Brigitte Lafleur et Ève Salvail, la complicité qui a marqué «Indéfendable»

«Indéfendable» du lundi au jeudi, 19 h, à TVA et sur TVA+

Marjolaine Simard

2026-01-22T11:00:00Z

Elles ne se connaissaient pas avant Indéfendable, mais dès leurs premières scènes, la chimie était évidente. À l’écran, Brigitte Lafleur et Ève Salvail ont donné vie à une histoire d’amour aussi dérangeante que bouleversante. Hors caméra, leur rencontre révèle une complicité sincère, nourrie par la confiance, l’admiration et le plaisir de jouer ensemble.

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On a découvert vos personnages à l’automne 2024 dans Indéfendable. Ève, tu incarnais une détenue et Brigitte, son agente correctionnelle. Votre histoire d’amour a profondément marqué les téléspectateurs. Plus d’un an plus tard, votre duo était de retour dans la série. Avec le recul, qu’est-ce qui vous habite encore quand vous repensez à cette intrigue?

Brigitte Lafleur: Ce qui me frappe encore, c’est l’ampleur des réactions qu’a suscitée cette relation... et à quel point l’intrigue a fait dérailler mon personnage, Isabelle Ouimet. C’est une agente correctionnelle très droite qui, à quelques jours de sa retraite, a tout risqué pour la détenue Marleen Saulnier, dont elle est tombée follement amoureuse. Elle a organisé une évasion avec Marleen, dans le but de fuir le pays et de recommencer leur vie à l’étranger. Évidemment, les deux femmes se sont fait pincer.

Ève Salvail : Marleen était présentée comme une détenue trash atteinte d’un cancer, accusée d’un double meurtre commis 15 ans plus tôt. Le public a bien vu sa capacité à manipuler et à séduire Isabelle. Mais je pense qu’on a aussi perçu qu’il y avait quelque chose de vrai, de profondément sincère. Je pense qu’elle aimait vraiment Isabelle.

B.L.: Ève et moi, on s’est un peu raconté l’histoire de ces deux femmes. Le texte ne disait pas clairement si Marleen manipulait complètement Isabelle ou si elle l’aimait réellement. Rien n’était jamais vraiment clair, ni pour nous, ni pour le public. Même aujourd’hui, on peut encore se poser la question. De notre côté, on l’a plutôt joué comme une véritable histoire d’amour.

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La fin du premier segment de l’automne 2024 a laissé tout le monde en suspens, avec Marleen de retour derrière les barreaux et Isabelle en liberté sous caution...

B.L.: Une fois arrêtée, Isabelle s’est fait passer pour la victime. Elle a fait croire à Maître Lapointe (Michel Laperrière) qu’elle avait été prise en otage par Marleen. Mais on a rapidement compris qu’elle avait elle-même orchestré une bonne partie de l’évasion. Marleen s’est sentie trahie. Moralement, c’était très trouble, et c’est ce qui rendait l’histoire si forte.

En effet, au départ, Isabelle pensait pouvoir s’en sortir...

B.L.: Oui, elle croyait encore pouvoir s’en sortir avec sa version des faits, mais plus le temps passait, plus les preuves s’accumulaient contre elle. Isabelle savait qu’elle allait probablement finir en prison et pour une agente correctionnelle, c’est une peur viscérale. Elle a donc choisi de fuir au Costa Rica, laissant derrière elle son travail, ses proches... et Marleen. La carte postale envoyée à maître Lapointe a finalement confirmé qu’elle était plus coupable qu’on l’imaginait.

È.S.: Marleen a regagné sa cellule gravement malade. Je l’ai jouée comme une femme trahie, malade et en peine d’amour, pas seulement comme une criminelle.

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B.L.: Ève et moi avons eu un plaisir fou à tourner les scènes en cavale, car c’était aussi la dérape totale. Après l’encadrement extrême du milieu carcéral, il y avait la liberté, l’excès, le road trip. Même pour Isabelle, qui était pourtant légalement libre, c’était une aventure vertigineuse. Ça offrait énormément de matière sur le plan du jeu.

Ève, cette intrigue marquait aussi ta première véritable expérience comme actrice...

È.S.: J’étais extrêmement nerveuse. Je venais du mannequinat, je découvrais le vocabulaire d’un plateau de tournage, je devais mémoriser mes lignes et jouer des scènes violentes, alors que je ne suis pas du tout comme ça dans la vie. Brigitte a été un pilier pour moi dans cette aventure.

B.L.: Ce qui m’a impressionnée, c’est que tu n’avais aucune gêne à dire: «C’est ma première fois, je ne comprends pas tout!»

È.S.: Et toi, tu m’as rassurée mille fois. J’étais hyper nerveuse, je n’ai presque pas mangé pendant deux jours avant le tournage. Je voulais mourir de stress.

B.L.: Je te comprends... Si je devais faire du mannequinat, je capoterais!

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È.S.: Je me rappelle que dans la scène où Isabelle pleurait dans une chambre d’hôtel, instinctivement, j’ai voulu consoler Brigitte. Ça me touchait vraiment, comme si elle avait réellement de la peine.

B.L.: Ève est mannequin, elle a l’habitude d’être regardée. Il y a chez elle quelque chose de déjà très acquis. On sentait qu’elle ne partait pas de zéro. De l’extérieur, on aurait cru qu’elle faisait ça depuis toujours, alors que le personnage était complexe, risqué, presque casse-gueule. Et elle y est allée sans retenue.

È.S.: J’avais le droit de laisser sortir un côté violent et fou de moi. J’ai adoré ça!

B.L.: Tu n’as pas seulement joué l’intense un peu folle, tu étais constamment dans l’action! Et ça, c’est extrêmement exigeant comme acteur. Tu étais souvent celle qui frappait, qui jetait les autres contre les murs, et tu l’as fait avec une grande justesse. Moi, je te lève mon chapeau!

Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

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À l’écran, votre complicité était évidente. Pourtant, vous ne vous connaissiez pas avant le tournage...

È.S.: Non, pas du tout. Mais dès qu’on m’a dit que Brigitte Lafleur jouerait ma partenaire, j’ai su que tout serait parfait. Dans la vraie vie, je suis gai et j’aime les filles un peu plus petites que moi... Brigitte était exactement mon genre! (rires) Et je te jure, à chaque scène, je me disais: «Wow, elle est tellement bonne!» Ça rendait tout plus facile, parce qu’elle était complètement dans la peau de son personnage.

B.L.: Il y avait une admiration mutuelle dès le départ. Quand tu respectes l’autre et que tu te sens en sécurité, tout devient plus simple. Ça a cliqué immédiatement!

È.S.: Tu es ma deuxième blonde préférée, après la «vraie» mienne! (rires)

Vous vous êtes donc retrouvées un an plus tard pour conclure l’histoire, qui vient tout juste d’être diffusée...

È.S.: J’étais vraiment heureuse qu’on boucle la boucle. Le public avait besoin de savoir ce qui arrivait à Marleen. On a découvert qu’elle était toujours en vie, mais qu’elle vivait ses derniers moments, après une dure lutte contre le cancer.

B.L.: Isabelle est rentrée au pays parce qu’elle n’arrivait plus à vivre avec la fuite, la solitude, la culpabilité... Elle a choisi de renoncer à sa liberté pour être auprès de celle qu’elle aime durant ses derniers jours. Cette scène-là, c’est une histoire d’amour tragique. C’était très bouleversant de retrouver Ève et son personnage ainsi.

È.S.: Cette histoire aurait pu être magnifique... si elle n’avait pas été aussi brisée.

Et maintenant, quels sont vos projets?

B.L.: Je répète actuellement la pièce Tout sur le sexe, écrite par Laurent Paquin et Simon Boudreau, et mise en scène par Serge Denoncourt. C’est intelligent, hilarant et complètement éclaté. On joue tout l’été à Drummondville.

È.S.: J’ai vraiment eu la piqûre du jeu. J’ai passé quelques auditions, on verra ce que l’avenir me réserve. Je travaille aussi comme intervenante en toxicomanie et j'ai l'honneur d'être maintenant porte-parole des centres de traitement en dépendances (alcoolisme et toxicomanie) des Maisons Péladeau. Je serai présente sur les réseaux sociaux avec des capsules vidéo éducatives qui déstigmatisent la dépendance et qui offrent des ressources aux dépendants comme aux proches. Je vais répondre à des questions comme «Qu’est-ce que je peux faire pour aider quelqu’un que j’aime qui a un problème de dépendance?» C’est un projet qui me tient à vraiment à cœur.

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