Cette participante de «La Voix» renoue avec la chanson à la demande de ses enfants
Nathalie Slight
Dans sa jeune vingtaine, Valérie Garon a frôlé son rêve de faire carrière dans la chanson. Malgré un talent indéniable, la vie l’a menée ailleurs. Après avoir mis la musique entre parenthèses pendant plusieurs années pour se consacrer à sa famille, ce sont finalement ses enfants qui l’ont encouragée à renouer avec sa passion... sur la scène de La Voix.
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Valérie, comment la musique est-elle entrée dans ta vie?
J’ai grandi sur la Côte-Nord. Comme rien n’est à distance de marche, nous passions beaucoup de temps dans la voiture. Chaque fois, ma mère mettait de la musique et je chantais. À l’époque, je tripais sur Nathalie Simard. J’avais la même coupe de cheveux, je m’habillais avec sa collection de vêtements et je connaissais ses chansons par cœur.
Le chant était-il réservé à tes périples en voiture?
Pas du tout! Dès que j’avais l’opportunité de chanter devant des gens, je le faisais. Ma mère vient d’une famille de 15 enfants et mon père, de 6. Dans chaque réunion de famille, je me trouvais un public! (rires)
Et quand as-tu décidé d’en faire une carrière?
Lorsque j’ai quitté la Côte-Nord pour aller étudier à Québec, je me suis inscrite à un concours de chant. Comme mon père était un grand fan de Barbra Streisand, j’ai décidé de chanter sa chanson préférée: Memory. Mon père est décédé peu avant cette prestation, mais j’avais la forte impression qu’il était présent avec moi sur scène. Malgré la joie d’avoir remporté le concours, j’avais beaucoup de difficulté à faire le deuil de mon père. Il était l’homme de ma vie!
Et qu’est-ce qui t’a permis de passer à travers cette épreuve?
La musique! J’ai mis mes études sur pause et quitté mon emploi au Gouvernement, à Québec, afin de m’installer à Montréal pour enregistrer un album. Grâce au concours que j’avais remporté, j’avais quelques contacts en musique. La petite fille de Baie-Comeau s’est donc retrouvée, à 21 ans, dans la jungle montréalaise pour enregistrer des chansons. Encore à ce jour, il s’agit de l’un de mes plus beaux souvenirs à vie.
Pourquoi donc?
Le réalisateur de mon album a engagé la crème de la crème des musiciens: le batteur de Céline, le bassiste de Roch Voisine, le saxophoniste de Francis Cabrel, le tout enregistré au Studio Victor, au même moment où Jean Leloup créait son hit I Lost My Baby. C’était big, je flottais carrément sur un nuage. La promotion de mon album était assurée par nul autre que Francine Chaloux, LA relationniste de presse la plus réputée à l’époque au Québec.
Qu’est-il arrivé par la suite?
En 1997, ce n'était pas comme aujourd'hui. Si tu voulais te faire connaître en tant que chanteur ou chanteuse, la radio était un passage obligé. Mes chansons ont joué sur la Côte‐Nord, mais les grandes villes comme Québec et Montréal n’ont pas embarqué. Comme j’étais bien entourée, j’ai fait aussi quelques apparitions télé, mais ce n’était pas assez pour mousser les ventes de mon album.


Étais-tu déçue?
Bien sûr. Mais une autre opportunité s’est présentée à moi: une audition pour faire partie d’un band de filles, un peu à la Spice Girls. J’ai donc joint le groupe La Touche, composé d’une Californienne, d'une Italienne, d'une Haïtienne et de moi. Nous avons fait plusieurs shows, nos chansons jouaient à la radio, puis au bout de deux ans, tout s’est arrêté.
As-tu eu envie de quitter l’univers musical?
Pas du tout, j’aimais tellement chanter. J’ai joint un groupe de musique spécialisé dans les cérémonies de mariage. Notre agenda était rempli un an à l’avance. Comme on était engagés par des communautés italiennes, juives et ukrainiennes, j’ai appris à chanter dans différentes langues. Nous avons bien sûr chanté à Montréal, mais aussi en Ontario et à New York.
Et pourquoi as-tu quitté ce groupe?
Mon amoureux et moi désirions fonder une famille. Une semaine avant de donner naissance à Gabriel, j’étais sur scène à chanter. J’ai même repris le micro peu après sa naissance. J’apportais une glacière avec moi et je tirais mon lait durant les pauses. Mais à un moment donné, ce n’était plus possible. Je travaillais toutes les fins de semaine, à toutes les fêtes aussi. Lorsque je suis tombée enceinte de May-Anne, j’ai décidé de changer de vie. Je me suis inscrite à une formation pour devenir courtière hypothécaire, métier que j’exerce toujours aujourd’hui.


Et comment as-tu renoué avec la chanson?
Mon amie chanteuse m’a demandé de la remplacer sur quelques spectacles. J’ai accepté volontiers, car mes enfants étaient plus vieux, j’avais plus de temps. Remonter sur scène m’a fait réaliser que l’amour de la musique ne m’avait jamais quittée. C’est mes enfants qui m’ont convaincue de m’inscrire à La Voix. Depuis qu’ils sont tout petits, je leur répète de croire en leurs rêves. Je l’ai fait aussi pour ma mère, décédée récemment. C’était son plus grand rêve de me voir chanter à La Voix. Lorsque je me suis présentée à l’Audition à l’aveugle, je suis certaine qu’elle était là, quelque part sur scène, avec moi.