«C’est le client qui va payer en bout de ligne»: le carburant flambe, les factures aussi
Un camionneur craint que cette hausse salée ne continue de faire mal parce que le carburant représente déjà la moitié de ses dépenses


Francis Halin
Un chauffeur de camion d’expérience devra hausser ses tarifs pour s’en sortir à cause du diesel qui a flambé de près de 26 % en une petite semaine.
« Je n’aurai pas le choix de charger plus à mes clients et ils vont refiler ça à leur tour à leurs clients. C’est une chaîne qui n’arrêtera pas », lance Simon Vallée, propriétaire‐chauffeur de Transport Simon Vallée inc., attrapé à Saint-Côme-Linière, sur la Rive-Sud de Québec, lundi. « C’est le client qui va payer en bout de ligne », martèle-t-il.
« Le carburant, c’est déjà la moitié de mes dépenses, donc on n’aura pas le choix de remonter les prix », poursuit l’homme de 54 ans.
Simon Vallée insiste : tout coûtera plus cher. Ses pièces verront leur prix bondir, ce qui le forcera encore plus à faire des pieds et des mains pour joindre les deux bouts.
« On a le même salaire qu’il y a 30 ans », va jusqu’à dire celui qui exerce ce métier d’aussi longtemps qu’il se souvienne.

Nuages iraniens
Ces dernières semaines, les frappes israélo‐américaines contre l’Iran ont pesé lourd sur le marché du pétrole. Le prix du baril a flambé.
Le prix du litre de diesel est passé de 1,38 $ le 2 mars à 1,74 $ dimanche, une hausse d’environ 26 % (36 ¢), selon l’Association du camionnage du Québec (ACQ).
« Ces montants correspondent au prix avant la taxe provinciale sur le carburant et la taxe d’accise. La hausse à venir sera sûrement considérable », détaille son PDG, Marc Cadieux.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
« Ce sont souvent les camionneurs qui sont pris pour éponger ça en ne réussissant pas à négocier de meilleurs taux de transport », observe de son côté Benoit Therrien, président de Truck Stop Québec, un média de 341 000 membres.

Panier d’épicerie
Et les Québécois n’ont encore rien vu avec le conflit au Moyen-Orient, selon le grand patron de l’ACQ.
« Ça prend une à deux semaines avant que l’augmentation se fasse vraiment sentir », prévient Marc Cadieux.

Dans l’industrie, on calcule le prix du voyage selon le tarif de base et on y ajoute la surcharge du carburant. Ce sont ces deux chiffres clés qui colorent le prix.
« C’est le consommateur qui paye pour. Le panier d’épicerie coûtera plus cher ces prochaines semaines, confirme Marc Cadieux. On sent cette fois que l’augmentation est vraiment significative. »
Cela survient alors que de nombreux camionneurs québécois doivent déjà livrer une lutte serrée contre des chauffeurs au rabais qui leur arrachent des contrats.
Souvent mal formés, mal payés et mis au volant de camions délabrés, ces chauffeurs tirent les prix vers le bas au détriment de leur sécurité et de celle des autres.
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