«C’est génial»: le retour de Trump célébré chez les conservateurs américains

AFP

2025-02-20T20:00:18Z

Le gratin de la droite américaine se réunit jeudi près de Washington pour la convention CPAC, une grand-messe conservatrice de trois jours qui sera l’occasion de savourer la victoire de Donald Trump avec en point d’orgue un discours du président républicain samedi.

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Le vice-président J.D. Vance a ouvert les festivités jeudi matin et évoqué le premier mois de la nouvelle administration Trump, marqué par une myriade de décrets et mesures parfois fracassants.

«Dur à croire, que nous ne sommes au pouvoir que depuis un mois, parce que je pense que nous avons fait plus en un mois que Biden a fait en quatre ans», a déclaré J.D. Vance.

«Je crois qu’on a eu plus de décrets exécutifs que CNN n’a de téléspectateurs», a-t-il ironisé, raillant cette chaîne d’information que les conservateurs considèrent comme trop proche des démocrates.

Renforcement des restrictions à l’immigration, fin des programmes visant à favoriser la diversité dans l’administration, mesure contre la présence d’athlètes transgenres dans les compétitions universitaires féminines... Donald Trump a agi vite, et sa base partisane applaudit.

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«C’est génial, qu’il abroge plein de trucs de Biden», a déclaré Gabriel Garcia, 44 ans, rencontré dans les allées de la CPAC.

«Ultra MAGA»

«Particulièrement avec la capacité de forer à nouveau, de ramener les emplois, l’économie, faire appliquer la loi», explique celui qui se décrit comme «un insurrectionniste selon la gauche». Présent lors de l’assaut du Capitole à Washington le 6 janvier 2021, il a été condamné à une assignation à résidence et a bénéficié des grâces généralisées accordées par Donald Trump dès son retour à la Maison-Blanche.

À la convention, outre les traditionnelles casquettes rouges «Make America Great Again», certains participants sont hauts en couleur, comme cet homme en costume complet de George Washington, perruque poudrée comprise, ou cette femme vêtue d’un t-shirt «Ultra MAGA» affublé d’un Donald Trump superhéros hypermusclé.

Car si la convention existe depuis plusieurs décennies, elle est devenue ces dernières années l’occasion pour le mouvement conservateur de tresser les lauriers du milliardaire républicain, dont l’image est omniprésente, affichée sur les stands et sur les participants.

Le président lui-même est attendu pour un discours samedi, dernier jour de la convention.

Alors candidat pour le parti républicain, il avait donné un discours très sombre lors de l’édition 2024. Le milliardaire avait décrit les États-Unis comme un pays «cauchemardesque» sous Joe Biden et avait dénoncé les migrants qui «tuent [les] citoyens, tuent [le] pays».

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«Jalousie»

Le ton de la convention elle-même est donné par l’intitulé de certaines tables rondes et réunions.

«Nulle part où fuir: la démolition de la tech de gauche», dit l’une, quand une autre constitue une discussion sur comment «écraser les conseils d’administration wokes».

La rhétorique se veut belliqueuse ou narquoise, voire les deux.

«Prenez votre trêve et fourrez-vous-la», exhorte ainsi le titre d’une autre table ronde à l’adresse des «guerriers culturels», ceux qui prennent parti sur certaines questions de société fracturant les États-Unis.

Plusieurs dirigeants de droite ou d’extrême droite du monde entier doivent également donner un discours lors de la convention, comme le président argentin Javier Milei ou le premier ministre slovaque Robert Fico. La première ministre italienne Giorgia Meloni s’exprimera elle samedi, à distance, par visioconférence.

Des responsables de partis européens comme le Français Jordan Bardella, le Britannique Nigel Farage ou l’ex-premier ministre polonais Mateusz Morawiecki participeront aussi à la CPAC.

Beaucoup viennent chercher l’inspiration aux États-Unis après le retour fulgurant de Donald Trump.

«On regarde de l’autre côté de l’Atlantique avec jalousie», a ainsi lancé l’éphémère première ministre britannique Liz Truss lors d’un discours à la CPAC enflammé et très élogieux à l’adresse de Donald Trump.

«Nous voulons une révolution Trump en Grande-Bretagne», a-t-elle aussi déclaré.

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