comme celui d’Évelyne.