Ces aliments vous coûtent plus cher en raison des changements climatiques

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Olivier Boivin

2024-08-13T13:06:56Z

Les événements météorologiques extrêmes comme la tempête «Debby» n’ont pas terminé d’affecter de nombreuses sphères de la société, dont le prix des aliments.

Le spécialiste de l’industrie alimentaire à l’Université Dalhousie, Sylvain Charlebois, indique que depuis des années, les prix sont affectés par la météo.

«Ce n’est pas nouveau, explique-t-il, en entrevue à LCN. Les changements climatiques affectent le prix des aliments depuis des décennies. C’est le facteur le plus important. Chaque année il y a des surprises.

«En ce moment, il y a quelques catégories alimentaires qui sont affectées par les changements climatiques, dont les viandes, l’huile d’olive, le jus d’orange et évidemment, dans le maraîcher, il y a toujours quelques surprises ici et là», continue-t-il.

Voici donc certains aliments qui sont présentement affectés pas les changements climatiques:

Chocolat

«Dans le cas du cacao, par exemple, au Ghana et en Côte d’Ivoire, avec un temps plus chaud, les insectes migrent beaucoup, donc on doit gérer de nouveaux risques en termes de biosécurité.»

Getty Images via AFP
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Viandes

«Un autre exemple par rapport aux viandes, il y a une sécheresse qui affecte les États-Unis et le Canada, ce qui fait en sorte que la farine coûte plus cher, donc les agriculteurs ont décidé de se débarrasser de leurs troupeaux de façon précoce.»

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«Il y a un manque d’inventaire pour ce qui est du bœuf, et c’est pour ça que le prix du bœuf explose depuis quelques temps.»

Getty Images via AFP
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Huile d’olive

«Pour l’huile d’olive, il y a un manque d’olives en Grèce, au Portugal et en Espagne. Il fait trop chaud là-bas. Il a fait chaud pendant des années, alors il y a un manque d’inventaire et c’est pour ça que l’huile d’olive est plus chère.»

Photo Adobe Stock
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Dame nature provoque aussi des baisses de prix?

M. Charlebois indique que bien que plusieurs prix soient en hausse, d’autres sont en baisse en raison des changements climatiques.

«Souvent, on parle de comment les changements climatiques affectent les prix, comme quand ils poussent les prix à la hausse, mais parfois, ils peuvent aussi créer une meilleure récolte et abaisser les prix une fois de temps en temps aussi. Ça va dans les deux sens.»

Richard - stock.adobe.com
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Des récoltes abondantes de bleuets sont notamment survenues cet été en Colombie-Britannique, par exemple, au grand dam de certains producteurs du Québec qui peinent à liquider leur inventaire en raison d’une offre trop importante.

Photo fournie par Vermont Tourism
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Adaptation

L’expert est d’avis que l’industrie agroalimentaire arrivera à toujours s’adapter aux fluctuations liées au climat.

«D’abord, les producteurs agricoles le savent très bien que les changements climatiques sont un facteur important et ils composent avec la météo depuis des années, depuis toujours», avance M. Charlebois. Il y a aussi la biotechnologie et la science des plantes qui évolue avec la science des sols, aussi.»

Cette adaptation se fait déjà ressentir, notamment pour la production céréalière, qui est plus importante cette année.

«Si l’on regarde le prix du blé cette année, le prix de l’orge, du canola et du soya sont au plus bas depuis cinq ans, soutient-il. Pourquoi? Parce qu’il y a une plus grande production parce qu’on est maintenant capable de composer avec dame nature de façon brillante. Il ne faut pas être trop désespérer.»

«C’est sûr qu’il y a certaines denrées pour lesquelles on s’inquiète de plus en plus, renchérit-il. Le café en est une, parce que la fève arabica est de plus en plus populaire et il faut un climat spécial pour la produire et on manque d’espace. Mais là, on commence à penser à produire du café en laboratoire. Vraiment, il y a toutes sortes de choses qui se passent.»

Photo Adobe Stock
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Davantage de fluctuations de prix sont toutefois à prévoir au cours des prochaines années.

«On voit que la fluctuation des prix est de plus en plus fréquente avec les changements climatiques, dit-il. C’est clair, comparativement à il y a 10 ou 15 ans. Ça va toujours varier, mais on s’adapte de façon très rapide dans le domaine de l’agriculture.»

Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus

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