Le bien-être de l'humanité est en péril: voici les trois crises climatiques auxquelles on doit absolument s'attaquer

Gabriel Beauchemin
Les changements climatiques, la perte de biodiversité et la pollution «mettent le bien-être des générations actuelles et futures en danger de façon inacceptable», prévient le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Il est urgent d'agir. Les efforts actuels pour lutter contre le réchauffement climatique sont effectivement nettement insuffisants et ne nous permettront pas d'éviter le pire. On fait le point.
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1. Changements climatiques
Si on souhaite réduire les impacts des changements climatiques et éviter les pires bouleversements, il faut absolument respecter les engagements énoncés dans l’Accord de Paris. Il faut donc maintenir l’augmentation de la température mondiale en dessous de 2°C et idéalement, il faudrait essayer de la limiter à 1,5°C.

Mais si on continue au rythme actuel, on n’y arrivera tout simplement pas. Le dernier rapport du PNUE, qui a été dévoilé la semaine dernière, indique que le monde est plutôt sur la voie d’un réchauffement d’au moins 3°C d'ici 2100. Sans un plan encore plus ambitieux, le monde va complètement manquer ses objectifs.
2. Perte de biodiversité
Le PNUE identifie la perte de biodiversité comme l'une des crises à laquelle on doit s'attaquer. Pourquoi? Parce que malgré les grands engagements annoncés un peu partout dans le monde pour la protection des espèces et des océans, la déforestation et la surpêche se poursuivent et aucun des objectifs mondiaux de protection de la vie sur Terre n’a été pleinement atteint, selon le rapport.

Dernièrement, on a beaucoup parlé des espèces menacées par la culture de l’huile de palme, comme les orangs-outangs, dont la population a chuté de 25% sur l’île de Bornéo, en Asie, en à peine 10 ans. Mais le problème est beaucoup plus vaste. C’est un million d’espèces de plantes et d’animaux qui sont aujourd’hui menacées d’extinction à travers le monde. Une preuve de plus que l’urgence climatique, c’est un enjeu qui dépasse largement la simple hausse des températures.
3. Pollution
On le sait depuis longtemps: la pollution, c’est un problème. Mais pourquoi représente-t-elle une crise planétaire? Parce que chaque année, la pollution de l’air intérieur et extérieur provoque jusqu’à sept millions de décès prématurés dans le monde.
Une étude publiée au début du mois de février dans la revue scientifique Environmental Research rapporte que la pollution de l'air diminuerait en moyenne l’espérance de vie de plus de deux ans. C’est l’Asie qui serait la région du monde la plus touchée, avec une baisse de quatre ans de l'espérance de vie.

Et même si on est sur la bonne voie pour restaurer la couche d’ozone, il reste encore beaucoup de travail à faire pour arriver à gérer les déchets et les produits chimiques de manière sécuritaire.
Des solutions possibles
Ces trois crises, elles sont étroitement liées et elles ne se régleront qu'avec des solutions globales. Selon le rapport du PNUE, c’est toute l’organisation de nos sociétés qui est à revoir. Notre organisation économique, sociale et technologique, mais aussi notre vision du monde et notre rapport à la nature.

Comment peut-on y arriver? Il faut d'abord prendre des engagements nationaux plus ambitieux de lutte au réchauffement climatique. Il faut aussi modifier en profondeur nos systèmes énergétiques, changer nos façons de faire en agriculture, mieux protéger nos forêts et, plus globalement, revoir nos modes de vie.