OMS : enquêter sur l’origine d’un virus devrait être une « routine »

AFP

2021-03-10T20:40:00Z

GENÈVE | L’équipe d’experts dépêchée par l’Organisation mondiale de la santé en Chine, après des mois de discussions avec Pékin, pour enquêter sur les origines de la COVID a souhaité mercredi que ces missions deviennent une pratique courante. 

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« Pourquoi ne pas faire cela à chaque épidémie, comme une routine? (...) Cela devrait être normal » a déclaré l’une des participantes à la mission de l’OMS, la virologue néerlandaise Marion Koopmans, en conférence de presse.

Elle a appelé les membres de l’OMS à discuter de la possibilité d’envoyer systématiquement des missions à chaque épidémie. « Pour que cela ne devienne pas une punition, faîtes-en une routine », a-t-elle insisté.

Une mission préparatoire est allée en Chine l’été dernier, mais il a fallu ensuite plusieurs mois pour rassembler les experts aussi bien internationaux que chinois et planifier la visite, Pékin semblant très réticente à laisser venir ces spécialistes.

Après un premier départ avorté, la mission n’a finalement pu se rendre en Chine qu’en janvier, soit un peu plus d’un an après l’apparition du coronavirus fin décembre 2019 à Wuhan.

La ville chinoise de onze millions d’habitants est le premier endroit au monde à avoir rapporté un cas de COVID-19 fin 2019. Cette maladie alors inconnue a depuis fait plus de 2,6 millions de morts dans le monde.

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Après quatre semaines sur place, les experts internationaux ont achevé leur mission début février sans parvenir à des conclusions définitives.

Ils pensent que la COVID-19 a son origine dans les chauves-souris et pourrait avoir été transmis à l’homme via un autre mammifère.

Ces experts, qui ont présenté leurs premières conclusions lors d’une conférence de presse à Wuhan le 9 février, ne savent pas en revanche où et quand la pandémie a réellement commencé, même si aucun foyer d’importance n’a été signalé à Wuhan ou ailleurs avant décembre 2019.

Ils devaient publier un rapport préliminaire courant février, mais le projet a finalement été abandonné courant février, sans véritables explications. Le rapport final devrait être publié la semaine du 15 mars, selon l’OMS.

Cette décision est intervenue dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine sur les conditions d’accès offertes par Pékin aux experts lors de leur enquête.

Le zoologue britannique Peter Daszak, autre enquêteur dépêché par l’OMS, a appelé la communauté internationale à consacrer plus d’énergie à essayer de prévoir où les prochaines pandémies pourraient apparaître, de la même manière que les pays s’efforcent de prévoir où vont surgir des « menaces existentielles » telles que les ouragans et les attaques terroristes.

Une des façons de procéder, a-t-il expliqué, consiste à surveiller systématiquement les zones où les animaux sauvages interagissent avec le bétail et les humains.

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