Coming-out de Prokop: il reste du chemin à faire

Marie-Eve Doyon
Il aura fallu 104 ans pour qu’un joueur de la LNH ait le courage d’affirmer son homosexualité publiquement.
Pourtant, encore aujourd’hui, les joueurs professionnels qui dévoilent leur homosexualité sont rares, peu importe le sport.
Une annonce bien préparée
Bien sûr, la vaste majorité des réactions à l’annonce de Prokop ont été positives. Il faut dire que la sortie du hockeyeur a été minutieusement préparée par une importante équipe de communication.
Le coming-out de Prokop n’est pas arrivé comme un cheveu sur la soupe de Gary Bettman et des Predators de Nashville. Moins d’une heure après l’annonce du jeune joueur, les déclarations d’appui étaient publiées sur leurs réseaux sociaux respectifs.
Rapidement, des entrevues ont été accordées, dans un décor léché, avec un message articulé et des réponses bien tournées. On appelle ça une annonce bien orchestrée, un beau travail de relations publiques.
Hockey et masculinité toxique
Malgré les nombreux appuis, le chemin de Prokop ne s’arrêtera pas là. On n’a qu’à lire les commentaires de décérébrés sur Facebook en réaction à son annonce.
« Ouin, sont aussi ben de lui construire des douches individuelles, parce que personne ne va vouloir se laver avec lui. »
« Il a choisi le mauvais sport, il devrait faire du patin artistique. »
« C’est parfait, il aime manger des rondelles. »
Ce qui ressort de ces propos, c’est non seulement une homophobie flagrante, mais surtout une vision malsaine et tordue de la masculinité.
Le hockey demeure un sport où la violence est tolérée, où les mises en échec « font partie du jeu » et où aimer se faire tapocher le nez est considéré comme une qualité. Pour les partisans qui insultent Prokop, faut être un homme, un vrai, pour jouer dans la LNH et pour eux, un homosexuel, c’est pas un vrai gars.
Misère qu’il reste du chemin à faire...