Budget fédéral 2022: des déficits, mais moins dépensier
Anne-Caroline Desplanques | Journal de Montréal
L’incertitude économique mondiale et l’inflation record dopées par la guerre en Ukraine poussent le gouvernement Trudeau à freiner les dépenses pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir.
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La ministre des Finances Chrystia Freeland a présenté jeudi un budget totalisant 29 milliards $ de nouvelles dépenses par rapport à la mise à jour économique de décembre, mais 49 milliards $ de nouveaux revenus.
«Il y a une amélioration des revenus qui est absolument exceptionnelle», se réjouit l’ex-conseillé économique du premier ministre maintenant vice-président du Conseil canadien des affaires, Robert Asselin.
«Il n’y a pas un feu d’artifice de dépenses et quand il y a des nouvelles mesures de revenus pour les financer», remarque le fiscaliste de l’Université Sherbrooke, Luc Godbout, pour qui le budget est résolument marqué par la retenue.
«Cette approche responsable est importante aujourd’hui plus que jamais, à cause du niveau d’incertitude économique mondiale et de l’inflation élevée», a dit la ministre Freeland.
L’OCDE prévient en effet qu’«il ne fait aucun doute que la guerre pèsera fortement sur la croissance mondiale à court terme et exacerbera considérablement les tensions inflationnistes».
Cette prudence tranche avec la tendance de l’équipe Trudeau à présenter des budgets sous forme de «pots-pourris de dépenses» dédiées à différents segments de l’électorat, note M. Asselin.
Parmi les principales nouvelles dépenses, 10 milliards $ sur cinq ans pour faciliter l’accès à la propriété et augmenter l’offre de logements abordables. Le gouvernement se donne pour objectif de doubler le nombre de logements en construction, d’ici 10 ans.
En environnement, le budget prévoit 2,3 milliards $ sur cinq ans pour des crédits d’impôt massifs allant de 37,5 à 60% aux entreprises du secteur des hydrocarbures qui investissent dans la captation et le stockage du carbone.
Cette somme s’ajoute aux 9 milliards $ prévus dans le plan climat dévoilé la semaine dernière par le ministre de l’Environnement, Steven Guilbeault.
Pour financer tout ça, la ministre Freeland pigera dans les poches des banques et des assureurs, comme annoncés en campagne électorale. La surtaxe aux secteurs financiers rapportera toutefois bien moins qu’indiqué en campagne, soit 4,8 milliards $ sur quatre ans, plutôt que 10,5 milliards $.