Charles Lafortune développe un premier projet de fiction en anglais avec une actrice internationale

«La Voix», dimanche 19 h 30, à TVA et sur TVA+.

Patrick Delisle-Crevier

2026-01-15T11:00:00Z

Charles Lafortune se prépare à animer la 11e saison de l'émission La Voix, qui sera diffusée sur TVA dès le 18 janvier. En tant que producteur, il évoque aussi son travail sur des séries comme Indéfendable, Alertes et Prescott. Charles partage également des aspects plus personnels de sa vie: sa cinquantaine, ses 25 ans de vie commune avec sa conjointe, la comédienne Sophie Prégent, ainsi que des nouvelles de son fils, Mathis. Rencontre avec un homme qui a aussi de beaux projets avec sa maison à la campagne, notamment son envie d'y élever des poules.

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Charles, comment vas-tu?

Je vais très bien, je suis dans une belle période, comme chaque année où il y a La Voix. Sinon, je continue mon travail de producteur sur Alertes, Indéfendable et la nouvelle série Prescott. Je suis donc pas mal occupé professionnellement.

Est-ce qu’il y a des petites vacances de prévues dans tout ça?

Oui, je pars en voyage en Martinique avec mon fils, ma blonde et un couple d’amis. Ça va être le fun et ce sera ma première fois en Martinique parce que, comme bien du monde, je ne vais plus aux États-Unis. C’est donc terminé pour nous, la Floride. On a même vendu notre condo en Floride après quinze ans à y aller régulièrement. Il y a deux raisons majeures à cette décision: les ouragans et Donald Trump. Je ne sais pas lequel des deux nous faisait le plus peur. C’était le moment de vendre. Finalement, nous nous sommes acheté un chalet dans la région de Rougemont et nous adorons ça!

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Comment se passe ton retour à la barre de La Voix après une pause d’une année?

Ç’a été en effet une année de pause puisqu’il y a eu Star Académie à l’hiver 2025. Lors de ma première journée, j’étais nerveux de recommencer et les gens ne comprenaient pas autour de moi. Ils me disaient que j’allais animer ça les deux doigts dans le nez, depuis tout le temps que j’anime La Voix. Mais je n’anime plus beaucoup à la télévision à part ça, alors j’avais peur d’être un peu rouillé. Finalement, je me suis laissé aller là-dedans et je me suis sentie comme un cheval que tu ramènes à l’écurie. Un coup partit, tout a bien été et mes réflexes d’animateur sont revenus.

Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Quoi dire de cette prochaine saison?

Le plus gros, cette année, c’est que les entrevues avec les candidats se font en tête-à-tête et non entourés des familles et des amis. Je ne rencontre les familles que lors de l’audition. C'est moins de choses à gérer, et c’est surtout plus simple. Ce qui est fou, aussi, c’est que certains candidats reviennent. Je pense, entre autres, à une chanteuse qui était venue à La Voix junior quand elle avait 7 ans et qui a aujourd’hui 17 ans. Ce qui me rend fier aussi, avec La Voix, c’est de voir des candidats faire ensuite leur chemin. Je pense entre autres à Lou-Adriane Cassidy, qui a brillé à l’ADISQ cette année, ou encore au succès de Charlotte Cardin à l’international. Tout ça me rend fier!

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Est-ce que c’est toujours une évidence pour toi de dire oui quand La Voix est de retour?

Oui, parce que j’aime ça et que ça me permet de sortir de mon bureau de producteur. Je suis très heureux dans cette fonction, mais ça me fait du bien de faire autre chose. Et je ne sais pas si c’est l’andropause, mais en vieillissant, je suis de plus en plus ému par les candidats, je verse une larme facilement. Encore cette année, il y a des candidats surprenants. On se demande où ils étaient durant tout ce temps. L’expérience me dit aussi que ce n’est pas toujours les candidats qui gagnent qui ont les plus grandes carrières. La Voix est remplie de belles surprises. Encore cette année, nous avons de belles histoires dignes de Cendrillon.

Sur une note plus personnelle, comment vas-tu, Charles?

Je réalise que j’ai 56 ans et que mon fils, qui a 24 ans, est, dans sa condition, encore dans la petite enfance, car il écoute encore des films de Pixar ou de Disney. Par contre, il évolue à plein de niveaux, il parle un peu plus qu’avant. Mais grâce à lui, et en m’occupant de lui, j’ai toujours un pied dans la petite enfance. Je ne me vois pas vieillir grâce à ça. J’ai des amis qui me parlent de leur réalité de parents d’ados ou de jeunes adultes et je vois la différence, dans le sens où leurs enfants sont autonomes et indépendants. Ma normalité à moi n’est pas tout à fait normale, mais j’ai les deux pieds dedans et c’est la réalité que je connais et qui me plaît. Bizarrement, mon fils, Mathis, me garde comme un jeune parent. En fin de semaine, il est dans un établissement de répit. Ce sera donc un week-end calme au chalet pour Sophie et moi. C’est important pour nous que Mathis ait aussi sa vie à lui. Sinon, pour revenir à moi, je trouve que je suis à la bonne place, autant professionnellement que personnellement. J’ai de beaux projets qui fonctionnent bien, je développe avec Fox Studio un premier projet de fiction en anglais avec l’actrice Emily VanCamp (Vengeance).

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Est-ce que ta carrière ressemble à ce que tu voulais au départ?

Pantoute! Je voulais être un acteur ténébreux qui allait jouer au théâtre et dans des rôles comme Les filles de Caleb. Je me voyais avoir une carrière comme celle de Roy Dupuis et disons que ça n’a pas été ça du tout! J’ai manqué le bateau, mais j’aime finalement le bateau dans lequel je suis en ce moment. J’aime animer, j’aime produire et je suis très chanceux d’avoir cette carrière. Je ne pensais jamais avoir cette carrière ni avoir mon nom au générique d’une série comme Indéfendable chaque soir. Je n’ai pas eu tant de plan de carrière, mais je suis sur mon X, sur mon A, sur mon B, sur mon C aussi. Je suis heureux dans ce métier. J’aime encore ça, c’est une passion.

Est-ce que le comédien s’ennuie de ne pas travailler?

Des fois, oui, je m’ennuie du jeu, mais je ne m’ennuie pas d’apprendre des textes par cœur. Par contre, je suis dans le bain de la création avec Indéfendable, car je lis et je commente les textes. Dernièrement, j’ai joué dans une websérie qui a pour titre Ils sont parmi nous avec ma blonde, Sophie Prégent, et Gildor Roy. J’ai adoré jouer là-dedans. Comme je regarde beaucoup les autres jouer en tant que producteur, je suis certain que je serais un meilleur acteur aujourd’hui qu’à l’époque où je jouais dans Watatatow. Un jour, peut-être, je me verrais jouer un tueur en série dans Indéfendable ou un truc du genre.

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Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Est-ce que ta vie personnelle ressemble à ce que tu avais imaginé?

Oui. Bon, j’ai un enfant atypique, mais je voulais une relation à long terme avec quelqu’un. On a eu des hauts et des bas, on a été en thérapie, on a travaillé notre couple et on s’aime, Sophie et moi. Je pense que nous serons ensemble pour toujours. Je ne vois pas ma vie sans Sophie. Mes parents sont toujours ensemble après autant d’années et c’est le modèle que j’ai eu. J’aime faire des projets avec ma blonde: on déménage souvent, nous avons la bougeotte et nous avons des beats similaires, même si ma blonde est plus casanière que moi. Nous sommes ensemble depuis 25 ans et nous sommes mariés depuis 20 ans. Je n’aurais pas pu espérer mieux.

Est-ce que tu aurais aimé avoir plusieurs enfants?

Il y a deux choses là-dedans: la première c’est que je ne saurai jamais quel genre de père d’enfant neurotypique j’aurais été, avec un enfant qui va au secondaire, qui a un bal des finissants, qui va à l’université, qui a une première blonde ou un premier chum et des amis à la maison. Ce sont des choses que je ne vivrai pas et c’est un questionnement que j’ai. L’autre chose, c’est que je n’aurai pas de descendants. C’est un petit deuil, mais en même temps, je me dis que la planète n’a peut-être pas besoin tant que ça que je me multiplie. (rires) Je ne vais donc jamais être grand-père. J’aurais aimé avoir des conversations sur la vie avec mon fils, le consoler lors de ses peines d’amour et des choses comme ça. En même temps, je sais que je vis des choses avec Mathis que d’autres parents ne vivront pas. À chacun son parcours, finalement.

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Est-ce que la situation de Mathis est la raison pour laquelle vous avez décidé de ne pas avoir de deuxième enfant?

Oui. Sophie et moi, on avait décidé d’adopter un enfant. On avait même acheté une maison à Montréal-Ouest pour avoir plus de place. Nous avions même aménagé une chambre pour une petite fille que nous allions adopter. C’était clair, pour nous. On avait passé les étapes d’évaluations psychosociales et tout ça. Mais à cette époque, notre fils ne dormait pas, il ne faisait pas ses nuits. Je me souviens même que j’ai animé un gala Artis en ayant dormi à peine trois heures. On s’est peu à peu rendu compte, Sophie et moi, que c’était impossible d’avoir un deuxième enfant dans de telles conditions. Et nous avons renoncé à l’adoption.

Dis-moi, qu’est-ce qui te manque pour que ton bonheur soit entier?

Rien! Je suis pleinement heureux. Ces temps-ci, je travaille pour percer le marché anglophone et j’aimerais que ça marche. Sinon, je veux avoir du temps pour m’occuper de notre maison à la campagne. Je veux planter des hydrangées, faire un potager. Je veux aussi des poules, mais je pense que c’est beaucoup de travail si je me fie à mon voisin. Sinon, je veux continuer de faire grandir notre belle Fondation Autiste et majeur.

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