Comment Richard Turcotte et sa conjointe ont trouvé leur rythme depuis «Salut Bonjour week-end»
«Salut Bonjour week-end» est diffusé le samedi et dimanche à 6 h 30 à TVA et sur TVA+
Marjolaine Simard
Richard Turcotte ne connaît pas le mot «limite». Animateur de Salut Bonjour week-end, il est aussi homme d’affaires, metteur en scène, auteur, chanteur et compositeur pour des artistes comme Marilou ou Mario Pelchat. Avec 37 années de carrière derrière lui, il partage aujourd’hui sa passion et son énergie à travers des conférences qui inspirent et motivent. Portrait d’un homme créatif, audacieux et généreux, dont le parcours donne envie de se dépasser.
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Tu es maintenant conférencier... De quoi est-il question dans tes conférences?
La thématique générale, c’est tout ce que j’ai appris en 37 ans de vie et de métier. Je partage mes expériences, mes outils, comment je fais face aux épreuves... Les trucs que j’ai trouvés pour cheminer et devenir l’artiste de ma vie. Je parle aussi des «parasites», ces gens que j’appelle des voleurs de rêves. J’ai même déjà écrit une chanson là-dessus, parce qu’on en croise, au cours de sa vie, et qu'il ne faut pas les laisser nous arrêter. Dans un volet, j’aborde le syndrome de l’imposteur, et je parle aussi de persévérance, d’humilité, de créativité...
Comment cette idée de conférence est-elle née?
J’avais depuis longtemps en tête de faire des conférences, surtout après mon livre Être l’artiste de sa vie. Puis, mon agente s’est associée à une agence spécialisée en conférences, et comme je travaille la fin de semaine, mes semaines sont souvent libres. Je me suis dit que les astres étaient alignés, que c’était maintenant ou jamais! J’ai présenté ma conférence au président de l’agence, et il m’a dit: «C’est une belle conférence de motivation.» Sa réaction m’a fait comprendre que j’avais vraiment quelque chose de concret à partager.
Et est-ce qu’il t’est déjà arrivé d’avoir un impact direct sur la vie de quelqu’un en partageant tes expériences?
Oui. Il y a six ans, une femme, qui est aujourd’hui mon amie, m’a écrit après avoir lu mon livre. Elle m’a demandé si je faisais de la consultation. On s’est vus deux heures. Je n’étais pas là pour la flatter dans le sens du poil, j’ai été très franc avec elle... Et, chaque année, à la date précise de cette rencontre, elle m’écrit pour me dire: «Tu m’as sauvé la vie.» Juste pour ça, ça valait la peine d’écrire mon livre.
Quels obstacles as-tu vécus et que tu partages dans ta conférence?
Par exemple, je n’ai jamais été acceptée en communication au Cégep de Jonquière. À l’époque, j’ai harcelé (gentiment!) le directeur du recrutement, sans succès, mais ça m’a appris la résilience et la persévérance. C’est drôle, parce que des années plus tard, alors que j’étais morning man à CKOI avec Guy Jodoin, des amis ont assisté aux retrouvailles de leur cohorte à Jonquière et ils ont vu un immense poster de mon émission du matin. Je me suis dit: «Quelle douce vengeance!» Le plus drôle, c’est qu’on m’a ensuite invité à Jonquière pour donner une entrevue. J’ai dit aux jeunes de la radio étudiante: «Hé, moi, j’ai toujours voulu venir au cégep ici et je n’ai jamais réussi. Alors aujourd’hui, ce que j’aimerais dire, c’est: “Maman, j’ai réussi!”» (rires)
D’où vient, selon toi, ce fort côté artistique qui t’habite?
Je pense que mon père était un artiste un peu inassouvi. Il jouait de l’accordéon, il chantait dans deux chorales, il a même dansé dans une troupe plus tard dans sa vie. C’est comme s’il était sorti de sa coquille sur le tard. Je ne sais pas d’où ça me vient vraiment, parce que mes parents étaient plutôt timides. Ce n’est pas eux qui auraient pris un micro devant une salle. Mes frères n’étaient pas particulièrement volubiles, eux non plus. Mais moi, dès qu’il y avait un micro, je l’agrippais. Chose certaine, chez nous, la musique a toujours été très présente. Mon frère le plus vieux avait une disco mobile et, à 15 ans, je lui ai racheté son équipement.
On pourrait dire que ta carrière d’animateur a pris son envol à ce moment-là...
Oui, j’animais des soirées. Ça faisait partie de mon quotidien. À partir de cet âge-là, je savais ce que je voulais faire dans la vie.
Et comment ça se passait pour toi à l’école?
À l’école, je faisais beaucoup de parascolaire. J’étais vice-président, j’animais à la radio étudiante et pour les défilés de mode, je jouais au soccer... Je savais que toutes mes passions finiraient par me nuire côté scolaire, mais c’était ça qui me passionnait. Quelque part, je savais que ça me mènerait où je devais aller.

Quel bilan dresses-tu après ta première année à Salut Bonjour week-end?
Je suis très heureux, j’aime vraiment ça. Avoir fait un premier tour complet m'a permis de mieux connaître tout le monde dans l’équipe, de créer des liens et de bâtir une vraie chimie. Dans ma carrière, j’ai constaté que la connexion humaine, ça se construit autant en ondes qu’en dehors de celles-ci. C’est pour ça que j’essaie d’organiser des soupers, des petites activités, chaque semaine, avec ma gang. Demain, par exemple, le sommelier Philippe Lapeyrie a planifié une sortie. On s’en va tous dans une arcade qu’il a réservée juste pour nous pendant deux heures. C’est ce genre de moments qui crée des liens et qui rend toute l’équipe meilleure à l’antenne. J’aime profondément ce rôle de rassembleur.
Avec sa conjointe, Josée, en 2017

Ta conjointe, Josée, travaille de jour pendant la semaine, alors que, toi, tu es maintenant en ondes la fin de semaine. Comment arrivez-vous à vous retrouver malgré ces horaires inversés?
Ça fonctionne bien! Ça fait 32 ans qu’on est ensemble, alors on a trouvé notre rythme depuis longtemps. Nos enfants sont grands, ils ont quitté la maison, donc un soir de semaine peut facilement devenir l’équivalent d’un samedi soir pour nous. On profite des moments quand ils se présentent. Il faut dire que ma conjointe a toujours été habituée à mes horaires atypiques et à mes mille projets. On a toujours vécu comme ça.
Tu as rénové une maison avec Josée dans ton émission La réno casse‐cou de Richard, un projet qui vous a causé de beaux maux de tête. Habitez-vous toujours cette maison?
Non, on l’a vendue. (rires) Après les rénos, ma blonde a été très franche: «Je ne suis pas capable de l’aimer comme je devrais.» Je peux dire que cette rénovation a été l’une des pires épreuves de ma vie. Et, croyez-le ou non, au moment où on se parle, je suis encore dans les grosses rénos d’une autre maison. (rires) Là, pas de documentaire ni d’émission, juste un peu de contenu sur les réseaux sociaux. C’est beaucoup moins casse-cou que la première, heureusement. Avec l’expérience, j’ai appris à éviter certains pièges. C’est ça, l’expérience: se tromper, se relever, apprendre. C’est exactement ce que je partage dans mes conférences.
Avec sa fille, Juliette

Tu es également père de deux grands enfants. Crois-tu les avoir inspirés avec tes mille et une passions?
J’espère! Je reste très humble quand je parle de mon rôle de père, parce que je n’ai certainement pas fait que des bons coups. Mais le temps finit par nous montrer ce qu’on a transmis. Juliette a 25 ans, Raphaël est âgé de 28 ans, et ce qui est le fun aujourd’hui, c’est que parfois, ils m’appellent pour avoir des conseils. Le fait qu’on ne vive plus ensemble crée une distance saine. Je ne suis plus le père qui fait la discipline; je peux être un allié, un ami, quelqu’un avec qui on jase, et des fois, c’est moi qui leur demande des conseils. Ça va dans les deux sens, et j’aime beaucoup cette relation-là.
Tu as aussi ton propre balado...
Ça s’appelle Traces de break, parce que l’idée, c’est qu’on prend une pause, un break pour parler de chars. On reçoit des gens du milieu automobile, bien sûr, mais aussi des artistes. On est déjà rendus à notre deuxième saison. On a reçu José Gaudet, Michel Barrette, Jean-François Breau, des coureurs automobiles, pour raconter des anecdotes, des histoires. C’est parfait pour les «tripeux» de voitures.
En terminant, peut-on dire que tu es l’artiste de ta vie?
Que ça soit à travers mon travail de communicateur, mon agence de vin, mes chansons country comme Yellowstone ou Free, ma passion pour les road trips ou pour la bouffe, je pense que, oui, je suis l’artiste de ma vie.