Campagne des conservateurs: «Tenir tête à Trump dans une position de force»

Photo portrait de Patrick Bellerose

Patrick Bellerose

2025-03-23T16:02:02Z

Le chef conservateur, Pierre Poilievre, a été le premier à lancer sa campagne électorale dimanche en liant Mark Carney au bilan des libéraux fédéraux. Son gouvernement, plaide-t-il, permettrait de tenir tête au président Trump.

• À lire aussi: EN DIRECT | Des élections fédérales déclenchées aujourd’hui par Mark Carney

Avant même la dissolution du Parlement, le chef conservateur a lancé sa campagne depuis la ville de Gatineau.

Après «les décennies perdues des libéraux», Pierre Poilievre propose aux Canadiens de mettre «le Canada d’abord».

Son gouvernement, promet-il, permettra de développer une «économie forte pour tenir tête à Donald Trump dans une position de force».

D’entrée de jeu, Pierre Poilievre a tenté de lier le nouveau chef libéral, Mark Carney, à son prédécesseur, Justin Trudeau.

Carney était le «conseiller économique» de M. Trudeau, a-t-il rappelé. Les élus et ministres qui l’entourent sont également les mêmes que sous le règne libéral, a souligné le leader conservateur. Ceux-ci, rappelle-t-il, demandent un quatrième mandat.

Parmi ses priorités, Pierre Poilievre a rappelé les grands thèmes martelés par son parti depuis plus d’un an: réduction de l’immigration, sécurité des frontières, lutte contre la criminalité, appui aux énergies fossiles, etc.

Publicité

L’ombre de Trump

Les électeurs canadiens seront appelés aux urnes le 28 avril prochain, au terme d’une campagne de 37 jours.

Au cours de ces cinq semaines, l’ombre du président américain planera sur les conversations, avec ses nombreux tarifs douaniers et ses menaces d’annexion.

D’ailleurs, plusieurs questions des journalistes, au premier jour de la campagne, ont porté sur les similitudes entre le discours de Pierre Poilievre et celui de Donald Trump.

Si l’approche est similaire, le Parti conservateur du Canada (PCC) souhaite mettre en place ces politiques pour favoriser le Canada, plaide M. Poilievre. «Quand je dis que je veux couper les taxes et les impôts pour ramener nos emplois ici et favoriser nos travailleurs, c’est pour les Canadiens. Ce n’est pas pour les Américains que je fais ça», a-t-il illustré.

«Quand je veux exploiter nos ressources naturelles, bâtir des pipelines, c’est au désavantage de Donald Trump, qu’on fasse ça, mais c’est à notre avantage», a-t-il ajouté, puisque les énergies fossiles prendraient la route de l’Europe ou de l’Asie plutôt que celle du sud de la frontière.

Reste que, malgré leur volonté de se distinguer du voisin américain, le slogan des conservateurs, Canada First, rappelle fortement le discours du président MAGA, avec sa politique America First, en matière de commerce international.

Publicité

Inverser la tendance

Pour les conservateurs, la campagne électorale sera l’occasion d’inverser la tendance.

Après avoir dominé les intentions de vote face à un Justin Trudeau impopulaire, les troupes de Pierre Poilievre ont vu leurs appuis décliner depuis l’arrivée de Mark Carney sur la scène fédérale.

Les conservateurs sont désormais pratiquement au coude à coude avec les libéraux, avec une légère avance de 3%, selon les résultats d’un sondage Abacus rendus publics dimanche (PCC: 39%, PLC: 36%).

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) traîne loin derrière, à 12%.

Au Québec, les libéraux ont la faveur du public, à 37%, contre 28% d’appuis pour le Bloc Québécois. L’équipe de Pierre Poilievre peine à séduire les Québécois, avec 18% d’intentions de vote.

Le NPD et les verts sont en queue de peloton, à 7% chacun au Québec.

À ce jour, en cumulant les récents sondages, l’outil de projection du site web 338Canada donne la victoire aux libéraux, avec 178 sièges, contre 131 pour les conservateurs.

Les partis ont besoin de 170 sièges pour obtenir un gouvernement majoritaire à Ottawa.

Publicité