Comment Mel Charlot de «Révolution» concilie-t-elle carrière internationale et vie de famille?
La Collection Mel Charlot est disponible à la boutique Claire France et en ligne sur clairefrance.ca
Marjolaine Simard
Mel Charlot a ce petit quelque chose qui attire immédiatement: une énergie vibrante, un sourire lumineux et une authenticité désarmante. Danseuse, chorégraphe, amoureuse et maman comblée, elle trace sa route avec passion et générosité. Aujourd’hui, elle ajoute une nouvelle corde à son arc en lançant la Collection Mel Charlot, créée en collaboration avec Claire France (taille 14+). Une ligne de vêtements à son image: confortable, féminine, sexy et empreinte de confiance. Rencontre avec une femme de 40 ans inspirante et profondément attachante.
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Mel, tu as travaillé en collaboration avec Claire France pour créer une collection à ton image. Comment as-tu réagi quand on t’a approchée pour ce projet?
Un peu comme pour Révolution, je pensais que c’était une blague! (rires) Mais en lisant la proposition, j’ai eu un énorme sourire. J’avais toujours eu en tête que ce moment viendrait un jour, mais je ne pensais pas que ce serait maintenant. Alors oui, c’était une magnifique nouvelle.

Tu es une femme dynamique, qui bouge sans cesse. Ta collection reflète-t-elle cette énergie?
Absolument! On retrouve la touche Claire France, mais aussi la touche Mel Charlot. Je voulais que ce soit vibrant, rempli de bienveillance, de bonne humeur, mais aussi porteur de confiance, surtout quand on a des courbes. Je vis avec des courbes plus visibles depuis les dernières années et je veux vraiment que les femmes qui portent ma collection se sentent bien et vraiment sexy. Ce sont des vêtements qui s’adaptent à tes envies, qui te permettent de jouer avec les accessoires. Moi, j’adore porter des vêtements un peu baggy, mais j’aime aussi qu’on puisse mettre ses formes en valeur et les assumer pleinement.

Tu veux dire que ton corps a changé avec les années?
Oui, depuis la naissance de mon enfant, il y a cinq ans, mon corps a beaucoup évolué. Et aujourd’hui, je l’assume pleinement. J’ai eu la chance de danser pour Lizzo, qui célèbre la diversité des corps et la confiance en soi. Aujourd’hui, avec les plateformes qui s’offrent à moi, je peux aussi promouvoir ce message haut et fort, et maintenant, je le fais aussi à travers mes vêtements. C’est vraiment le fun!

Tu abordes avec aisance le sujet de la diversité corporelle...
Exactement. J’en parle beaucoup sur mes réseaux. Je vis avec de l’hypothyroïdie et le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble assez courant chez les femmes, qui rend la perte de poids difficile. J’en parle parce que c’est une réalité pour moi, et je veux montrer que c’est possible de continuer à se sentir bien dans son corps. Je me dis que je vis tout ça pour permettre à d’autres femmes de se reconnaître et de se sentir belles à travers ce que je crée.

Comment est-ce de vivre avec tes conditions au quotidien?
Ça apporte son lot de désagréments: ballonnements, fatigue, parfois des maux de tête... Mais ce que j’aime y voir, c’est que ça m’oblige à ralentir un peu. Moi qui suis toujours en mode «Qu’est-ce qu’on fait après?», ça me force à prendre du recul, à m’arrêter.
Y a-t-il un morceau de ta collection qui te touche particulièrement?
Oui, mon t-shirt avec un dessin de moi dessus. Il est basé sur une photo que j’ai prise, et je trouve ça important parce qu’enfant, je ne me voyais nulle part. Je voyais toujours des t-shirts avec des femmes dessus... mais jamais de femmes qui me ressemblaient. Je ne croyais pas que je pourrais réussir dans le milieu artistique, parce que je n’avais aucun exemple devant moi.

Tu deviens un exemple pour beaucoup de jeunes, en quelque sorte...
Je dis souvent que je n’avais jamais pensé à cette place pour moi. Je pensais œuvrer dans l’ombre, et là, tout à coup, je me retrouve au-devant de la scène. On me place dans des positions dont j’aurais rêvé étant plus jeune... mais que je n’osais même pas imaginer. Je suis extrêmement reconnaissante et ça me fait plaisir si je peux devenir un exemple.
As-tu pensé à la maman en toi en créant la collection?
Oui, je suis maman de Matéo, cinq ans, et c’est certain que j’ai pensé à mon rôle de mère pendant la création. Après mon accouchement, qui s’est fait par césarienne d’urgence, j’ai traversé des moments très difficiles, où je ne pouvais même pas me regarder dans le miroir. J’ai vécu un postpartum compliqué, une forme de dépression. Quand tu es danseuse, tu es un peu comme une athlète: il ne faut pas prendre de poids. Puis, j’ai fait le choix de montrer à mon enfant qu’on doit apprendre à s’aimer à toutes les étapes de la vie. C’est une collection dans laquelle on ne peut que s’aimer.
Tu as des pièces qui mettent en valeur la clavicule, chic et sexy à la fois...
J’adore! Mon mari me donne parfois des petits bisous, juste là, alors j’aime ce petit décolleté en angle. (rires)
Justement, parle-nous de ton mari...
C’est le père de Matéo et ça fait 21 ans que nous sommes ensemble. Je viens d’avoir 40 ans et ça fait 11 ans qu’on est mariés. On s’est rencontrés grâce à une amie, alors que je venais de commencer mes études en psychologie à Concordia. Avec cette amie, je dansais dans les centres commerciaux pour faire la pub d’un studio de danse, et on est entrées dans le magasin où il travaillait. J’ai serré la main de mon amie et j’ai demandé: «C’est qui ça?» Elle m’a répondu: «Tu ne connais pas Stanley?» Je l’ai revu à une fête, on a dansé ensemble... et le reste appartient à l’histoire.
Peux-tu me parler de ta jeunesse?
Je suis une petite fille de Pointe-Claire. C’est drôle, parce que je ne connaissais pas vraiment Montréal quand j’étais jeune. J’allais à l’école au centre-ville, mais je me déplaçais toujours entre la maison, l’école et mes entraînements de danse. Puis je suis partie aux États-Unis. Aujourd’hui, je découvre Montréal autrement, comme si c’était une ville toute nouvelle pour moi.

Il semble qu’il y avait beaucoup de musique dans ta famille, ce qui t’a sans doute donné le rythme et le goût de la danse...
Oui, j’ai grandi là-dedans. La musique jouait tout le temps. J’ai encore le système de son de mon père dans mon bureau! Il mettait des disques: de l’opéra, du country, du rock, que ce soit pour le ménage du samedi matin ou pour décorer le sapin de Noël, ça résonnait toujours. Mes parents dansaient partout, dans la cuisine, dans le salon... et ils aimaient recevoir. Ma mère, qui n’est plus avec nous, a commencé par la danse folklorique haïtienne. Regarder mes parents danser, c’était comme voir le monde s’arrêter, au ralenti. Cette image, je l’ai même vue à mon mariage: la connexion entre eux était incroyable. J’ai toujours voulu ce conte de fées. Je suis le genre de fille qui vit sa vie comme dans un film et, souvent, ça me fait pleurer... Je suis très en contact avec mes émotions.
Tu as des frères et sœurs?
Oui, j’ai un grand frère, Ricardo. Il a aussi dansé, d’abord le break dance, puis le ballet jazz. Aujourd’hui, il n’est pas danseur professionnel, mais il danse naturellement très bien. Il a été une grande influence pour moi. Maintenant, il est enseignant de français au secondaire et un grand sportif, toujours impliqué dans plusieurs équipes: baseball, soccer, softball...
Tu as fait carrière en danse aux États-Unis, puis tu as été appelée en France pour être juge sur Danse avec les stars. Comment as-tu géré le fait de vivre loin de ta famille?
J’ai un mari vraiment encourageant, qui m’aide énormément. On est une vraie équipe, et j’en suis reconnaissante. Parfois, je ne sais pas si je veux partir, et il me dit: «Non, ça fait partie de toi!» Il m’a déjà vue malheureuse quand je ne fais pas ce que j’aime, alors il me pousse dans cette direction. Ensuite, je voyage aussi avec Matéo. Il vient me voir et c’est une occasion incroyable de lui montrer de nouvelles choses. Moi, je n’avais pas cette chance d’aller à Paris à cinq ans, alors c’est super pour lui de voyager.
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On dit souvent que tu as dansé devant Beyoncé...
Ce fut un moment incroyable. J’étais enceinte de Matéo, et je ressentais une connexion particulière avec ma mère, que je venais de perdre. Son décès, d’un cancer, a été un choc; je ne savais même pas si je voulais encore devenir maman, tant le deuil était difficile. Je venais de me marier, j’étais au sommet de ma carrière sur Broadway, et puis tout a basculé. Danser pour Beyoncé a été un moment très fort, parce que ça me rappelait que ma mère dansait enceinte de moi. Beyoncé est venue nous voir ensuite, nous donner des câlins, nous remercier... Elle sait ce que c’est d’être une maman qui travaille, et elle a été une inspiration incroyable pour moi.
Qu’est-ce qui s’en vient pour toi?
J’aimerais écrire un livre. À travers lui, je veux continuer à inspirer les gens avec mes histoires et mon expérience, pour aider les autres. Je veux continuer à enseigner et à redonner à la communauté de danse autant que possible. Et puis... on verra si on me rappelle pour Révolution ou Danse avec les stars!