C’est la conjointe canadienne d'Alexandre Jardin qui a inspiré son nouveau roman

«La femme qui inventa l’amour» est maintenant disponible en librairie.

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-02-12T11:00:00Z

L’écrivain français Alexandre Jardin était de passage au Québec pour la promotion de son nouveau livre, La femme qui inventa l’amour. Frappé lui-même par le grand amour avec une Canadienne, il partage désormais sa vie entre l’Ontario et la France. Il nous raconte comment ce coup de foudre a complètement bouleversé sa vie et lui a inspiré ce nouveau roman.

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Parlez-moi de votre nouveau roman, La femme qui inventa l’amour.

C’est l’histoire de la femme qui a réveillé le monde, Xi, celle qui a inventé le concept de l’amour. Ça surprend beaucoup les gens, puisque tout le monde pense que ça a toujours existé, mais ce n’est pas vrai. Pour nous, tomber amoureux est quelque chose de normal, mais c’est en réalité une invention culturelle qui rêve puissamment en nous, sans concerner toutes les cultures, encore aujourd’hui. Et quand j’ai compris qu’il y avait eu une première fois dans l’histoire humaine, qu’une femme avait dessiné le kanji, l’idéogramme de ce mot, il fallait que cette idée existe. On suit donc la première histoire d’amour qui n’avait encore jamais existé. C’est la plus grande révolution qui ait changé le monde et, quand j’ai compris que c’était probablement la plus grande héroïne romanesque de tous les temps, j’ai décidé d’en faire un roman.

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Comment avez-vous découvert cette histoire? Y a-t-il eu une grande recherche historique?

C’est arrivé vraiment par pur hasard. La première fois que j’ai entendu parler de la princesse Xi, je me suis tout de suite demandé si ce n’était qu’un mythe. On m’a fait comprendre que, dans l’Antiquité, personne ne se posait cette question. On retient le nom de cette femme grâce à l’élan et à l’éveil profond qu’elle a vécus en rencontrant Cheng. Une chose est sûre: le kanji, l’idéogramme de ce mot, apparaît à un moment précis et il est impossible qu’il n’ait pas été conçu par quelqu’un.

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Pour vous, ce livre n’est pas qu’une ode à l’amour, c’est aussi un acte de résistance et il possède une dimension politique. Pourquoi?

Je suis très conscient de l’état déplorable de notre culture. L’amour n’est plus aimé dans toutes ses dimensions. Or, quand on regarde l’histoire du Québec, qu’est-ce qui distingue un homme comme René Lévesque? Il a été follement amoureux du Québec et de sa culture. Même chose en France avec Charles de Gaulle: il a eu le plus grand coup de foudre pour son pays. Tous les grands mouvements partent de cet amour. Je ne veux plus vivre dans une époque sinistre où tout le monde se couche dans la peur. Et c’est exactement ce que fait Xi dans le roman. Elle réveille la Chine, non pas avec une armée, mais avec une épidémie d’amour. J’ai envie de vivre dans une époque de gens réveillés. J’ai envie que les hommes soient raides dingues de leur femme et inversement. Le jour où l’on basculera dans ce concept, nous serons inarrêtables.

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Votre livre est dédié à votre femme-vie, votre conjointe, qui est Canadienne. Quelle a été sa réaction à la lecture?

Je ne le dirai jamais... C’est probablement l’être le plus secret au monde et ça fait partie de sa magie. Elle était bien évidemment heureuse. Ne le seriez-vous pas? (rires)

Elle demeure tout de même une grande source d’inspiration pour ce livre?

Quand vous rencontrez une femme qui vous réveille, plus rien n’est pareil. Vous écrivez autrement. Vous comprenez que ce n’est pas qu’un sentiment, mais aussi une énergie de changement personnel, politique et social, à tous les niveaux. Quand cette puissance se réveille, quand on rencontre une femme-vie, on ne peut faire autrement que de changer. Et ça se reflète forcément dans le quotidien et dans l’écriture.

Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

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Vous avez énormément écrit sur l’amour au cours de votre carrière. Votre vision a-t-elle évolué?

Drastiquement! Tous les romans que j’ai écrits racontent l’histoire de gens qui n’ont finalement pas encore compris. Ils font ce qu’ils peuvent, moi y compris à l’époque. L’amour devient une force de désobéissance et on remet en question tout ce qu’on croyait acquis. Je ne renie pas mes autres ouvrages, ils font partie de mon chemin. Disons simplement que le zèbre est moins réveillé que Xi! (rires) C’est vrai qu’on évolue: c’est la beauté de l’âge et du désapprentissage.

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Si vous parliez au jeune Alexandre dont la carrière débutait, comment réagirait-il à ce nouveau roman?

Je pense qu’il serait très surpris. Quand on n’a ni la notion ni l’expérience, c’est plus difficile à comprendre. Parler d’éveil quand on ne l’a jamais vécu dans les bras d’une femme, on se demande ce que ça signifie. J’ai déjà tenu certains propos à ce sujet et je sais maintenant que j’avais complètement tort. Quand on connaît cet amour absolu, plus rien n’est pareil. Le quotidien devient une joie.

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Vous dites, dès les premières pages, qu’on devient extraordinaire quand on aime. Diriez-vous que ce livre est votre meilleur à ce jour?

Je ne pouvais pas faire autrement. Ce n’était même pas une décision. D’ailleurs, Xi devient extraordinaire sans l’avoir décidé. Elle n’a pas prévu que l’amour allait réveiller la Chine, elle n’y pense même pas au départ, elle en est presque surprise. Tant qu’on ne brûle pas de cette forme d’enthousiasme, on ne peut pas être meilleur.

Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

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Votre héroïne, Xi, veut changer le monde par amour. Qu’avez-vous fait de plus fou à cause de ce sentiment?

Ah! Des choses à peine crédibles! Les raconter relèverait presque de l’imaginaire, tellement c’est fou. Je vous laisse imaginer, mais avec la bonne personne, il n’y a tout simplement plus de freins à ce qui est possible.

Parlez-moi de votre amour pour le Québec...

C’est l’une des sociétés les plus réussies. C’est un peuple plus réveillé que d’autres, notamment par la confiance en soi qui habite les gens. Un adolescent québécois possède souvent une confiance en lui franchement magnifique. Peut-être est-ce dû au long chemin politique parcouru et à des leaders d’exception comme René Lévesque, qui a eu une influence considérable sur moi. Il a inventé, avec sa génération, quelque chose d’unique au monde: un nationalisme d’ouverture, et non de fermeture. Je trouve d’ailleurs que Xi est un peu comme une Québécoise: elle provoque en Chine un réveil de la confiance en soi par amour et déclenche une révolution. Or, il n’y a pas de grande révolution politique sans révolution identitaire.

Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

Votre roman est très imagé. Est-ce lié à votre parcours de cinéaste?

Je voyais ce récit comme une grande fresque épique, et elle se devait d’être bien représentée. Ce qui me touchait d’abord, avant même les passages où elle change le monde, ce sont les moments où elle ne comprend pas ce qui lui arrive. Les premiers humains qui ont inventé des concepts pour nommer ce qu’ils ressentaient étaient de véritables aventuriers. Je pense d’ailleurs que l’adaptation cinématographique de ce roman viendra prochainement. Il faut que Xi ait un maximum d’impact sur notre époque. Je veux que cette révolution fonctionne.

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Quand est né, pour vous, l’amour des mots?

J’ai écrit mon premier roman à 20 ans. Les gens trouvent que c’est très jeune, mais pas tant que ça. J’ai perdu mon père à 15 ans, donc je n’ai pas vraiment eu d’adolescence: j’ai dû grandir très vite. Très tôt, j’ai compris qu’avec un simple crayon, on pouvait corriger le réel, l’améliorer, le rendre fréquentable, accéder à une forme radicale de liberté. Ça m’a donné le vertige. Écrire, ce n’était pas seulement raconter des histoires, c’était proposer autre chose. Depuis, j’ai toujours écrit sur des personnages qui défiaient la fatalité et rendaient la vie plus vivante.

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