Comment devenir assez riche pour prendre votre retraite?
Emmanuelle Gril
C’est la grande angoisse des Québécois: auront-ils les moyens de dire adieu au boulot et de profiter enfin de la vie?
Entre peur de manquer et rêves d’indépendance financière, voici comment transformer vos économies en véritable plan de liberté.
La planification de retraite est un exercice essentiel, mais particulièrement stressant, car on a souvent l’impression que l’on ne sera pas en mesure d’atteindre ses objectifs. Ne vous démoralisez pas, car, en suivant ces astuces simples mais redoutablement efficaces, il sera possible d’atteindre votre indépendance financière.
Chaque dollar compte
Dans son livre Comment devenir assez riche pour prendre votre retraite?, Sylvain Vincent, comptable à la retraite, dévoile ses meilleurs conseils pour une retraite sereine. «D’abord, il faut déterminer combien d’argent vous aurez besoin à la retraite. Pour un revenu annuel de 50 000$, il faut compter environ 1 000 000$ d’économies, 1 500 000$ pour 75 000$, et 2 000 000$ pour 100 000$», illustre-t-il.
Ces chiffres ont de quoi décourager, mais l’auteur se fait rassurant. «D’abord, les pensions d’employeur ou du gouvernement peuvent réduire le besoin d’épargne. Sachez qu’une tranche de 10 000$ de pension remplacera environ 200 000$ d’économies», dit-il. Les biens immobiliers et l’utilisation judicieuse du REER et du CELI peuvent aussi donner un bon coup de pouce.
Il rappelle également que chaque dollar économisé fait du chemin, surtout si c’est sur une longue période. «Ainsi, 1000$ dont vous réinvestissez le rendement de 5% chaque année donneront au bout de 40 ans 7040$», illustre-t-il. Quant à lui, un investissement de 10 000$ vaudra 70 400$ au bout de la même période.
Autre exemple: si vous effectuez un placement de 1000$ pendant 40 ans en y ajoutant 3% de plus chaque année, avec un rendement de 5%, vous obtiendrez au bout du compte 198 342$.
Secret de famille
Les stratégies pour atteindre l’indépendance financière de Sylvain Vincent lui ont été inspirées par l’éducation transmise par sa mère et sa grand-mère. «Le secret, c’est de vivre en deçà de ses moyens, d’éviter les dettes et de privilégier l’épargne», explique-t-il.
Vivre en dessous de ses moyens est un moyen efficace pour accumuler des richesses et cela ne signifie pas forcément se priver de tout. «Il s’agit plutôt de dépenser moins que ce que l’on gagne. On peut se gâter, mais en optant pour une option moins coûteuse», souligne-t-il.
Par exemple, quand on achète une voiture, on choisit une année antérieure ou un autre modèle, moins cher. Changer de véhicule tous les trois ou quatre ans est aussi une pratique qui pèse très lourd sur les finances. «En fait, posséder une auto engendre des dépenses d’au moins 1400$ par mois, soit 166 000$ au bout de 10 ans. Ça devrait nous faire réfléchir...», fait-il valoir.
Il met aussi en garde contre le «syndrome du voisin gonflable», c’est-à-dire vouloir absolument se procurer la même chose que son voisin et même le surpasser. Sans oublier la tendance à choisir le plus coûteux (dernier modèle de cellulaire, hôtel cinq étoiles, restaurants les plus cotés, etc.). Rappelez-vous qu’il est possible de vivre un peu en dessous de vos moyens, mais d’en profiter tout autant.
Si on est trop loin du compte...
Est-il trop tard pour planifier sa retraite lorsqu’on a déjà atteint 45 ou 50 ans? De l’avis de Sylvain Vincent, on dispose encore de 15 à 20 bonnes années pour constituer son bas de laine. Il ne sera peut-être pas aussi garni que si on avait commencé plus tôt, mais on peut tout de même se bâtir une retraite agréable. «Les experts recommandent de prévoir entre 50 et 70% du salaire brut d’avant la retraite pour établir son coût de vie. On obtient alors une fourchette supérieure et inférieure», dit-il.
Par exemple, une personne qui estime son besoin en capital de retraite entre 585 500$ et 1 611 000$ pourrait très bien viser le bas de la fourchette, ce qui constituerait un montant plus facilement atteignable. «Le haut de la fourchette permet toutefois de garantir une retraite financièrement confortable et de prévoir un coussin de sécurité en cas d’imprévus», précise-t-il.
Autres options: continuer à travailler à temps partiel à la retraite ou repousser ses rentes gouvernementales (RRQ et Sécurité de la vieillesse). Pour chaque mois supplémentaire de report au-delà de 65 ans, vos rentes seront en effet bonifiées. Lorsque c’est possible, cela vaut la peine de patienter.