Ce que les gouvernements peuvent faire pour notre santé mentale

Paul St-Pierre Plamondon, Chef du Parti Québécois

2021-01-18T10:00:00Z

La grande majorité d’entre nous comprend que nous faisons face à une pandémie mondiale sans précédent et que pour en sortir, il faut consentir à des sacrifices. Mais la très grande majorité d’entre nous convient également du fait qu’il s’agit d’une responsabilité partagée et que le gouvernement doit contribuer à l'effort collectif et livrer la marchandise. Ce principe est particulièrement vrai en ce qui a trait à notre santé mentale, alors que nous devons nous soumettre à des mesures de confinement et à un couvre-feu sans précédent qui affectent sérieusement le moral de plusieurs d’entre nous. Voici 10 choses concrètes que nos gouvernements pourraient faire pour préserver notre équilibre sur le plan psychologique:

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1. Faire atterrir les 100 M$ qui ont été promis en santé mentale le 2 novembre dernier et qui ne se sont jamais matérialisés à ce jour. Ce qui devait être une «aide d’urgence» reste un mirage plus de deux mois après l’annonce. Nous ne savons toujours pas où et quand ces sommes seront dépensées. Sur le terrain, plusieurs groupes vulnérables ne constatent aucun changement, aucune aide psychologique supplémentaire.

2. Venir en aide aux plus de 50 000 parents qui ne trouvent toujours pas de place en garderie. Depuis deux ans, en raison des mauvaises conditions de travail des éducatrices, les garderies en milieu familial ferment à un rythme effréné (près de 850 ont cessé leurs activités uniquement en 2020). En CPE, les constats sont aussi alarmants: il y a 1300 postes à pourvoir en raison de nombreuses démissions. Ce manque de places crée une pression énorme sur les parents de jeunes enfants qui doivent continuer à gagner leur vie tout en s’occupant de leurs enfants à la maison. 

3. Cesser les ballons d’essai. Le fait de laisser planer dans les médias des rumeurs sur de potentiels changements aux mesures en place, plusieurs jours avant l’annonce officielle du gouvernement, crée inutilement un sentiment d’anxiété dans la population. Il en va de même des annonces précipitées qui entraînent des changements de cap quelques jours plus tard. Le gouvernement aiderait la population en préparant ses annonces soigneusement et en favorisant la prévisibilité de sa démarche.

4. Aider les entrepreneurs. On peut le faire en améliorant les programmes d’aide financière aux PME durement touchées par la crise, notamment en diminuant la paperasse et les obstacles omniprésents dans tout le processus.

5. Cesser les alertes AMBER et les sirènes de police. Les mesures imposées par le gouvernement doivent être respectées et il est normal que les services policiers soient mis à contribution. Cependant, les coups d’éclat qui ajoutent à l’anxiété de la population ne sont pas nécessaires.

6. Combler immédiatement les ressources manquantes dans nos écoles primaires et secondaires. Je pense aux psychologues, aux orthopédagogues, aux tuteurs, etc. La détresse psychologique et les troubles d’apprentissage sont de plus en plus présents chez nos jeunes, et les services donnés doivent être à la hauteur de la crise que nous vivons.

7. Faire preuve de cohérence dans les mesures. Par exemple, si tout le monde est confiné, ne pas ouvrir les aéroports ni laisser les transporteurs faire la promotion de voyages tout inclus sans tester qui que ce soit au retour. Si on demande aux gens de respecter des mesures de confinement exigeantes aux Fêtes, ne pas donner la permission aux ministres de voyager dans le Sud. Si on impose un couvre-feu pour freiner la pandémie, ne pas laisser nos écoles et d’autres milieux de propagation en plan en négligeant la ventilation et les tests aléatoires qui permettraient de véritablement ralentir la pandémie.

8. S’occuper de la santé mentale de nos jeunes adultes. Les universités et les cégeps n’ont toujours aucun plan concret pour la session d’hiver 2021. Nos jeunes adultes demeurent dans le néant, malgré qu’on ait souvent soulevé les nombreux problèmes et incohérences de l’enseignement en ligne, comme la qualité de l’enseignement, la notation, les travaux, etc.

9. Augmenter les transferts en santé. Afin de faciliter le recrutement de nouveau personnel dans les hôpitaux et d’assurer la qualité des soins, le Québec a besoin de cet argent. Nous devons ces réinvestissements au personnel soignant qui est débordé, stressé et qui mène depuis presque un an un combat de tous les instants, malgré le manque de ressources et la pénurie de main-d’œuvre.

10. Pour les classes de la 3e à la 5e année du secondaire, instaurer des demi-classes. Cette mesure permettrait de limiter les risques de contamination tout en permettant aux élèves de profiter des classes en présentiel. 

Paul St-Pierre Plamondon

Chef du Parti Québécois

Le 17 janvier 2021

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