Vote crucial sur le contrat de construction des rames: voici ce qui s’en vient pour le tramway

Taïeb Moalla et Stéphanie Martin
Jeudi, l’administration Marchand a annoncé que le comité exécutif recommandait d’accorder le contrat de construction des rames du tramway à la multinationale française Alstom pour un montant de 569 millions $, soit 43 % de plus que ce que la Ville de Québec anticipait. Quelle est la suite des choses ?
• À lire aussi: Travaux préparatoires du tramway: plus compliqué pour le stationnement pendant le FEQ
• À lire aussi: Tramway: 43% plus cher que ce qui était prévu par la Ville de Québec pour les rames
• À lire aussi: Duhaime prétend que le tramway coûtera entre 6 et 8,2 G$
L’état des forces au conseil municipal
La recommandation du comité exécutif doit être entérinée par une majorité des 22 élus municipaux lors du conseil de ville de mardi.
Sauf absence inattendue, l’équipe du maire Bruno Marchand pourra compter sur le vote de ses 10 représentants. Mais ce ne sera pas assez pour atteindre la majorité requise.
Les deux conseillers d’Équipe Priorité Québec, Stevens Mélançon et Éric Ralph Mercier, vont voter contre. Les deux conseillers indépendants, Jean-François Gosselin et Bianca Dussault, ont affirmé hier au Journal qu’ils allaient faire de même. De son côté, Jackie Smith, cheffe de Transition Québec, n’a pas rappelé Le Journal.
Mathématiquement parlant, l’équipe du maire aura donc vraisemblablement besoin de l’appui de Québec d’abord pour faire passer ce sommaire décisionnel.
Jeudi, Claude Villeneuve, chef de l’opposition à l’hôtel de ville, a insisté pour se dire favorable au tramway. Il a toutefois noté que ce serait « dur » de voter en faveur de l’entente qui contient « beaucoup de choses qui sont inquiétantes ». S’agit-il d’un faux suspense ou d’une impasse mettant en péril le mégaprojet ?
La « fierté » d’Alstom
Interrogé hier par Le Journal, Alstom a affirmé être « très fier d’avoir été choisi comme partenaire de la Ville de Québec pour ce projet de mobilité signature pour la région de la Capitale-Nationale ».
D’après la porte-parole Michelle Stein, « l’offre présentée permettra de livrer à la Ville et aux futurs utilisateurs du service un produit d’une grande qualité et fiabilité, conçu à notre siège social de Saint-Bruno-de-Montarville et assemblé à notre usine de La Pocatière, en s’appuyant sur notre expertise d’ingénierie mondialement reconnue et nos capacités industrielles uniques au Québec ».
Prudent, le géant français rappelle que « la Ville de Québec doit franchir toutes les étapes d’approbations municipales officielles avant la signature d’un contrat ».
Le comité plénier de lundi
Prévu de longue date, un comité plénier portant sur le tramway aura lieu lundi.
On sait qu’il débutera à 9 h du matin, mais la Ville n’a pas donné beaucoup de détails sur son déroulement ou sur sa durée précise.
« L’événement sera notamment l’occasion pour l’ensemble de la population d’en apprendre davantage sur l’évolution du projet, le déroulement des processus d’approvisionnement liés à la sélection des partenaires privés “matériel roulant” et “infrastructures”, l’échéancier de réalisation du tramway de Québec ainsi que les activités d’information déployées », a-t-on fait savoir le 10 mars.
L’entretien
Jeudi, le bureau de projet du tramway a dévoilé, pour la première fois, des données au sujet de l’entretien du tramway pour les 30 premières années après sa mise en service (prévue désormais pour 2029).
On apprenait ainsi que le contrat signé avec Alstom était de 768 millions $ et que c’est le Réseau de transport de la Capitale (RTC) qui assumera cette facture.
L’an dernier, les employés d’entretien du RTC déploraient le fait d’avoir été écartés du projet de tramway en regrettant que cette tâche ait été confiée au secteur privé. Hier, la Ville de Québec a confirmé que l’entretien sera toujours effectué par le partenaire privé.
Par contre, « certaines activités liées à l’exploitation (et non à l’entretien) qui se retrouvaient dans le devis de l’appel de propositions ont été basculées sous la responsabilité du RTC », a soutenu la Municipalité en donnant l’exemple de l’entrée et de la sortie des rames dans la remise.
De son côté, le syndicat des employés d’entretien n’était pas disponible hier pour commenter.
Des travaux qui dérangent
Les travaux préparatoires du tramway se poursuivent et vont soustraire du stationnement dans les quartiers centraux cet été, ce qui risque de compliquer les choses pendant le Festival d’été, convient la Ville. Une recette parfaite pour un été « bordélique », clame l’opposition.
« C’est une mauvaise planification. Qu’est-ce qui presse ? » demande le chef de la deuxième opposition, Patrick Paquet, qui estime que les travaux auraient pu être faits par phases.
Le chef de l’opposition officielle, Claude Villeneuve, croit pour sa part que la Ville a voulu prendre la bouchée trop grosse avec la multiplication des travaux cet été dans le centre-ville. « On comprend le bien-fondé de chaque intervention, mais l’ensemble de l’œuvre, je crains que ça offre une carte de visite très désagréable pour les gens qui vont vouloir visiter Québec. »
Pendant ce temps, dans le secteur Chaudière, la décontamination du terrain du futur garage, un ancien dépotoir, est complétée. En plus des déchets et des sols contaminés, il a fallu retirer 70 tonnes métriques de pneus pour un coût de 6 millions $, soit 300 000 $ de plus que prévu.
Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?
Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?
Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.