Ce père monoparental a vécu un drame seul durant la pandémie

L’ex-conjoint d’une mère de quatre enfants décédée tragiquement n’a reçu aucune aide

Depuis la mort de son ex-conjointe dans un accident de la route le 2 mars 2020, Denis Paquet doit composer seul avec ses quatre enfants de 11, 13, 16 et 19 ans.
Depuis la mort de son ex-conjointe dans un accident de la route le 2 mars 2020, Denis Paquet doit composer seul avec ses quatre enfants de 11, 13, 16 et 19 ans. Photo courtoisie
Photo portrait de Nicolas Saillant

Nicolas Saillant

2021-03-21T04:00:00Z

L’ex-conjoint d’une mère de quatre enfants décédée tragiquement dans un accident de voiture il y a un an à Armagh avoue avoir passé une année épouvantable pendant laquelle il n’a reçu aucune aide pour traverser l’épreuve qu’il a vécue en pleine pandémie.

Le 2 mars 2020, Dyna Chamberland revenait chez elle à Armagh, sur la route 281, lorsqu’elle a été mortellement percutée par un camion de livraison. C’est son ex-conjoint, père de leurs enfants de 11, 13, 16 et 19 ans, qui s’est alors retrouvé avec l’énorme poids sur les épaules de prendre en charge la famille. 

«Du jour au lendemain, je suis passé d’une fin de semaine sur deux à des enfants avec moi sept jours sur sept, raconte Denis Paquet. Ça chamboule une vie.»

Cette situation a entraîné tout un changement pour les plus jeunes, car ils ont dû déménager d’Armagh, où ils avaient leurs amis, vers Québec, où Denis habite depuis la séparation du couple. À cette situation s’est ajoutée la pandémie, qui a forcé la fermeture des écoles tout le printemps.

Sans aide

«La COVID n’a pas arrangé les affaires, ils ne socialisent pas du tout», raconte le père qui voit ses enfants sans amis, isolés à Québec et regrettant leurs copains d’Armagh.

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Pour sa part, Denis Paquet a aussi beaucoup souffert du manque d’aide. «Je constate que la perception n’est pas la même. On a l’impression qu’un père monoparental, c’est fait fort, c’est capable de se relever», raconte celui qui a vu ses revenus diminuer et sa charge familiale augmenter.

Sans blâmer quiconque, il remarque que la «compassion n’est pas la même» pour une mère monoparentale que pour un père monoparental. «Ce n’est pas perçu de la même façon, pourtant c’est pareil.» 

Après en avoir «arraché comme famille», il réalise tout de même le progrès réalisé depuis un an. «Je redécouvre mes enfants», se réjouit-il. 

Courbe toujours dangereuse

L'accident mortel.
L'accident mortel. Photo d'archives, Agence QMI

Depuis l’accident de la mère de 36 ans, un rapport du coroner a recommandé des changements au secteur, qui présente une courbe en pente descendante dans une zone de 90 km/h. Le maire d’Armagh, Sarto Roy, indique que des changements ont été apportés avec des panneaux surdimensionnés et une diminution de la limite de vitesse.

Denis Paquet croit cependant qu’un arrêt obligatoire serait nécessaire afin d’éviter un tel drame à nouveau. «Ça prendrait un stop. Ça ne coûte pas cher», plaide-t-il. 

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