Cellulaires: une école serre la vis aux élèves

L'établissement, qui interdit son utilisation même pendant l’heure du dîner ou les pauses, ne reviendrait pas en arrière

Photo portrait de Daphnée  Dion-Viens

Daphnée Dion-Viens

2023-08-19T04:00:00Z

L’école secondaire privée François-Bourrin, à Québec, a fait le grand saut l’an dernier: le téléphone cellulaire est désormais interdit entre ses murs pour tous les élèves de première et deuxième secondaire, y compris pendant les pauses et l’heure du dîner.

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«Je le conseille à tout le monde», lance son directeur, Jean-David Meunier.

Après avoir jonglé avec l’idée d’interdire totalement le cellulaire pour tous les élèves, peu importe leur niveau, l’équipe de M. Meunier a finalement décidé de le restreindre aux plus jeunes, pour aider les élèves à se faire de nouveaux amis dès leur arrivée dans leur nouvelle école secondaire. Fini, les heures de dîner où un élève pouvait passer son temps le nez rivé à un écran, sans contact avec les autres.

« L’objectif de l’école, c’est de qualifier et d’instruire, mais aussi de socialiser, de créer des relations avec les gens »

Jean-David Meunier, directeur de l'école secondaire privée François-Bourrin

- Jean-David Meunier, directeur de l'école secondaire privée François-Bourrin

Photo Extraite du site de l'école François-Bourrin

«L’objectif de l’école, c’est de qualifier et d’instruire, mais aussi de socialiser, de créer des relations avec les gens», indique le directeur.

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Les élèves qui ont besoin de passer un coup de fil pendant qu’ils sont à l’école peuvent le faire en se rendant au secrétariat, avec leur propre téléphone, ou encore en utilisant le téléphone public mis à leur disposition. Ceux qui veulent utiliser leur outil de travail en classe, le iPad, peuvent le faire à la bibliothèque seulement.

Dans cette école, un téléphone public est mis à la disposition des élèves pour leur permettre de faire des appels sans avoir à utiliser leur téléphone cellulaire.
Dans cette école, un téléphone public est mis à la disposition des élèves pour leur permettre de faire des appels sans avoir à utiliser leur téléphone cellulaire. Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

«Ça nous force à parler aux autres»

La nouvelle règle, qui est entrée en vigueur l’automne dernier, n’a bien sûr pas plu à tous. 

«Au début, c’était un peu choquant parce qu’on ne nous avait rien dit avant, raconte Éléa Ore, une élève de deuxième secondaire. Mais là, on est habitué.», dit-elle.

«Je trouve que c’est bien pour développer des amitiés, surtout au début quand c’est plus difficile. Ça nous force à parler aux autres»

Beaucoup de sensibilisation a été faite auprès des élèves dans les premières semaines après le retour en classe, indique Nancy Simard, coordonnatrice des services aux élèves. «On leur explique beaucoup pourquoi on fait ça et les jeunes comprennent bien. Ce n’est pas parfait, mais ce n’est pas non plus un gros enjeu pour nous présentement. C’est une habitude à prendre, c’est essentiel», dit-elle.

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Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Confisqué pendant sept jours

Un jeune qui se fait prendre à utiliser son téléphone cellulaire a d’abord droit à un avertissement verbal, qui sera toutefois suivi par une confiscation de l’appareil pendant sept jours s’il récidive. Les parents, qui ont signé le code de vie de l’école, collaborent très bien à ce chapitre, assure la directrice adjointe, Élise Marois.

« On l’a vu cette année, les liens se sont créés beaucoup plus facilement quand les élèves n’ont pas de téléphone. Ils n’ont pas le choix de regarder ailleurs. C’est vraiment bénéfique pour eux. Il faut juste oser. »

Élise Marois, directrice adjointe de l'école secondaire privée François-Bourrin

- Élise Marois, directrice adjointe de l'école secondaire privée François-Bourrin

Photo Stevens LeBlanc, JOURNAL DE QUEBEC

À la fédération qui représente les écoles privées (FEEP), son président David Bowles estime qu’environ la moitié d’entre elles se sont dotées de règles limitant l’utilisation du cellulaire à l’extérieur de la classe.

Dans l’école qu’il dirige, le collège Charles-Lemoyne à Longueuil, le cellulaire est aussi banni pendant l’heure du midi et les pauses depuis une bonne dizaine d’années.

Dans le réseau public, les écoles qui ont complètement banni le cellulaire à l’extérieur de la classe font plutôt figure d’exception.

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