Blanchet redoute que les libéraux écourtent encore les débats parlementaires

Émilie Bergeron
Le chef bloquiste Yves-François Blanchet dénonce l’exercice «farfelu» d’avoir accolé un vote de confiance à l’adoption, dans la nuit de mardi à mercredi, du projet de loi C-4 sur les prestations post-PCU et craint que le gouvernement Trudeau prenne l’habitude d’écourter les débats parlementaires.
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«Si on commence à adopter les différentes lois nécessaires pour la mise en œuvre de la vacuité du discours du Trône de façon accélérée et avec des baillons, n’est-ce pas qu’il y a parmi les scénarios envisagés par le gouvernement celui de recommencer l’exercice [...] de fermer de nouveau le Parlement?» a-t-il lancé en point de presse, mercredi.
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Le projet de loi sur les prestations de relance économique (PCRE) de 500 $ par semaine devant donner suite à la PCU a été adopté à l’unanimité par la Chambre des communes, au petit matin, mercredi.
Les libéraux de Justin Trudeau ont toutefois écourté à quatre heures et demie le temps imparti aux débats parlementaires, avec l’appui «à reculons» du Nouveau Parti démocratique (NPD).
M. Blanchet estime que les troupes libérales engendrent «la normalisation d’un raccourci» et que leur décision de précipiter un vote de confiance signale qu’ils jonglent avec l’idée de suspendre à nouveau les travaux parlementaires, avec la complicité du NPD.
«Pourquoi? Pour continuer à faire ce qu’ils veulent en ne rendant de compte à personne, a dit le chef du Bloc québécois. Il n’y a pas un grand respect pour la démocratie au sein du gouvernement et il y a une forte tentation, on le voit bien, à instrumentaliser une pandémie gravissime au bénéfice du Parti libéral du Canada.»
Le leader parlementaire du gouvernement, Pablo Rodriguez, a plutôt fait valoir qu'un vote de confiance a été associé au projet de loi C-4 parce que celui-ci se retrouve au coeur de la stratégie libérale pour limiter les dégâts de la COVID-19.
Les bloquistes ont appuyé le projet de loi C-4, tout comme les élus des autres partis, mais considèrent que la mesure législative aurait pu être étudiée sur deux semaines, avec l’analyse habituelle en comité.
Les conservateurs ont aussi dénoncé la limitation du temps d’étude même s’ils ont voté pour le C-4. Leur leader Erin O'Toole, prononcera son premier discours en Chambre depuis qu'il a été élu chef, mercredi, afin de répondre formellement au discours du Trône.
Encore des milliards $ jusqu'à la fin décembre
Les libéraux souhaitent que le C-4 devienne force de loi avant la fin de la journée de mercredi puisque c’est à ce moment que vient à échéance son pouvoir extraordinaire de dépenser en temps de pandémie. Le projet de loi, sur lequel se penchera le Sénat, prévoit l’autorisation de dépenser jusqu’à 17 milliards $ jusqu’au 31 décembre.
La ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, a précisé mardi soir que les coûts associés aux PCRE et aux changements à l’assurance-emploi totalisent désormais 34 milliards $, soit cinq milliards de plus qu’initialement. En août, le gouvernement prévoyait 29 milliards $ en annonçant ses intentions, mais une bonification des prestations a depuis été faite et l’accès à des congés de maladie payés a été élargi au terme d’une entente avec le NPD.
Les inscriptions aux PCRE devraient débuter le 12 octobre pour les prestations rétroactives au 27 septembre, date à laquelle la PCU a pris fin.