Carney doit secrètement remercier Donald Trump

Le chef libéral a connu un début de campagne difficile

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Photo portrait de Guillaume St-Pierre – analyse

Guillaume St-Pierre – analyse

2025-03-27T04:00:00Z

Le président Donald Trump saute à deux pieds joints dans la campagne fédérale en s’attaquant à l’industrie automobile canadienne avec d’importants tarifs qui résonneront comme un coup de massue sur notre économie.

Le facteur Trump a mis quatre petites journées à s’imposer dans la campagne électorale fédérale expresse qui prendra fin le 28 avril prochain. Mark Carney doit secrètement l’en remercier, même si la nouvelle ne réjouit personne.

On attendait déjà l’annonce de tarifs réciproques la semaine prochaine. Trump a pris tout le monde de court comme il aime si bien le faire avec l’annonce de droits de douane sur l’automobile, une industrie intimement intégrée entre le Canada, le Mexique et les États-Unis.

Parler au président américain

Le choc est tel que le premier ministre Carney pense maintenant qu’il serait temps de parler au président de vive voix.

Donald Trump, qui s’amusait à insulter Justin Trudeau à tour de bras, n’a pas encore reconnu l’existence de M. Carney, qui lui, n’était pas pressé de s’entretenir avec le président non plus.

L’annonce des tarifs sur un secteur aussi crucial que l’automobile par Donald Trump change la donne.

« Je pense qu'il serait approprié que le président et moi nous parlions, étant donné la décision qu’il a prise », a commenté M.Carney.

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D’un point de vue bassement politique, la sortie de l’impétueux président avantage à première vue Mark Carney, qui a connu un début de course difficile, particulièrement au Québec.

La crise lui permet de revêtir l’habit de premier ministre, un rôle qu’il préfère de loin, visiblement, à celui de chef libéral et candidat.

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Il ne doit pas être malheureux d’avoir reçu les bons mots d’un des politiciens les plus puissants du pays, Doug Ford, qui vient de remporter une troisième écrasante majorité.

« Je me suis entretenu avec le premier ministre Carney. Nous sommes d’accord que le Canada doit rester ferme, fort et uni. Je soutiens entièrement le gouvernement fédéral dans sa préparation de tarifs de représailles pour montrer que nous ne reculerons jamais », a-t-il commenté.

Question de l’urne

Mark Carney avait vu juste en annonçant hier matin 2 G$ pour stimuler la compétitivité de l’industrie automobile canadienne.

Pierre Poilievre semble moins enclin à parler du facteur Trump, lui qui a surtout fait le procès des années libérales en ce début de campagne.

Selon les sondages, l’électorat est déchiré par rapport à l’éventuelle question de l’urne.

Un coup de sonde Léger indique que 36 % des Canadiens estiment que la question de l’heure est l’identité de la personne qui fera face à Trump, tandis que 33 % pensent que l’élection doit déterminer qui est le mieux placé pour changer la direction dans laquelle le pays est engagé.

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