Cancer du sein: 10 histoires vraies de femmes d’ici

Clin d'oeil

2023-09-28T22:55:00Z

Ce mois-ci, dans votre magazine Clin d’œil disponible depuis le 28 septembre, découvrez les témoignages émouvants, touchants et parfois même bouleversants de femmes ayant reçu un diagnostic de cancer du sein.

Pexels
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Sarah Bertrand, 29 ans, en attente du diagnostic

J’ai appris la nouvelle quelques jours après mes 29 ans, le 17 juillet dernier. 

À ce moment-là, ma première réaction a été de me dire «ce n’est pas possible, qu’ai-je fait pour mériter ça?» On ne s’attend pas à recevoir cette nouvelle un jour dans sa vie, et surtout pas à un si jeune âge. Mon cœur s’est effondré, la peur m’a frappée de plein fouet. Mais je me dis qu’il y a de la beauté derrière chaque noirceur, et j’ai hâte de découvrir l’apprentissage derrière ce cadeau mal emballé. Une porte rose pour redécouvrir la vie autrement. En attendant, je reste active et malgré la fatigue, je continue de m’entraîner plusieurs fois semaine. L’inconnu peut être terrifiant, mais au-delà de la maladie, je crois que c’est un véritable cheminement personnel qui nous attend, pour déployer l’amour de soi. Gardons espoir en des jours meilleurs et lumineux! 

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Marie Goyette, 32 ans, stade 4

En 2016, j'ai appris que j'avais un cancer du sein de stade 2 et j'ai tout de suite pensé à mon nouveau conjoint, à ma famille. Quand on reçoit l'annonce, ça fait souvent déjà plus d'un mois qu’on l’attend donc j'étais à moitié préparée, disons. Quatre ans et 11 mois de rémission plus tard, le stade 4 a sonné à ma porte sans que je m'y attende cette fois-ci. Le choc a été plus brutal.

Aujourd'hui, j'essaie de voir la maladie comme un compagnon de vie, certes indésirable, mais qui ouvre grand les yeux! Je prends encore plus soin de moi, avec des petites attentions qu'on néglige trop en tant que femme! Et la nature me fait du bien à l'âme.

J'aimerais dire aux femmes de tout âge d'être vigilantes, personne n'est à l'abri. Un diagnostic précoce aurait fait une différence dans mon cas. Merci de prendre le temps de souligner toutes ces femmes!

Marilyn Larente, 36 ans, en rémission

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Je suis en rémission d’un cancer du sein après 2 chirurgies, une chimiothérapie et un début d’hormonothérapie. J’ai appris mon cancer le 22 décembre 2022, Stade 2, alors que mon conjoint médecin gérait des patients à l’urgence et que j’étais moi-même gestionnaire dans le réseau de la santé. Je me suis présentée entre deux réunions à ma première mammographie après avoir trouvé une petite masse et le diagnostic est tombé. J’ai tout de suite pensé à mes enfants et c’est vrai qu’aujourd’hui, une quiétude de vie s’est envolée. Cependant, je suis beaucoup plus dans l’appréciation du moment présent. Il y a des jours où la colère prend le pas, d’autres où je me dis que j’avais à tirer beaucoup de cette épreuve. Mes filles de 9 et 3 ans ont aussi compris le sens des mots courage, résilience et gratitude. J’ai fait mon jogging tous les jours malgré la chimiothérapie, et j’ai continué le cross fit pendant les traitements. Ç’a été MON traitement adjuvant autant physique que psychologique. Si vous me lisez : entourez-vous d’amour. J’en ai été submergée et ce tsunami de soutien m’a fait réaliser à quel point j’avais tout pour continuer.

Valérie La Madeleine, 41 ans, guérie

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Le 3 août 2022, j’ai appris que j'étais atteinte d'un cancer du sein droit; un carcinome canalaire infiltrant au stade 1-2 grade 3. J'ai subi 16 traitements de chimio neo-adjuvants sur 6 mois et le 1er mars dernier, j'ai subi une double mastectomie avec reconstruction et retrait de 3 ganglions sentinelles qui se sont avérés négatifs. On m'a dit que j'étais "guérie". La première chose que je me suis dite après le diagnostic c’est «Ah non, pas comme ma mère, qui est décédée du cancer du sein à 41 ans... Je me suis effondrée 3 minutes puis j'ai dit "parfait, on commence le combat quand?"». Aujourd’hui, je me dis que j'avais quelque chose à apprendre de ça, et ça m'a rapprochée de ma famille et de mes amis. Soyez attentive aux signes que votre corps vous envoie. C'est important de s'écouter et de consulter. Aussi – et surtout – profitez de la vie!

Jacinthe Hamelin, 42 ans, stade 1

J'ai senti une masse dans mon sein gauche en lisant un livre dans mon lit, le 14 avril dernier. Le 8 mai, le diagnostic tombait: cancer du sein gauche stade 1 hormonodépendant sans atteinte des ganglions. J’ai subi une mastectomie partielle le 1er juin et je suis en attente d'une 2e chirurgie pour une reprise de marges. Je vais commencer des traitements de radiothérapie puis la prise de bloqueurs d'hormones. 

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Le pire jusqu’à présent a été l'attente du résultat de la biopsie, car avec la mammographie et l'échographie, on savait déjà que c'était un cancer, mais à quel stade? J'ai magasiné les salons funéraires, les perruques, les prothèses mammaires...

J'ai imaginé le pire pendant plusieurs semaines, mais finalement, j'ai le meilleur des scénarios. La maladie est là et je n'ai pas le contrôle sur elle. Je ne peux que continuer à vivre et suivre la vague. Je fais ce que les spécialistes me suggèrent et je profite de la vie. Pour ma santé mentale, je bouge, je danse, c'est un besoin depuis toujours et encore plus maintenant. Je n’essaie pas de comprendre pourquoi le cancer m’est arrivé à moi.

La frustration ne mène nulle part. Je concentre mon énergie uniquement sur l'essentiel. 

Mélissa Latty, 44 ans, stade 3

Je suis maman de deux beaux enfants, Meredith 5 ans et Julien 17 mois. J'ai découvert une bosse dans mon sein droit lorsque Julien avait environ 6 mois, et j'ai reçu le diagnostic du cancer la journée de ses un an, après avoir vécu 2 fausses couches... en pleine pandémie. J'ai un cancer du sein, carcinome infiltrant, hormonaux dépendant, HER2 positif, stade 3 et grade 3. Je venais tout juste de retourner au travail à la suite de mon congé de maternité. J'ai commencé la chimiothérapie le 31 mars dernier et je viens de la terminer. J'aurais par la suite une mastectomie totale et le retrait des ganglions. C'est loin d'être fini pour moi, mais j'y crois! Mes enfants me donnent le courage de me lever tous les matins et mon chum est le meilleur conjoint de l'univers! C'est un marathon, et ce n'est pas facile tous les jours, mais il faut garder le moral!

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Caroline Croteau, 45 ans, en voie de rémission

Le 7 septembre 2022, j’apprenais qu’un crabe sournois avait élu domicile dans mon sein gauche. À l’annonce des mots ‘cancer de stade 3’ je n’y croyais pas, d’autant plus qu’une mammographie passée 9 mois plus tôt n’avait rien révélé. L’incrédulité a vite fait place à la tristesse et après quelque temps, je me suis dit que ce serait toute une épreuve, mais que j’allais passer à travers. Ce qui a été salutaire dans mon parcours, c’est de continuer à bouger, d’accepter les petites attentions et l’aide qu’on m’offrait et de m’entourer de professionnels pour ma santé physique et psychologique. Aujourd’hui, bien que le cancer fasse désormais partie de mon histoire, les cicatrices et séquelles en étant témoins, je suis reconnaissante, car mon histoire se poursuit, grâce aux soins reçus et au soutien de mes proches qui m’ont si bien entourée. Je souhaiterais faire disparaître cette maladie d’un coup de baguette magique, mais puisque la vie est plus complexe qu’un conte de fées, j’aimerais dire aux femmes ayant reçu ce diagnostic que les traitements ont beaucoup progressé et que la lumière finit par émerger à travers la tempête. 

Jacinthe Veilleux, 64 ans

J'ai été diagnostiquée en 2020 à 61 ans, en pleine pandémie. Ouf que ça n'a pas été facile cette annonce, surtout que mon mari n’avait pas le droit de m'accompagner à l'hôpital, il devait attendre dans l'auto. J'ai été opérée le 25 novembre 2020 pour un cancer in situ, mais la pathologie a révélé un autre cancer un infiltrant, donc j'ai dû être réopérée pour enlever des ganglions sentinelles le 30 décembre 2020. J'ai reçu 15 traitements de radiothérapie au mois de mars 2021 et un mois après, j'ai commencé l'hormonothérapie (bloqueurs d'hormones) qui durera jusqu’en 2026. Ça fait présentement 21/2 ans et je vais bien. Il faut garder espoir.

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Diane Ducharme, 67 ans, en rémission

J’ai été diagnostiquée avec un premier cancer dans le sein gauche en 2016 à 60 ans, alors que j’étais à une semaine de la retraite. Je me suis sentie comme dans la fameuse annonce publicitaire, celle où la personne bascule vers l’arrière avec sa chaise. Une claque dans le front. En 2019, on m’a diagnostiqué un second cancer dans le sein droit.

Malgré tout, je me sens chanceuse dans ma malchance, puisque la maladie aide à lâcher prise et à apprécier ce qu’on a. Il y a toujours du positif dans le négatif. Ma famille est ce qui m’aide le plus à traverser cette épreuve. Et je continue à suivre mes cours de danse! Je me dis que tant que je suis capable, lets go! Garder le moral et faire preuve de positivisme sont le meilleur des médicaments. 

Nancy Demers, 50 ans

Mon histoire n’est pas très différente de toutes les femmes atteintes du cancer du sein, à ceci près qu’on peut dire que je suis «double survivante». En juillet 2020, mon cœur décide de me lâcher soudainement, sans avertissement — je n’avais aucun antécédent cardiaque. J’ai fait un arrêt cardio-respiratoire d’une durée de 5 minutes. Je n’ai aucune séquelle physique de cet événement (merci aux merveilleux paramédicaux!), mais ce traumatisme m’a laissée avec une anxiété difficile à gérer. La peur de mourir s’installe sournoisement et dicte la plupart de mes comportements pendant un peu plus d’un an... jusqu’au verdict de cancer du sein, le 18 mars 2022. On m’apprend que j’ai une tumeur au sein gauche, et que je devrai subir plusieurs traitements. Chirurgie partielle, 20 traitements de radiothérapie, hormonothérapie pendant 5 ans, etc.

Quand on a un cancer, on est rapidement pris en charge. Tout de suite, on a «un plan de match», on embarque dans la machine et on fait ce qu’il faut pour «sauver notre peau». Étrangement, ce cancer m’a permis d’oublier ma peur, quotidienne, de mourir d’une crise de cœur. C’est un peu bizarre à dire, mais le cancer m’a permis de comprendre que j’étais encore en vie. Et que j’avais encore bien des choses à vivre! Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini!

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