Compliqué d'ouvrir les cabanes à sucre

Jasmin Dumas

2021-03-05T22:26:48Z
2021-03-05T23:01:13Z

Les cabanes à sucre sont dans l'incertitude. Dès lundi, en zone orange, les acériculteurs de l'Estrie pourront ouvrir leur salle à manger, mais plusieurs se demandent si ça en vaut la peine avec toutes les restrictions sanitaires imposées. C'est beaucoup de travail pour bien peu de revenus. 

Les propriétaires de l’Érablière Ferme Magolait de Magog se questionnent encore à savoir s’ils ouvriront ou non leur salle à manger ce printemps.

«Des tables à deux, on n’a pas ça, il faudrait en acheter. Pour un temps des sucres qui dure environ huit fins de semaine, avec une capacité de 40% environ dans la cabane à sucre, on se demande si ça vaut la peine», a indiqué Serge Beauvais.

Et son plus grand doute: est-ce que les clients seront au rendez-vous? «Au restaurant, à deux ça va, on se paye un bon souper. Mais à deux à la cabane à sucre, on n’a pas le cachet qu’on recherche et l’ambiance de fête avec un grand groupe. On se questionne.»

De son côté, le propriétaire de l’Érablière Érabilis de Sherbrooke ouvrira sa salle à manger le 12 mars prochain. Il effectue présentement le réaménagement complet de sa cabane à sucre. Il a acheté des petites tables, qui risquent de servir une seule saison.

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«Ce ne sera pas rentable cette année, c’est sûr. Le but, c’est d’en perdre le moins possible. Et moi, j’ai confiance que des bulles familiales vont vouloir venir manger un repas de cabane à sucre», a mentionné le propriétaire Jean-François Laplante.

Des acériculteurs ont déjà décidé de passer leur tour cette année, ils vont se concentrer sur la récolte de l'eau d'érable, la production de sirop et la vente de produits transformés.

Les cabanes à sucre toujours dans le flou

Par Sébastien Houle

Tandis que les restaurants peuvent ouvrir à partir de lundi en zone orange, les propriétaires de cabane à sucre demeurent dans le flou.

C'est que l'an passé, à pareille date, un arrêté ministériel diminuait de moitié la capacité des salles à manger des restaurants, mais décrétait que les bars, discothèques, buffets et cabanes à sucre devaient fermer leurs portes. À quelques jours du changement de palier, ils sont plusieurs à se demander si des règles d'exception vont encore s'appliquer

C'est le cas à la cabane du Boisé, à Trois-Rivières. Son propriétaire, Robert Dufresne, a fait l'achat de plexiglas et se dit prêt à ouvrir d'ici une semaine, si on lui donne le feu vert.

«On a commencé l'année dernière à se préparer», a-t-il laissé tomber.

Les commandes à emporter ont permis de garder un lien avec la clientèle, mais l'impatience se fait sentir. À la cabane Chez Dany, les boîtes de livraison qui jonchent les tables témoignent de l'engouement pour les menus maison.

La gérante de l'endroit, Valérie Néron, ne cache toutefois pas que la clientèle en salle à manger commence à lui manquer. «C'est sûr que si on a le go, on va y aller», a-t-elle assuré.

Pendant qu'ils étaient nombreux, vendredi, à toujours se demander s'ils allaient bientôt pouvoir accueillir leurs clients, d'autres ont choisi de ne pas rouvrir les salles à manger et de plutôt apporter la cabane à la maison.

C'est un choix qu'on a fait au Domaine du sucrier, de Saint-Boniface. Sa propriétaire, Manon Shallow, agit aussi comme ambassadrice de la Mauricie pour l'initiative Ma cabane à la maison, dont le succès ne se dément pas.

Le site Web a accueilli 500 000 visiteurs dans la première semaine. Une semaine plus tard, ce sont près de 30 000 commandes qui ont été passées. Difficile dans les circonstances de s'investir sur deux fronts à la fois, a fait remarquer Mme Shallow.

Pour ce qui est du sort des salles à manger des cabanes à sucre, les autorités de la Santé publique indiquent que le dossier est toujours sous analyse. Il semblerait que la permission de rouvrir est acquise, mais que des détails restent à peaufiner quant aux restrictions supplémentaires visant les activités périphériques, telles que la tire sur la neige.

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