Exemption du couvre-feu pour les itinérants: «C'était de profiter de la misère du monde»

Photo portrait de Guillaume Cyr

Guillaume Cyr

2021-01-28T18:41:21Z

Soupir de soulagement dans le milieu de l’itinérance après la décision de la Cour supérieure du Québec de suspendre l’application du couvre-feu pour les personnes itinérantes. 

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Michel Bujold en avait long à dire sur le sujet. On l’a rencontré mercredi alors qu’il se dirigeait vers la halte-chaleur, dans le Vieux-Port de Montréal, où se tenait une manifestation pour dénoncer la supression de 11 postes d’intervenants à l’Accueil Bonneau.

«Les gens s'achètent des animaux "astheure" parce qu'ils peuvent se promener [à l’extérieur après les heures du couvre-feu] avec des animaux (...) Ça brime nos droits et libertés», a-t-il lancé. 

Il nous raconte qu’un de ses amis itinérants aurait reçu deux contraventions de 1600$ en lien au couvre-feu. 

Pour lui, l’application du couvre-feu aux sans-abri était une manière «de profiter de la misère du monde». 

Mathilde Laforge, l’une des intervenantes psychosociales dont le poste a été supprimé par l'Accueil Bonneau, était elle aussi soulagée de l’exemption du couvre-feu pour les itinérants. 

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«La fin de semaine qui a suivi la mise en place du couvre-feu, quatre personnes auraient reçu des contraventions, dont une personne qui en aurait reçu deux: une à 8h15 et l’autre à 4h45.»

Soulagement aussi pour Étienne et Charles Daguy, qui ont déjà vécu dans la rue. 

«Le monde respire plus. Ils sont moins obligés d’aller à l’hôtel Place Dupuis [transformé en refuge pour itinérants]. C’est des gens qui sont habitués de vivre à la rue et qui savent où aller», a soutenu Étienne, qui ne vit plus dans la rue depuis maintenant un an et demi.

Olivier Barette-Vella partage son temps entre des appartements et la rue. Il croit que la suspension de l’application du couvre-feu pour les sans-abri va «faire du bien» à cette population fragilisée.  

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