Prolongement du congé des Fêtes: «C’est maintenant qu’il faut intervenir»
Agence QMI
Une infectiologue croit que le prolongement du congé des Fêtes, évoqué cette semaine par le gouvernement Legault, ne sera pas suffisant pour contenir la deuxième vague. Elle en appelle à des mesures immédiates.
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«C’est maintenant qu’il faut intervenir, a indiqué la Dre Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au CHUM, sur les ondes de LCN samedi matin. Ça me paraît peu utile de parler des vacances des Fêtes quand nous sommes encore à un mois et demi.»
«On risque de se retrouver dans une situation très difficile où on n’aurait pas un petit répit pour voir nos familles. S’il y avait une intervention à faire, je la ferais dès maintenant», a-t-elle poursuivi.
Rappelons que l’Association médicale canadienne sonne l’alarme pour que la santé soit prioritaire – et non l’économie –, car le système de santé est tout près d’atteindre sa capacité maximale.
Hospitalisations bientôt en hausse?
Pendant ce temps, les hospitalisations sont stables pour le moment au Québec, mais la Dre Tremblay demeure préoccupée.
«Il faut se réjouir, mais je dirais que ça s’en vient. Je regarde attentivement la colonne des décès et il faut dire que parfois, les personnes âgées atteintes par la maladie ne sont pas nécessairement hospitalisées, mais [elles] peuvent en décéder et ce n’est pas souhaitable», a-t-elle nuancé.
Le bilan des cas au Québec a augmenté, au cours de la dernière semaine, avec plus de 1300 personnes infectées depuis mercredi. Selon la Dre Tremblay, les hospitalisations pourraient être en hausse par conséquent au cours des prochaines semaines.
«Éventuellement, dans deux ou trois semaines, ça risque de se traduire par des hospitalisations. Je ne me sens pas rassurée par le fait que ce soit stable», a expliqué la médecin.
«Heureusement, notre système est stable et tient le coup, mais il faut se méfier de ce qui pourrait arriver au cours des prochaines semaines», a-t-elle ajouté.
La Dre Tremblay a précisé qu’il n’est pas impossible de revivre une tendance à la baisse, en fonction du succès ou non des mesures mises en place par le gouvernement Legault dans les différentes régions. D’autres mesures pourraient toutefois voir le jour pour aplatir la courbe, selon elle.
«Si on ne réussit pas à infléchir cette courbe-là, ça va partir en flèche», a prévenu celle qui aimerait voir les différents milieux de travail améliorer leurs mesures sanitaires.
«Je crois qu’il y a un relâchement et qu’il y aurait moyen d’améliorer encore plus la distanciation», a illustré la Dre Tremblay.